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Liste des bases militaires Da Nang

par gcpoypoy, le 27/05/2020 à 09:59 - 306 visites

Bonjour,

Je cherche à obtenir la liste des bases militaires stationnées à Da Nang / Tourane (ex Indochine) durant le début des années 50.

J'ai uniquement trouvé la présence de la Base Aérienne 193 jusque là et m'interroge sur la présence de troupes de l'armée de terre ou de la marine ainsi que sur l'existance d'autres bases militaires.

Merci d'avance pour votre aide !

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 29/05/2020 à 11:31

Bonjour,

Nous n’avons pas trouvé de liste des bases de Tourane à proprement parler, mais simplement des confirmations de la présence d’autres armées que celle de l’air. Il faudrait sans doute consulter, au Centre historique des archives, département de l'armée de Terre, à Vincennes, les archives de l’Indochine, sous-série 10 H dont les inventaires I et II mentionnent Tourane à de nombreuses reprises. On y voit qu’il y avait bien des forces terrestres et marines notamment, ainsi qu’un service de santé. Vous trouverez toutes les occurrences en recherchant avec le mot-clé Tourane avec le raccourci Ctrl F.

La base aérienne 193 est en effet présente à Tourane. Mais pour assurer l’administration, la sécurité, l’intendance, les mouvements des pilotes, interviennent d’autres corps d’armée. On peut le voir dans l’inventaire du Service historique de la Défense (SHD) - Fonds de l'armée de l'Air (à Vincennes), Série C : Présence aéronautique militaire française hors de métropole - Cotation SHD/AI/C, sous-série 4 C Indochine, à partir de la page 137, Base aérienne Tourane. Ce document vous fournit par ailleurs la liste des bases aériennes en Indochine.

On trouve d’autres renseignements sur Internet, mais souvent sur des sites personnels. Nous vous livrons tout de même les résultats de ces recherches.

Tourane, à la fois port et aéroport, possédant une gare, est aussi une base militaire de transit et de nombreux régiments y passent ou y séjournent. Par exemple, Le 29e bataillon de parachutistes stationne à Tourane en 54 ainsi que d’autres au cours des années 50 (voir à partir de la page 60 de l’Historique de la brigade des parachutistes d’Outre-mer).

Le 27e B.T.A. Indochine, 1949-1954 a également fait de nombreux passages à Tourane, comme on peut aussi le lire dans ce résumé des opérations.

Sur un site de la Société d’histoire de Revel Saint-Ferréol, au Chapitre 6 de La guerre d’Indochine de Maurice de Poitevin, on peut lire quelques renseignements généraux :

« La base de Tourane, l'une des plus importantes d'Indochine a eu (en 1953-54) jusqu'à deux escadrons de bombardement, un groupe de liaison et des unités de l'aéronavale, en surveillance le long des côtes de toute la péninsule indochinoise. Plusieurs milliers de personnes travaillaient sur la base : des aides mécaniciens Vietnamiens, très surveillés techniquement et des femmes de ménage Vietnamiennes. La base était protégée par des barbelés, des mines et des petits miradors, sous la surveillance de tirailleurs sénégalais (en 1953), qui subissaient parfois des opérations de harcèlement sans gravité, la nuit. Les jeunes pilotes français -les plus âgés avaient moins de trente ans- étaient formés aux Etats-Unis et, pour la chasse, à l'école française de Marrakech et Meknès au Maroc. »

Michel Bodin, un spécialiste de cette guerre, nous donne une autre piste dans l’article
La cavalerie en Indochine, 1945-1954, Guerres mondiales et conflits contemporains 2007/1 (n° 225) :

« Les légionnaires du 1er REC (1 050 hommes formant 7 escadrons), désignés en octobre 1946 pour relever les effectifs de la tranche américaine assujettis à un an de séjour, arrivèrent à Tourane le 4 janvier 1947. Ils furent initialement employés sous forme d’un bataillon de marche d’infanterie pour dégager Hué et protéger Tourane. Le 1er REC ne redevint unité motorisée que progressivement à partir d’avril 1947 ».

En s’intéressant à ce régiment, on trouve sur le site personnel Légion cavalerie de nombreux détails :

« La création officielle de ce nouvel escadron de la Portion Centrale du 1°REC date du 27 juillet 1951.
Avant cette date, le 1°Régiment Etranger de Cavalerie est représenté en Centre-Vietnam (Centre-Annam) par 1 EHR et les 3°, 4° et 5°Escadrons, équipés de matériels divers (Scout-Car, Half Track, AMM8 et obusiers).
Le Commandement et les Officiers de l'Etat-Major du Secteur Autonome de Tourane proviennent également du Régiment.
Cette ville sur les bords de la mer de Chine a une importance de premier ordre. Elle est la base des TFCV (Force Terrestre en Centre Vietnam) et du Laos et c'est par son port que tout le personnel et le matériel arrivent. C'est également une grande base Marine pour les navires chargés de la surveillance des Cotes d'Annam. Tourane est aussi une des Bases Aériennes des plus importantes d'Indochine.
Depuis son port sont acheminés, par la RF1 (dénommée aussi RC 1 ou route Mandarine) et la voie ferrée, les personnels et la logistique destinés aux Secteurs plus au Nord, et à partir de Dong Ha vers le Laos par la RC9.
Au Nord de la baie se trouve le célèbre Col des Nuages (Hai Van actuellement) un point de passage obligé de la route et du rail, et âprement disputé. Tourane est "le poumon du Centre-Vietnam".

