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Accueil > Récentes > Contraception de la chienne et effets néfastes

Contraception de la chienne et effets néfastes

par EDC, le 09/08/2019 à 17:40 - 638 visites

Bonjour,

je me permets de vous solliciter au propos (de l’augmentation) des risques provoqués par la contraception (sous-entendu provisoire, par opposition à la stérilisation chirurgicale définitive) de la chienne.
Sur Internet, les vétérinaires semblent se « liguer » contre cette pratique, pour preuve ce même texte que l’on retrouve chez plusieurs praticiens : http://www.cliniquedumolinel.com/consei ... ienne-1531 , http://www.veterinairelimonest.com/cons ... hienne-280 , http://veterinaire-hegalzabal.com/info- ... a-chienne/ , et https://www.cliniqueveterinaire-saintex ... hienne.pdf ; http://www.clinvetdesecureuils.com/cont ... ail?id=280

Ainsi que ceux qui leur emboîtent le pas : pour exemples http://www.veterinaire-isneauville.fr/c ... a-chienne/ ; http://www.veto.re/Publication/Show.aspx?item=516 ; http://www.veto-fleming.com/faq/la-ster ... ien_4.aspx ; etc.

Soit.

Sauf qu’aucun ne supporte de Fardeau de la Preuve, qu’aucun ne fait référence à de quelconques publications scientifiques.
Malgré toutes mes recherches, et elles ont été nombreuses, sur les moteurs dédiés (Google Scolar, Pubmed, etc.) je n’ai pas réussi à trouver ni sources ni même échos de ces affirmations.
J’ai tenté de multiples combinaisons avec « bitch », « contraception », « antiprogestin », « pyometra », etc.

J’ai bien réussi par exemple à trouver : « Ainsi, selon les expériences professionnelles et constatations personnelles de l’ensemble des cliniciens sollicités lors de cette enquête : Chez la chienne, les effets néfastes majoritairement observés lors de l’utilisation des contraceptifs chimiques chez la chienne sont, et ceci de manière quasi unanime :
— Un haut risque de développement de pathologies utérines type pyomètre ;
— Une prédisposition voire l’aggravation de l’évolution des tumeurs mammaires
» (Cloix C., « La contraception chimique chez la chienne et la chatte : Réalisation d’une enquête sur les pratiques en clientèle vétérinaire », Thèse pour le Doctorat Vétérinaire, Université Claude Bernard - Lyon I, 2011, page 90),
mais cependant pas de réelle étude !

Ma question est donc simple :
Existe-t-il des preuves scientifiquement étayées des effets néfastes de contraception de la chienne sur sa santé ?

Avec tous mes remerciements par avance !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 12/08/2019 à 12:04

Bonjour,

Nous avons retrouvé la thèse que vous citez : La contraception chimique chez la chienne et la chatte : Réalisation d’une enquête sur les pratiques en clientèle vétérinaire, Candice Cloix. Nous trouvons d’autres éléments dans la première partie (« étude bibliographique de la contraception chimique chez la chienne et la chatte) qui devraient vous intéresser :

« 2. Affections majoritairement induites

a. Résumé des diverses affections principalement observées

Bien que l’on n’observe pas systématiquement les mêmes effets secondaires selon le progestatif employé, ceci dépendamment du degré d’activité progestagène de la molécule, les effets indésirables principalement retrouvés sont (CBIP-vet., 2007 ; Feldman E.C. et Al., 2004 ; Goericke-Pesch S., 2010 ; Picavet S. et Al., 1994) :

- Des effets directement liés à leur activité pharmacologique :
o Une incidence accrue de métropathies, regroupant les hyperplasies glandulokystiques
de l’endomètre, les hypertrophies de l’utérus, les mucomètres, les
métrites et les pyomètres ;
o Une incidence accrue de tumeurs mammaires, induites lors d’une
hypersécrétion locale d’hormones de croissance ;
o De l’hyperglycémie et du diabète sucré, observé suite à un taux accru
d’hormones de croissance

