Question d'origine :

Vers 1830 les frères Voisin, de St Amour dans le Jura, s'installent à Lyon comme fabricants de carton, au bas des pentes de la Croix-Rousse, rue des Feuillants et alentour, et à St Georges puis à Bourgoin. C'est le début d'une histoire qui aboutit aux papeteries Voisin-Pascal dont le nom existe encore. Y a t-il une raison particulière à l'installation de cette fabrication au contact des fabricants de soieries ? On sait que le carton était utilisé pour les bandes perforées des métiers à tisser, pour le transport des flottes, ou du velours à dos d'homme. Y en a t-il d'autres ? Je n'ai pas trouvé de documents précis à ce sujet. Merci de votre aide. Réponse attendue pour le 18.05.2021 à 00.25

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_reg - Département : Documentation régionale
Le 17/05/2021 à 09h19
Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Nous avons feuilleté les nombreux ouvrages se rapportant à la soierie que possède la bibliothèque de Lyon. Chaque fois que le mot carton est mentionné, son utilisation est liée à l’invention de Joseph Marie Jacquard qui créa, en 1801, un métier à tisser commandé par une série de cartes perforées. Ces dernières permettaient d'enregistrer une sorte de programme et ainsi de guider des crochets qui soulevaient les fils de chaîne, automatisant la réalisation des motifs.

Seul le document Une fabrique lyonnaise de soieries : Trois cents ans d'histoire, trois groupes familiaux possède un chapitre intitulé "Cartonniers, consoles de repos et traboules".
En voici un passage : Il convient de dire ici quelques mots sur les cartonniers en soierie, qui devaient assurer la protection rapprochée des étoffes lors des manipulations après tissage, et durant leur transfert chez les clients ou au bureau de vente à Paris. Cette dénomination de "cartonnier" prête à équivoque. On peut en effet penser qu’il s’agissait d’un fournisseur de produits d’emballage, ou encore d’un fournisseur de cartons destinés au piquage des dessins Jacquard.
En réalité le cartonnier dans la soierie était à l’emballage ce que le tailleur est à la confection. Il fabriquait à la demande des cartons aux dimensions indiquées, destinés à satisfaire des besoins très précis. Ce pouvait être par exemple, des cartons plats dans lesquels étaient placées des soieries tissées à bras et fragiles, qui ne devaient pas être ballottées au cours du transport, ou des cartons hauts, comportant deux joues entaillées en bois dans lesquelles venaient s’encastrer les axes des rouleaux supportant des velours délicats, ainsi suspendus afin que le poil du velours ne soit pas écrasé. Etant donné la variété des fabrications lyonnaises, les largeurs, et les quantités à livrer, le cartonnier devait avoir à sa disposition une gamme de plaques de carton d’épaisseur et de résistance diverses. Des bandes de toile collées venaient souvent renforcer la solidité de l’ensemble.
Ces cartons relativement légers, mais parfois très encombrants, étaient livrés aux clients à l’aide d’une sorte de hotte fixée au dos par des sangles….


Nous avons consulté l’indicateur Lyonnais Henry, édition de 1896 et avons trouvé que les cartonneries réunies Voisin et Pascal, dont le siège social était situé 7 et 9 rue Godefroy, sont répertoriées dans les fabriques de cartons dits Jacquard.

Si vous souhaitez poursuivre vos recherches, vous pouvez contacter Le Musée des tissus ainsi que la Maisons des Canuts.

Documents consultés :
- Soieries de Lyon : documents techniques et pratiques sur l'art et la fabrication des soieries, tissus à mailles, tulles, dentelles et leur utilisation dans la nouveauté,
- Histoire de la fabrique lyonnaise : étude sur le régime social et économique de l'industrie de la soie à Lyon, depuis le XVIe siècle par E. Pariset,
- L'industrie de la soie en France de Natalis Rondot.

DANS NOS COLLECTIONS :

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