Autre caractéristique importante du Secteur de Tourane est qu'il soit en contact direct au Sud avec la "zone dissidente du Lien Khu V", zone qui s'étend jusqu'à Nha Trang et qui restera incontrôlée durant toute la guerre jusqu'à l'opération Atlante de 1954.
L'emploi de vedette blindée (8 et 11m) à l'EHR et au 3° et 4° Escadron avait "mis en évidence les possibilités offertes par les côtes, les dunes et les fleuves du Centre-Annam aux actions amphibies " (CES H. Ivanoff).
C'est donc à Tourane que s'implante le nouvel escadron aux ordres du Cne Dorot.
C'est en bordure de la voie ferrée Tourane Gare Centrale / Tourane Marché (en réalité le port) sur laquelle passe de temps en temps un train de marchandise, que s'installe, dans un terrain rectangulaire en friche et nu de toute construction, le nouvel escadron, à l'Est de la ville. » […]

« - Parmi les unités du Secteur de Tourane, on trouve vers 1951-1952:

1 bataillon de Légion : IV/2°REI.
1 bataillon (d'infanterie) du Groupe d'Artillerie Colonial de Montagne du Levant.
1 bataillon vietnamien (plus tard 2)
1 Cie de Commandos Supplétifs : 510° (Cod Le Lai) rattachée au REC et stationnée aux Montagnes de Marbres au Sud de Tourane. Unité en intervention du Secteur.
9 Cie de Supplétifs Militaires réparties au IV/ 2°REI, GACML** et REC (511°CSM)
3 Pelotons Blindés du REC fournis par chacun des escadrons (3°, 4°, 5°Esc) renforcés par la Cie de Supplétifs Militaires qui fournit les soutiens portés des pelotons. (511°CSM).
La Marine Fluviale est représentée par une section d'engins d'assaut (1 LCM et 2 LCA)

Le bataillon IV/2°REI est stationné dans le Sous Secteur Sud, PC à Quant-à-moi. Son chef est en même temps Commandant du S. S. S, il tient les quartiers de Quant-à-moi, et d'Ai-Nghia avec sa CCCB et une Cie.
Il a également un détachement d'une section (en fait le Peloton d'élèves gradés) à Fai Foo.
Ses 3 autres Cies de FV sont en intervention et normalement basées à Ngu-Giap, Ai-Nghai et Tourane.
Les Pelotons Blindés sont en intervention à la disposition directe du Commandement du Secteur.
Ils sont utilisés pour les reconnaissances sur les axes en vue de protéger les convois, pour les liaisons, comme éléments réservés d'intervention sur un axe à l'occasion de convois ou de transports de troupes (Ref, document du Secteur de Tourane). »
Extraits de la page Le 7°Escadron du 1°REC à TOURANE à l'automne 1951. Nous n'avons pu identifier le document auquel il fait allusion ...

Voir aussi : Fiche Indochine du 1er régiment étranger de cavalerie par le lieutenant-colonel Claude Aïcardi.

Enfin, un article Tourane, poumon du centre-Vietnam, d’Yvonne Pagniez, correspondante de guerre en Indochine, dans la Revue des deux mondes du 1er mars 1952, décrit Tourane, non sans quelques accents colonialistes et patriotiques :

« Des quatre secteurs, celui de Tourane est le plus important. C'est peut-être aussi le mieux dirigé. Rarement on vit équipe plus unie, plus riche de valeurs, travaillant en harmonieuse collaboration de toutes les armes. Le colonel de Battisti, qui vient de quitter Tourane après deux ans de séjour pour recevoir ses premières étoiles, est avec son adjoint, le commandant Dieudonné, le principal artisan de cette magnifique réussite. Le colonel Royer prend sa suite, aidé par le commandant Bros, son second, commandant d'armes de la place de Tourane. Autour du maître, portés par la même foi, le même souci des intérêts supérieurs du pays, chefs de sous-secteurs, chefs de pelotons se groupent. Deux escadrons blindés du glorieux régiment Royal Etranger Cavalerie, deux bataillons de tirailleurs marocains et des partisans vietnamiens défendent le secteur. L'artillerie a mis au point un système de protection à déclenchement presque instantané. Le Génie répare les ponts, procède au déminage. L'aviation apporte le concours de petits « Morane », instruments de prospection de premier ordre, me disait le capitaine Sarrazin, mon voisin de table hier soir au gai repas du mess, et qui se trouve, après quarante mois de séjour en Indochine, le chef des observateurs du secteur. Enfin, la Marine, en étroite collaboration avec l'armée de terre, joue un rôle primordial. Il s'agit d'interdire aux jonques du Viet-Minh tout point d'accostage en zone contrôlée. »


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