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Le choeur des Heures ?

par marymary, le 07/06/2021 à 16:23 - 111 visites

Bonjour,

Je me permets de vous contacter afin d'avoir des informations sur le chœur des Heures qui se produisait à Lyon dans les années trente.
Par exemple, en mars 1933, à l’occasion des représentations de Parsifal au Grand-Théâtre de Lyon, les spectateurs peuvent découvrir le chœur des Heures et celui du Grand-Théâtre accompagnés par un orchestre renforcé sous la direction de Franz von Hoesslin.
Avez-vous de plus amples informations sur ce chœur ?
Merci.
Très belle journée.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 09/06/2021 à 13:34

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Les ouvrages suivants ont été consultés en vain :

Dans Wagner et Lyon, on trouve en revanche une référence à cette représentation de Parsifal, représenté à Lyon pour la première fois depuis 1914 à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Wagner. Une mention retient notre attention :
Citer:
Les choeurs ont beaucoup travaillé, mais les artistes sont arrivés très tard (note:on apprend plus haut que les interprètes viennent de Bayreuth,) et notamment les filles-fleurs, le matin même.


La presse de l'époque confirme ces informations. Le Salut Public du 22 mars 1933, annonce ces deux représentations de grand gala les vendredi 24 et dimanche 26 en matinée, interprétées par une distribution comprenant "les meilleurs artistes actuels de Bayreuth," mais également "les Filles-Fleurs" et les "chevaliers du Graal" appartenant au Théâtre de Bayreuth.

Aucune mention en revanche permettant d'identifier les choeurs qui ont accompagné la représentation.

Le 8 janvier 1932, Le Salut Public nous gratifie du compte rendu d'un spectacle donné à l'Opéra, grand succès créé en 1896, les Maîtres Chanteurs et révèle l'existence de ces Choeurs des Heures.
Citer:
L'orchestre, en particulier s'est surpassé. Et les choeurs auxquels se joignaient une cinquantaine de voies fraîches et exercée parmi lesquelles celles de l'Ensemble Féminin des Heures...


On retrouve le 19 décembre 1933 dans le même titre, l'annonce d'une séance de musique moderne organisée par M. Ennemont Trillat, avec le concours de l'Ensemble Féminin des Heures, attestant de l'existence de ce Choeur des Heures, dans un contexte très différent de celui d'une représentation au Grand Théâtre.

D'où vient cet ensemble ? Une recherche dans la presse, et notamment dans le Salut Public, nous apprend l'existence d'une école d'Art des "Heures", fondée en 1920 et dirigée par Madame Grignon-Faintrenie, placée sous le haut-patronage du ministère de l'instruction publique, et dont le succès aux concours fut semble-t-il retentissant. Parmi différents cours couvrant un grand nombre de disciplines artistiques, on trouve un ensemble vocal, le Choeur Féminin des Heures, dirigé par Henry Fellot, directeur (Salut Public du 20 sept. 1933. - le 26 sept 1925, une annonce semblable parait ; Henry Fellot est déjà le responsable du cours de musique d'ensemble vocale qui obtint un si vif succès la saison précédente. Le cours est gratuit. Le 8 oct. 1935, pour la rentrée parait également : "Université des Heures, école d'Art Le cours de rentrée dirigé par M.A. Thiriet aura lieu le vendredi 11 oct à 16h30. Renseignements et inscriptions : 24 rue Confort, téléphone Franklin 14-19" qui semble attesté du succès toujours renouvelé de cet ensemble)

De la plume même du responsable des cours d'ensembles vocaux féminin, Henri Fellot, on lit dans le Salut Public du 21 juillet 1933, un hommage à cette école à l'origine du Choeurs des Heures ; cet article a le mérite de la révéler quelques éléments de la nature de ces cours d'amateurs :
Citer:
Les Concours de l'Ecole d'Art des Heures.

On sait que, depuis de nombreuses années déjà et avec un succès immédiat et croissant, Mme Grignon-Faintrenie a complété son organisation de conférences, et de concerts, qui constituait l'idée première des Heures, par la fondation d'une Ecole d'Art, aux destinées de laquelle a présidé longtemps, et jusqu'à sa mort, avec son autorité courtoise et son généreux dévouement, le maître vénéré et regretté Ernest Garnier, à qui succédera, à la rentrée, le distingué professeur René Leriche.

A l'exception de certaines classes d'instruments peu répandus, ce véritable Conservatoire libre — qui ne fait, au surplus, aucune concurrence à l'établissement de la rue de l'Angile, mais le complète, au contraire — comprend à peu près tous les cours professés dans les Ecoles officielles ; il s'y est même créé, dès le début, une classe de Rythmique, dont la réussite a vraisemblablement engagé le Conservatoire de Lyon, à en instituer une, mais tout récemment et à titre d'essai.

En outre la classe de dessin appliqué, que professe avec tant d'ardeur, de talent et d'intelligence, Mlle Marguerite Jardel,
A été une innovation particulière aux Heures et dont le succès surprenant vient d'être mis à nouveau en évidence — après la médaille d'or à l'Exposition Coloniale, attribuée à cette classe — par la remarquable exposition des élèves de ce Cours qui s'est tenue dernièrement salle Molière et à laquelle notre ami et collaborateur, M. de Person, a consacré un excellent article dans le « Salut Public ».

