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Suicide des philosophes

par Viince, le 07/01/2020 à 18:33 - 151 visites

Quels philosophes se sont suicidé, et pourquoi ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 10/01/2020 à 11:40

Bonjour,

Voici une liste (non exhaustive) de philosophes qui se sont suicidés :

Empédocle (Vers 490 av. J.-C. - Vers 430 av. J.-C.)
" Geste de désespoir pour les uns (ainsi de Schopenhauer qui y voiyait le signe d'un « pessimisme résolu »), symbole paradoxal d'affirmation et d'instinct de vie pour les autres (Nietzsche ou Bachelard, qui faisait d'Empédocle une sorte de Phénix pour qui « la destruction est plus qu'un changement, c'est un renouvellement ») ou encore simple maladresse pour les plus mauvaises langues (ainsi de Diogène-Laërce, mordant : « Je ne dirai pas que tu t'es jeté de ton plein gré dans la lave de l'Etna, mais voulant te cacher tu y es tombé malgré toi »), ce suicide retient in fine l'attention par la nature de la dépouille qui en résulte. Non pas un corps, mais une sandale."
source : Le Monde

Socrate (470-469 av. J.-C. - 399 av. J.-C.)
Calmonié, Socrate a été jugé coupable puis invité à à d'exiler, il choisira l'empoisonnement à la ciguë :
" La scène se déroule dans la prison où est incarcéré Socrate, condamné à mort par la Cité d’Athènes, pour impiété et corruption de la jeunesse. Socrate a exposé – dans le dialogue intitulé Criton – les arguments suivant lesquels, en fidèle citoyen et en vrai philosophe, il acceptait ce jugement et refusait la proposition de fuite et d’exil que lui ont faite ses disciples. Socrate boira donc la ciguë. Il est bien entendu qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’une exécution judiciaire."
source : Rohrbasser Jean-Marc, « Mourir en philosophe », Gérontologie et société, 2004/1 (vol. 27 / n° 108), p. 55-71.

Zénon de Kition (332 av. J.-C. - 262 av. J.-C.)
« Voici comment il mourut. En sortant de l’école, il achoppa et se brisa le doigt. Frappant la terre de la main, il prononça le vers tiré de Niobé : « J’arrive. Pourquoi m’appelles-tu ? » Et aussitôt il mourut, en retenant sa respiration. » (VII, 28)
source : philalethe

Han Fei Zi (Vers 279 av. J.-C. - 232 av. J.-C.)
Ce philosophe chinois s'est suicidé par le poison en prison.

Sénèque (Entre 4 av. J.-C. et 1 - 12 avril 65)
Peut-être pourrait-on, en glanant dans ses écrits tout ce qui se rapporte à sa vie, à son éducation, à sa famille, à sa santé, à ses aspirations et à ses craintes, déceler, dans les replis les plus cachés de son «moi», des culpabilités, des facteurs d'inadaptation, quelque psychose ou névrose qui contribué à axer son attention sur le problème du suicide. [...]
Les principales idées de Sénèque concernant le suicide se retrouvent çà et là dans ses tragédies :
a)Le suicide est un moyen de libération.
b)Le suicide est glorieux lorsque la raison nous y conduit. [...]
c)II peut être immoral d'empêcher quelqu'un de se suicider.
d)Nombreux sont les moyens de se donner la mort.
e)Les mobiles de certains suicides sont méprisables.
f)Le suicide se justifie s'il nous évite de vivre mal.
g)Le dégoût de la vie mène au suicide. Ce suicide est immoral.
h) Vivre tant qu'on peut être utile aux autres et à soi-même, voilà la règle.
source : Tadic-Gilloteaux Nicole. Sénèque, face au suicide. In: L'antiquité classique, Tome 32, fasc. 2, 1963. pp. 541-551.

Johan Robeck (1672 - 1735)
Il a écrit un livre en faveur du suicide et s’est noyé volontairement [...]
Dans la lettre citée, Rousseau, afin de prouver que le suicide peut être un geste délibéré d’êtres sages et sereins, indique dans une note de bas de page: «Robeck délibéra si posément qu’il eut la patience de faire un livre, un gros livre, bien long, bien pesant, bien froid; et quand il eut établi, selon lui, qu’il était permis de se donner la mort, il se la donna avec la même tranquillité.
source : Encyclopédie sur la mort

Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (6 avril 1741 - 13 avril 1794)
" Toutefois, de nouveau menacé d'arrestation, il tenta de se suicider le 14 novembre, mais fut sauvé par une intervention chirurgicale. Il ne s'était pas remis de ses blessures quand, fin janvier 1794, les poursuites à son encontre furent abandonnées. Très affaibli, il s'éteignit le 13 avril suivant au 10 rue Chabanais .
La mort de Chamfort représente le comble du suicide raté. Ne supportant pas l'idée de retourner en prison, il s'enferme dans son cabinet et se tire une balle dans le visage. Le pistolet fonctionne mal et, s'il perd le nez et une partie de la mâchoire, il ne parvient pas à se tuer. Il se saisit alors d'un coupe-papier et tente de s'égorger mais, malgré plusieurs tentatives, ne parvient pas à trouver d'artère. Il utilise alors le même coupe-papier pour « fouiller sa poitrine » et ses jarrets. Épuisé, il perd connaissance. Son valet, alerté, le retrouvera dans une mare de sang. Malgré tous les efforts de Chamfort pour se supprimer, on parviendra quand même à le sauver. Il mourra quelques mois plus tard d'une humeur dartreuse. "
source : Wikipedia

