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les calvaires dans le pays bigouden

par cari, le 09/06/2021 à 09:46 - 103 visites

quels ont les plus importants calvaires leur histoire pourquoi ont -ils été bati
merci belle journée

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 09/06/2021 à 16:57

Bonjour,

Selon un article de Silvana Grasso dans La Dépêche, les calvaires bretons ont des spécificités qui les distinguent d'une simple croix :


Citer:
Les calvaires, dont le nom signifie crâne en araméen, sont eux, beaucoup plus religieux [que les croix de pierre érigées aux carrefour pour contrer le mauvais sort]. «Érigés souvent au Moyen Âge sur des lieux gallo-romains, à des carrefours de voies romaines, les calvaires représentent le Christ et les deux larrons sur le mont Golgotha», rappelle Valérie Barbier de l'Eglise Catholique de Toulouse, Commission d'Art Sacré. On peut par exemple citer le calvaire de Gibel, situé à la croisée de trois communes proches de l'Ariège. «Ce calvaire fut installé vers 1950 sur un terrain appelé «le lieu-dit du pendu». Ce site avait connu au Moyen Âge l'exécution d'un malfrat».

Le calvaire rappelle alors divers évènements : une fête pour la paroisse, un temps de prière (Fête Dieu), un lieu de rassemblement pour fêter les vendanges ou la récolte du blé. Ils jouent aussi le rôle de poteau indicateur, signalant depuis un endroit plat, l'approche d'un carrefour. Ils peuvent aussi, commémorer un triste évènement, tel un accident. ».

Aujourd'hui, ces monuments continuent de nous interpeller. Symbolique oblige : ils invitent souvent à ne pas se tromper de route et à faire le bon choix. «En 2018, il y a même des particuliers un peu farfelus qui en construisent sur leur terrain. Une façon de se remémorer les croyances d'autrefois».


Comme l'indique un article de La Croix, la construction de calvaire s'est épanouie dans le contexte économique favorable des XVIIè-XVIIIè siècles, souvent englobés dans des enclos paroissiaux et à proximité d'ossuaires dont la présence s'explique par l'ancienne tradition d'inhumation dans les églises :

Citer:
Le calvaire répondait à l’ossuaire, la mort du Christ entouré de la Vierge et saint Jean, offrant en écho à celle des hommes, la promesse de la Résurrection. Sculptés en pierre de Kersanton et peints jadis de couleurs vives, ces calvaires bretons pouvaient comprendre, comme à Guimiliau, quelque 200 personnages. Ceux-ci racontent la vie du Christ dans un véritable catéchisme en images. Au pied du calvaire, une table d’offrandes permettait de recevoir des dons en nature qui, revendus aux enchères, finançaient le Conseil de fabrique.


Beaucoup de ces constructions imposantes ont été détruites à la Révolution. Parmi celles qui ont survécu, les calvaires bretons les plus fameux sont, selon le Guide des sept grands calvaires bretons [Revue] = Ar seiz kalvar braz / Yves-Pascal Castel, ceux des paroisses suivantes :

- Guéhenno – Morbihan
- Saint-Jean-Trolimon – Finistère
- Pleyben – Finistère
- Plougastel-Daoulas – Finistère
- Guimiliau – Finistère
- Saint-Thégonnec – Finistère
- Plougonven – Finistère

Le Calvaire de Tronoën, érigé près de la chapelle du même nom à Saint-Jean-Trolimon (Finistère-sud) est le plus imposant des calvaires du pays bigouden. Selon le site destination-paysbigouden.com, "Le calvaire de Tronoën a lui aussi été construit au XVe siècle. Autour de son socle, plusieurs scènes sont représentées et retracent 30 étapes de la vie du Christ. Elles se répartissent sur 3 niveaux."

Selon bretagne.com, le site a une fonction religieuse depuis l'époque romaine : un temple à Vénus anadyomène, un cimetière chrétien du haut Moyen Âge avant la construction de la chapelle. Avant de connaître ses dimensions remarquables d'aujourd'hui :

Citer:
Rare édifice voute en Bretagne, la chapelle Notre-Dame de Tronoën, aux allures de cathédrale rustique, surprend par ses dimensions hors normes. Vers 1460, elle s’enrichit d’un calvaire, le premier des grands calvaires bretons. Sur un soubassement massif se déroulent dans le granit et la pierre de Kersanton les principaux épisodes de l’enfance et de la passion du Christ. Sur deux frises étagées, surmontées des croix de Jésus et des larrons, la pierre décline un émouvant livre sculpté, conçu comme une bande dessinée à destination de populations analphabètes par des religieux pédagogues.

Le burin des “ imagiers ” anonymes a fait naître d’émouvants personnages. Le sable, le sel et les lichens ont inexorablement rongé la Vierge en gésine, les rois mages, les soldats romains, Jacques le Majeur, le Christ ressuscité et les anges hématophores. Ils n’en sont que plus touchants. En nous donnant la mesure des siècles qui passent, ils nous inscrivent dans une longue lignée humaine. Sur cette hauteur inspirée, face aux irréversibles outrages du temps, ils nous interrogent sur notre propre finitude.


Vous trouverez des images de ces oeuvres sur le site de l'association 7 calvaires, ainsi que sur le blog p.ribot.free.fr.

Voir aussi :

- La Bretagne des enclos et des calvaires [Livre] / Marc Déceneux ; photogr. Daniel Mingant
- Pierres sacrées de Bretagne / [Livre] / texte de Gwenc'hlan Le Scouëzec, photographies de Jean-Robert Masson. [1], : Calvaires et enclos paroissiaux
- L'Évangile des Calvaires bretons de Henri Queffélec, consultable sur Google livres.
- le site Croix bretagne
- les édifices religieux bretons sur Tourisme Bretagne

Bonne journée.
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