- Des effets secondaires indirects parfois non négligeables :
o Une décoloration de la peau, une alopécie, une atrophie cutanée et une
calcinose circonscrite au site d’injection
o Une polyphagie associée à une prise de poids
o Une polyuro-polydipsie
o Une dépression légère associée à une léthargie
o Des symptômes d’acromégalie, observés suite à un taux accru d’hormones de
croissance
o Une stimulation de la lactation de pseudogestation
o Des troubles de la fertilité consécutifs à la cessation du traitement
o Une masculinisation des foetus féminins et un retardement de la mise-bas, suivi
d’une mortalité foetale lorsque les progestatifs sont administrés respectivement
en début ou en fin d’une gestation ignorée
o Une inhibition subclinique de la glande surrénale (plus rarement)

b. Incidence accrue du pyomètre et des tumeurs mammaires

Ainsi, les affections dont l’incidence augmente considérablement sous imprégnation stéroïdienne iatrogène, concernent principalement les atteintes de l’utérus et de la chaine mammaire. En effet, lors de la stéroïdogénèse, intervenant principalement durant les chaleurs, les stéroïdes sexuels retrouvés sont essentiellement les oestrogènes et les progestagènes. Leurs sécrétions associées et en excès impliquent bien souvent le développement de tumeurs mammaires et/ou ovariennes, ainsi que des infections utérines type pyomètre (Fontbonne et al., 2007).

Pyomètre chez la chienne

Il s’agit sans doute de l’affection liée au tractus génital la plus importante chez la chienne. Elle est très fréquente et correspond à une augmentation anormale des liquides utérins, associée à la présence de bactéries. Classiquement, les signes de cette pathologie surviennent en moyenne 4 à 6 semaines après les chaleurs, allant de la période de fin d’oestrus jusqu’à 12 à 14 semaines après les chaleurs (Broers P., 1990 ; Keck G., 2003).

L’origine du pyomètre n’est pas clairement établie. Néanmoins, d’après la littérature, la majorité des praticiens s’accordent pour dire que cette pathologie est liée à une dérivation progressive des équilibres hormonaux, associée à une sensibilité particulière de l’utérus à la progestérone et à une modification de l’expression des récepteurs stéroïdiens de l’endomètre, lui-même fragilisé par l’impact bactérien. Ainsi, une imprégnation séquentielle par les oestrogènes, suivie d’une imprégnation prolongée par la progestérone, entraînent une hyperplasie glandulo-kystique de l’endomètre, pouvant évoluer en mucomètre, ou en métrite puis pyomètre (Chen Y.M., 2001 ; Chu P.Y. et Al., 2001 ; Noakes D.E. et Al., 2001 ; Smith F.O., 2006). Il est reconnu qu’une imprégnation par les oestrogènes renforce l’action de la progestérone, donc de son action progestagène sur l’utérus, justifiant ainsi le moment de survenue d’un pyomètre, environ un à deux mois après les chaleurs.

L’origine d’un pyomètre peut être naturelle, généralement chez les chiennes cyclées n’ayant encore jamais eu de portée. Le pyomètre peut également être d’origine iatrogène, comme nous l’avons exposé précédemment, étant induit par des injections inadaptées d’oestrogènes afin d’interrompre une fécondation non désirée (Broers P., 1990), ou par une utilisation non raisonnée de progestatifs, notamment ceux de première génération. En effet, le développement d’un pyomètre dépend à la fois de la quantité administrée, de la durée d’utilisation de ces molécules et du moment d’administration (Chen Y.M., 2001 ; Chu P.Y. et Al., 2001 ; Kim K.S. et Al, 2005 ; Noakes D.E. et Al., 2001 ; Prigent S., 2001 ; Smith F.O., 2006). C’est pourquoi il est vivement déconseillé voire contre-indiqué d’utiliser un progestatif durant les chaleurs. Certaines études ont cependant démontré une plus faible incidence avec l’usage de l’acétate de mégestrol comparativement à l’emploi de l’acétate de médroxyprogestérone (Kutzler M. et Al., 2006).

[…]Tumeurs mammaires chez la chienne

De même que l’action de la progestérone endogène chez la femelle non stérilisée, l’emploi des molécules progestatives en tant qu’agents contraceptifs, peut occasionner une augmentation des risques de croissance tumorale des mamelles (Keck G., 2003).