Mais c'est presque chaque année, pourrait-on dire, que l’Ecole d'Art des « Heures » s'enrichit d'un nouvel instrument de travail et de culture : la saison passée n'a-t-elle pas vu l'inauguration des cours d'Histoire de l'Art et d'Histoire de la Musique, alors que la rentrée prochaine sera vraisemblablement marquée par l'adjonction d'une classe d'Interprétation Lyrique, confiée à des artistes de premier plan et fort avantageusement connus ?

Aussi, bien que s'adressant surtout — mais pas exclusivement — à des amateurs l'Ecole d'Art des Heures, grâce au talent de ses maîtres, à l'inlassable et perspicace bienveillance de sa directrice, est arrivée en peu d'années à des résultats nettement comparables, pour certaines classes tout au moins — notamment celles de piano de mon admirable ami, M. Fernando Via — à ceux de la grande maison du quai de Bondy.

Au surplus, les termes constamment opposés d'amateurs et d'artistes ne signifient pas grand'chose dans la réalité : l'essentiel est de cultiver un art ou un instrument avec passion et régularité, de s'en assurer, par un travail constant et bien dirigé, l'intelligence et la technique. Que l'on s'en serve ultérieurement comme gagne-pain, un qu'on ne le pratique que comme un ornement indispensable de la vie et un embellissement de l'esprit, on n'en sera pas moins un artiste, si l'on a acquis des qualités de créateur ou d'exécutant, égalant celles des professionnels de la musique.

Bien plus, la fatigue, la lassitude, le découragement, qui atteignent si fréquemment — surtout en ces temps de dure crise — ceux et celles que la nécessité a obligés de faire de l'art un métier — professeurs, musiciens d'orchestre, chanteurs de théâtres et de concerts — peuvent, au contraire, être épargnés à l'amateur de talent, c'est-à-dire à l'amateur seul digne de ce nom ( ne rappelais-je pas récemment que dans « amateur », il y a « aimer ? »), ce qui lui permettra d'entretenir en lui un feu sacré, une flamme et même une solidité technique, le plaçant par rapport aux professionnels de la carrière musicale, dans une situation avantageuse et en quelque sorte privilégiée. En l'espèce et en résumé, le travail et la valeur personnelle sont tout, indépendamment du but, matériel ou moral, poursuivi, indépendamment aussi de l'usage que l'on pense faire de son talent — à la condition, naturellement d'en avoir un — et le reste n'étant rien.

Ces réflexions me venaient à l'esprit, alors que j'assistais récemment — comme, chaque année, je crois, depuis la fondation de l' « École d'Art des Heures » — aux examens et concours de fin de saison de cette Ecole, et notamment à ceux de solfège et de piano, dont les résultats, je le répète, sont extrêmement encourageants et dignes d'être signalés.

Le professeur de solfège est Mlle Vergeat et l'on ne saurait trois louer la valeur de son enseignement, qui comprend, pour les concours, une question de théorie, une dictée musicale et un morceau de lecture à vue. Il y a, dans les différents degrés de cette classe, une émulation, une application et un sérieux réfléchi, qui font le plus grand honneur aux élèves et à l'excellent et trop modeste, professeur qui les forme.

Plus importantes encore, soit par le nombre très considérable des disciples, soit par le niveau général particulièrement élevé des études, sont les classes de piano de M. Via. On trouvera plus loin le palmarès des récompenses décernées à ces classes par le jury du dernier concours, mais je ne saurais trop approuver, pour ma part, les félicitations qui ont été adressées, à l'issue de ces longues et laborieuses épreuves, par le Dr Locard, président dudit jury, au maître et aux élèves, pour la remarquable tenue de ces examens qui, pour les classes élevées notamment, étaient d'une réelle difficulté. Vous en aurez un exemple, en apprenant que, pour l'obtention du diplôme de fin d'études, trois œuvres devaient être exécutées : le premier mouvement de la Sonate op. 111 de Beethoven, la Première Ballade ou la Fantaisie en la mineur de Chopin (au choix de l'élève), et un morceau moderne, laissé au libre arbitre des concurrentes, mais naturellement, sous le contrôle du professeur, et qui, en l'espèce, a été soit un Nocturne de Fauré (4e et 6e), soit la Bourrée Fantasque de Chabrier, soit enfin El Puerto d'Albéniz.

Or, quatre jeunes filles, de 19 à 22 ans, concouraient pour la suprême récompense et toutes l'ont remportée, ce qui, on l'avouera, constitue un véritable record. Ces futures virtuoses, qui ne sont déjà plus des élèves, se nomment : Mlle Franc, dont le jeu puissant et solide a mérité la mention très bien, avec félicitations du jury ; Mlle Courtet, qui interprète de mémoire et avec charme et brio à la fois (très bien à l'unanimité) ; Mlle Behon, qui joue également par coeur et avec la plus délicate sensibilité (bien à l'unanimité) ; Mlle Valas, dont l'incontestable et sérieux talent a été quelque peu trahi par un trac visible.

Souhaitons donc bonne chance à ces brillantes lauréates, dont la majorité, je pense — en raison de la longueur et de la difficulté des études qu'elles ont entreprises et menées à bien — va entrer « dans la carrière », en des temps particulièrement hostiles, mais dont leur courage et leur jeunesse sauront triompher. Nul, plus que le signataire de ces lignes qui, depuis longtemps, suit et encourage leurs efforts, n'en sera heureux, sinon toutefois leur excellent maître, à qui je renouvelle en terminant, l'expression de mon affectueuse admiration.
...
Henry F.ELLOT.
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