Walter Benjamin (15 juillet 1892 - 26 septembre 1940)
" Walter Benjamin a quarante-huit ans, il souffre de multiples pathologies, son dos (sciatique chronique), son cœur (une myocardite) font qu'il prend de la morphine afin de soulager ses douleurs. Avec deux autres candidats à l'exil, Henny Gurland et son fils José, le philosophe est conduit par Lisa, et ils parviennent au bout d'une dizaine d'heures à Portbou. Il y écrit sa toute dernière lettre en français le 25 septembre 1940 : « Dans une situation sans issue, je n'ai d'autre choix que d'en finir. C'est dans un petit village dans les Pyrénées où personne ne me connaît que ma vie va s'achever ». Dans la soirée du 26 septembre 1940, après avoir franchi la frontière, Walter Benjamin se suicide en absorbant une dose mortelle de morphine.
Une disparition énigmatique
D'après Lisa Fittko, les autorités espagnoles ont avisé les trois fugitifs qu'une nouvelle directive du gouvernement espagnol préconisait la reconduite des apatrides en France, ce que Benjamin n'aurait pas supporté. La nouvelle réglementation ne fut toutefois jamais appliquée et était sans doute déjà annulée quand il se donna la mort. "
source : Wikipedia

Albert Caraco (1919-1971)
" Reniant son éducation catholique, il projette alors son suicide, et décide d’attendre la mort du dernier de ses géniteurs pour l’accomplir. Il se suicide en septembre 1971, quelques heures après le décès de son père, laissant derrière lui un œuvre gigantesque, composé d'essais et de journaux intimes."
source : Encyclopédie sur la mort

André Gorz (1923-2007)
"Le samedi 22 septembre 2007 dans sa maison de Vosnon (Aube), il se suicide à l'âge de 84 ans en même temps que son épouse, Dorine, atteinte d'une grave maladie. C'est à elle qu'il avait consacré en 2006 le livre Lettre à D. Histoire d'un amour, une ode à Dorine. Le livre commence par ces mots : « Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. »"
source : Wikipedia
Lire aussi : Le Monde

Gilles Deleuze (1925-1995)
" Sa maladie respiratoire devenant trop difficile à supporter, Gilles Deleuze se donne la mort par défenestration le 4 novembre 1995."
source : Wikipedia

Sarah Kofman (14 septembre 1934 - 15 octobre 1994)
Lorsque la philosophe Sarah Kofman, se suicida en 1994, les persécutions dont elle avait été victime dans l’université de la part d’esprits médiocres qui aujourd’hui paradent en pérorant sur la discipline et les valeurs comptèrent, certes, mais aux côtés de bien d’autres choses et notamment des persécutions nazies dont elle avait réchappé mais pas sa famille, pour ne rien dire des relations ambiguës avec celle qui l’avait sauvée (voir son livre Rue Ordener, rue Labat, paru en 1993 aux éditions Galilée).
source : Yves Michaud

Gilles Châtelet (1945-1999)
" Il fut particulièrement affecté par la mort de Gilles Deleuze. Se demandant comment ne pas accorder au suicide de ce dernier le sens d'une ultime et courageuse révolte de la vie contre l'esprit de démission et de «laisser-faire». Malade du sida, Gilles Châtelet avait sans doute lui-même le sentiment d'être face au même défi. "
source : Libération



Georges Minois, dans son Histoire du suicide : la société occidentale face à la mort volontaire, nous dit (aux pages 257 et 378) que "les suicides philosophiques sont extrêmement rares, ce qui indique que le libre débat sur la mort volontaire peut jouer, comme certaines formes de vie religieuse, le rôle d'un exutoire et d'une sublimation." [...] Si des hommes se tuent, ce n'est pas à cause de raisonnements philosophiques, c'est parce qu'ils souffrent, physiquement ou mentalement, déclarent [les philosophes des Lumières]. "Ce ne sont point des maximes qui déterminent les hommes à prendre une si violente résolution, écrit d'Holbach (l'un des plus indulgents à l'égard du suicide) ; c'est un tempérament aigri par les chagrins, c'est une constitution bilieuse et mélancolique, c'est un vice de l'organisation, c'est un dérangement de la machine, c'est la nécessité, et non des spéculations raisonnées, qui font naître dans l'homme le dessein de se détruire. Rien ne l'invite à cette démarche, tant que la raison lui reste, ou tant qu'il a encore l'espérance, ce baume souverain de tous les maux." [...]
Les philosophes des Lumières aiment trop la vie pour imiter cet acte désespéré. Même Rousseau, si souvent misérabiliste, n'est pas tenté par l'aventure. Massivement les philosophes, confrontés au dilemme d'Hamlet, choisissent pour eux-mêmes l'"être". Ils ne sont nullement décidés à mourir pour de idées. Le martyre et le sacrifice de la vie sont plutôt des marques de fanatisme qu'ils combattent [...]
En somme, les philosophes, pour des raisons différentes, prônent la même attitude pratique que l’Église : restons en vie.

Nous vous laissons consulter ce chapitre dans son intégralité.

A consulter également :
- Encyclopédie sur la mort
- Liste de personnes suicidées

Bonne journée.
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