Mécanismes d’action :

- Les glandes mammaires, sous l’action de tout progestatif endogène ou exogène, présentent un risque de développement anormal d’alvéoles et de conduits alvéolaire adjacents aux foyers épithéliaux et canalaires de la mamelle dépendante (Bhatti S.F. et Al., 2007 ; Mol J.A. et Al., 1995 ; Selman P.J. et Al., 1994, 1995 ; Van Os J.L. et Al., 1981) ;
- L’incidence accrue de cette affection chez les femelles recevant un traitement progestatif, est liée à l’induction par les stéroïdes d’une production ectopique excessive d’hormones de croissance au sein du tissu mammaire (Bhatti S.F., 2007 ; Beijerink N.J. et Al., 2007 ; David J.L.M., 2010 ; Kooistra H.S. et Al., 1997 ; Kutzler M. et Al., 2006 ; Mol J.A. et Al., 1995 ; Rutterman G.R., 1992 ; Selman P.J. et Al., 1994, 1995).

Remarque : La synthèse anormale d’hormones de croissance entraîne également des risques d’acromégalie et de diabète sucré par insulino-résistance, à moindre degré cependant (McCann J.P. et Al., 1987 ; Mol J.A. et Al., 1995 ; Selman P.J. et Al., 1994, 1995). Une étude a également mis en évidence une certaine corrélation entre le développement de l’hyperplasie kystique de l’endomètre, et l’hypersécrétion locale des hormones de croissance responsables de l’apparition de tumeurs mammaires suite à l’administration de progestatifs (Bhatti S.F. et Al., 2007). Une autre étude infirme cependant l’implication de la production en excès des hormones de croissance dans l’induction des hyperplasies glandulo-kystiques (Kooistra H.S. et Al., 1997).

Facteurs intervenants :

- La molécule progestative employée : lorsqu’un traitement progestatif est mis en place, le risque d’apparition de tumeurs mammaires est d’autant plus grand, que l’activité progestagène du stéroïde est importante, particulièrement avec l’emploi des acétates de mégestrol et de médroxyprogestérone (Misdorp W., 1991 ; Mol J.A. et Al., 1995 ; Selman P.J. et Al., 1994, 1995 ; Van Os J.L. et Al., 1981). Ces molécules de première génération sont en général considérées comme des stimulants des tumeurs hyperplasiques ou néoplasiques (Picavet S. et Al., 1994) ;
- La dose progestative employée : tout traitement progestatif entraine une affection tumorale de la mamelle de manière dose-dépendante (David J.L.M., 2010 ; Misdorp W., 1991 ; Mol J.A. et Al., 1995 ; Selman P.J. et Al., 1994, 1995 ; Van Os J.L. et Al., 1981) ;
- L’âge de la patiente : ce paramètre n’a cependant aucune influence significative quant au risque d’apparition de cette affection lié à l’administration du traitement ([b]Von
Berky A.G. et Al., 1993
). En revanche, une incidence plus élevée de tumeurs mammaires chez les chiennes âgées traitées, observée selon certaines études, pourrait
s’expliquer par l’effet du traitement se cumulant avec l’apparition spontanée des tumeurs mammaires (Picavet S. et Al., 1994).

Caractéristiques des tumeurs mammaires induites :

- Les tumeurs mammaires homono-induites apparaissent généralement dans les quatre ans qui suivent le début du traitement, notamment lorsqu’il s’agit de progestatifs de
première génération (Van Os J.L. et Al., 1981) ;
- Chez la chienne, les tumeurs mammaires observées sont majoritairement bénignes, allant du simple adénome tubulaire et papillaire, aux tumeurs complexes et mixtes,
quoique bénignes. Certains adénocarcinomes tubulo-papillaires ont parfois été observés. Le type de progestatif administré ne détermine cependant aucunement la
nature histologique de la tumeur engendrée (David J.L.M., 2010 ; Frank D.W. et Al., 1979 ; Mol J.A. et Al., 1995 ; Picavet S. et Al., 1994 ; Selman P.J. et Al., 1994, 1995).
Certaines études antérieures ont néanmoins démontré que l’emploi de l’acétate de médroxyprogestérone, même à faible dose, entraîne majoritairement l’apparition de
tumeurs malignes (Stovring M. et Al., 1997). »

Vous retrouverez à la fin du document les références des travaux cités.


Bonne journée.
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