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Biblis martyre

par superpapé, le 29/12/2019 à 17:12 - 171 visites

Bonjour,
Sur la mosaïque de st. Pothin à Fourvière, on présente souvent Biblis comme celle qui porte la palme, symbole du martyr, vers le bas. Or, celle qui tient sa palme vers le bas n'est pas Biblis mais Antonia qui n'a pourtant, me semble-t-il jamais renié sa foi. Comment interpréter cette figuration de Lameire ?
Merci pour votre réponse;
Cordialement

Réponse attendue le 02/01/2020 - 19:01.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 31/12/2019 à 14:59

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Le document La basilique Notre-Dame de Fourvière : son symbolisme, son histoire nous donne à la page 90 une description de la mosaïque de l’Arrivée de Saint Pothin à Lugdunum dans les années 160 après Jésus Christ :
Cette mosaïque est la dernière réalisée par Charles Lameire, en 1910, quelques temps avant sa mort. Au bas de la mosaïque, une inscription stipule : Saint Pothin, disciple de Saint Polycarpe, apportant d’Orient la foi chrétienne, institue à Lyon, au IIe siècle, le culte de la Vierge. L’histoire raconte que l’évêque Pothin est arrivé à Lugdunum avec une icône de la Vierge qu’il a présenté à la vénération des fidèles. Ainsi, aurait-il introduit dans le coeur des Lyonnais une dévotion inaltérable pour Marie.

Cette belle composition se découvre sur trois plans :
- Dans la partie inférieure, saint Pothin débarque à Lugdunum. Derrière lui, se trouve Saint Polycarpe à genoux. Ce dernier l’a missionné avec l’accord de Rome pour encadrer la première communauté chrétienne de Vienne et de Lugdunum. Dans une gerbe de feu, Saint Jean, disciple de Jésus, symbolise la lumière et l’amour de Dieu. La population lyonnaise accueille Saint Pothin avec respect. Puis les principaux évêques se succèdent. Il s’agit de ceux qui ont marqué l’histoire de l’Eglise de Lyon, de Saint Irénée, deuxième évêque de Lugdunum, au cardinal Coullié, qu’on découvre à genoux, portant la maquette de la basilique consacrée le 16 juin 1896.
- Au milieu, au deuxième plan, sur la colline de Fourvière, apparaît le forum romain. Ce dessin d’Antoine Chenavard, architecte en chef du département du Rhône de 1819 à 1850, met en évidence l’amphithéâtre des Trois Gaules, un lieu réservé aux combats des fauves et des gladiateurs, où s’est déroulé, en août 177, à l’occasion des festivités données dans le cadre du culte de l’empereur, le supplice des chrétiens.
- Au registre supérieur, se détachent les quarante-huit martyrs de la persécution de 177. Leurs noms sont inscrits verticalement. Dans une gloire portée par six anges, au centre, préside une Vierge à l’enfant de style oriental. Les martyrs portent des palmes, symbole de la victoire. Ils ont la tête couronnée par une auréole, signe de sainteté. La célèbre Blandine est le troisième personnage à droite. La tête d’un taureau est à ses pieds.

Le document Fourvière : éclats de foi nous fournit une description de cette même mosaïque avec la liste des 48 martyrs de Lyon victimes de la persécution de Marc Aurèle en 177.
* Ainsi à gauche, les hommes : Apolonius, Pothin, Titus, Germanus avec un tigre, Macarius, Alcibiades, Vetticus, Epagathus clame « je suis chrétien », Sanctus, Vitalis avec un tigre, Octobris, Maturus, Alexander, Philumenus, Comminus, Attalus avec un lion qui se dresse contre sa jambe, Germinus, Ponticus, Valerianus, Marcellus, Zoticus, Alexander…
* A droite, les femmes : Quartia, Emilia, Julia avec des chaînes, Potamia, Rhodana, Crata avec un chien, Pompeia, Biblis, Albina, Aemilia, Helpis, Materna, Julia, Jamnica, Ausona, Justa, Blandine avec le taureau, Domna, Antonia, Trophima, Rogata…

Pour répondre à votre question, nous avons consulté les livres relatifs aux martyrs de Lyon que possède notre bibliothèque. Nous n’y avons cependant pas trouvé d’explication.
Aussi nous avons contacté la Fondation Notre Dame de Fourvière et nous vous ferons part de leur réponse dès réception de celle-ci.

