Question d'origine :

Bonjour, Bonjour, j'écris régulièrement pour le plaisir ainsi que pour mon travail et il y a un point que j'ai toujours du mal à éclairer. Je m'explique. J'ai du mal à comprendre la différence en le subjonctif plus que parfait et le conditionnel passé seconde forme. Qu'est-ce qui est à l'origine de ces deux terminologies différentes pour deux temps qui paraissent égaux. Peut-on dire que le plus-que-parfait du subjonctif est du conditionnel passé seconde forme ? Quel est l'intérêt de les différencier et pourquoi ? Bref beaucoup de questions, mais peu de réponses. Merci beaucoup pour vos réponses! réponse attendue pour le 26/05/2021 à 16:38

Réponse du Guichet

Avatar par défaut bml_litt - Département : Langues et Littératures
Le 25/05/2021 à 09h03
Bonjour,

Voici quelques extraits d’ouvrages majeurs sur la conjugaison française qui permettent d’éclaircir la question de l’usage du subjonctif plus-que-parfait et du conditionnel passé selon les cas :

Dans Grammaire méthodique du français de Martin Riegel, Jean-Christophe Pellat et René Rioul, au chapitre sur la sémantique des phrases, une remarque sur le conditionnel vient éclairer votre demande :

« La tradition associe au conditionnel passé « première forme » (il aurait chanté) un « conditionnel passé deuxième forme » (il eût chanté). Celui-ci est en fait le plus-que-parfait du subjonctif employé dans la langue classique, avec la valeur du conditionnel passé, pour exprimer une supposition portant sur le passé. Mieux vaut traiter complètement le plus-que-parfait du subjonctif à sa place, au lieu de compliquer inutilement le tableau des formes et des emplois du verbe en l’ajoutant au conditionnel dans un usage actuellement littéraire ou archaïsant.»

Ce paragraphe explicatif renvoie à la définition de l’imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif, laquelle étant :

« Ces deux temps, très employés dans la langue classique, n’appartiennent plus à la langue courante d’aujourd’hui. Après avoir longtemps fonctionné comme les deux temps latins correspondants, ils ont été progressivement supplantés par le présent et le passé du subjonctif, qui se sont chargés de leurs valeurs temporelles et par le conditionnel, qui exprime leurs valeurs modales (potentiel ou irréel). En français moderne, ils se rencontrent dans un usage recherché ou littéraire. »

Dans Le bon usage : Grammaire française de Maurice Grevisse et André Goosse, voici les explications concernant les deux temps de conjugaison qui nous intéressent ici :

Sur le subjonctif à valeur de conditionnel :
« Le plus-que-parfait s’emploie dans la langue soignée avec la valeur du conditionnel passé (on l’appelle parfois seconde forme du conditionnel passé) […]
N.B. Il faut se garder de confondre le subjonctif plus-que-parfait avec le passé antérieur de l’indicatif. »

Sur le conditionnel passé :

Valeur générale – « le conditionnel passé exprime dans le passé les mêmes valeurs que le conditionnel présent exprime dans le présent ou dans le futur.
Soit qu’il marque un fait qui est à la fois futur par rapport à un moment du passé, mais antérieur à une autre fait exprimé par un conditionnel présent ou à un autre moment explicité par une indication de temps. (Il déclara qu’il partirait dès qu’on l’aurait appelé)
Soit qu’il marque un fait imaginaire (et donc irréel) ou conjectural concernant le passé (ordinairement, un fait futur par rapport à un moment du passé). »

Enfin, dans Le petit bon usage de la langue française : grammaire de Cédrick Fairon et Anne-Catherine Simon, d'après l'oeuvre de Maurice Grevisse, voici ce qui est précisé concernant les temps du subjonctif :

« Il existe quatre temps du subjonctif en français […] L’imparfait et le plus-que-parfait, employés couramment en français classique (au XVIIè siècle), sont aujourd’hui réservés à l’usage littéraire ou recherché. »

En d’autres termes, si l’on peut substituer le subjonctif plus-que-parfait au conditionnel passé et inversement, il s’agit bien de deux formes verbales distinctes et dont la nuance à considérer est plutôt celle du niveau de langage ; soutenu pour le subjonctif plus que parfait, auquel un usage courant lui préférera donc le conditionnel passé.

Bonne continuation.

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