Autres documents consultés :

- La colline de Fourvière : sa basilique, son parc, ses musées / Elisabeth Hardouin-Fugier,
- Architecture et symboles : Fourvière a cent ans : [exposition], Lyon, Musée de Fourvière, 1996 / texte de Bernard Berthod ; préf. de Bernard Ardura. A la page 80, informations concernant les évêques représentés sur la mosaïque de l’Arrivée de Saint Pothin.
- Fourvière, Reproduction en entier de la mosaïque à la page 21.
- Fourvière, l'âme de Lyon / dir. scientifique Jean-Dominique Durand avec Bernard Berthod, Véronique Molard-Parizot, Nicolas Reveyron ; préface de Philippe Barbarin,
- La colline de Fourvière : sa basilique, son parc, ses musées / Elisabeth Hardouin-Fugier,
- Les Martyrs de Lyon (177) / Colloque international du Centre national de la recherche scientifique, Lyon, 20-23 septembre 1977,
- Martyrs de Lyon et leur temps,
et cette précédente réponse du Guichet du savoir concernant les mosaïques de la basilique de Fourvière.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 08/01/2020 à 12:20

Complément de réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Voici la réponse détaillée apportée par un guide conférencier à la Fondation de Fourvière.

En mai 1908 un souscripteur se propose d’offrir une mosaïque à la Basilique de Fourvière. Le peintre Charles Lameire qui a déjà réalisé les trois premières est chargé de cette nouvelle mosaïque. Tout sera achevé au début du mois d’août 1910 et la mosaïque sera inaugurée le 11 du même mois en présence de Lameire qui mourra dix jours plus tard.

M. Lameire n’entreprend pas une œuvre d’histoire même si certains aspects pourraient le faire penser. C’est avant tout la vision du « culte marial » qui est ici exposée.
"M. Lameire représente la Vierge de l’Orient, telle que l’on figurée les peintres byzantins… A sa droite et à sa gauche, sur une légère ligne de nuages disposés en demi-cercle, tous les principaux martyrs de l’Eglise de Lyon, victimes de la persécution de Marc-Aurèle (an 177)… Une palme sanglante à la main, ils chantent, sainte Blandine entête, la gloire de la Reine des martyrs, et ils font à la cité lyonnaise une véritable auréole de sainteté." Ainsi s’exprimait l’architecte Sainte-Marie Perrin dans le journal Echo de Fourvière du 20/08/1910.
On note donc que l’ensemble des personnages tient une palme - signe du martyre.

Une interprétation a fait remarquer que la femme du 2ème rang (en partant de la droite) tenait sa palme vers le bas afin d’indiquer qu’elle avait renié sa foi ? Pour donner du crédit à cette vision on a dit qu’il s’agissait de Biblis comme elle est indiquée dans l’« Histoire Ecclésiastique » écrite par Eusèbe de Césarée : "Les premiers se déclarèrent avec hardiesse, et témoignèrent un désir ardent de consommer leur martyre. Parmi les autres, dix troublèrent la joie des Confesseurs par une déplorable chute… …Biblis était au nombre de ceux qui avaient renoncé la foi."

Cette interprétation de la palme en bas est une légende.
D’une part, le nom qui est inscrit au-dessus du personnage de la mosaïque n’est pas Biblis mais Antonia. Ce n’est pas une erreur puisque Biblis se trouve un peu plus loin (9ème rang à partir de la droite). Antonia se trouve bien dans les différentes listes consacrées à l’histoire des 48 martyrs (nombre « canonique ») de 177, mais n’est pas désignée comme ayant reniée sa foi.
D’autre part, plusieurs lettres d’échange du peintre avec l’architecte Sainte-Marie Perrin attestent des choix (la figuration et la forme y sont traitées dans tous les détails) : suite des évêques de Lyon qui doit constituer la partie droite (les attitudes, les costumes des personnages…), choix des saints dans la partie céleste…style de la représentation de la Vierge…son entourage…L’aspect de Lyon antique…
Mais pas un mot sur ce soit disant « symbole du reniement » qui pourtant aurait été suffisamment important à signaler si tel avait été la volonté du peintre.

La position de la palme en bas est à ranger au rayon « décor » tout comme pour les personnages qui tiennent leur palme le bras en haut, ou à mi-hauteur, ou les mains croisées sur la poitrine, ou tenant la palme de la main gauche...


Par ailleurs, la personne contactée nous indique des erreurs dans la liste trouvée dans le document Fourvière : éclats de foi. Cette liste fait état de 48 martyrs mais n’en nomme que 43. De plus elle sépare Vetticus et Epagathus qui est, en fait, le même personnage.

Pour avoir une description détaillée de cette mosaïque ainsi que des autres, nous vous conseillons de contacter la Fondation de Fourvière pour assister à une visite découverte de ce site.

Nous remercions vivement la personne qui nous a apporté son aide et ces précisions.
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