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Célébrités généreuses

par Hazem, le 06/06/2019 à 15:05 - 192 visites

Bonjour,
Dans ce triste monde d’abondance où 30000 enfants meurent chaque jour de maladies évitables, 3 milliards de pauvres vivent avec moins de 2 dollars par jour, 20% détient 90% de la richesse mondiale etc…
Quelles célébrités généreuses mortes et vivantes politiques économiques sociales ou autres des trois religions islam christianisme et judaïsme ?
Merci infiniment pour vous et nos acteurs de bons cœurs.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 07/06/2019 à 11:54

Bonjour,

Il nous serait difficile de vous dire quelles sont les célébrités les plus généreuses, car les dons des riches au grand cœur ne sont pas tous publics, et heureusement !

Quant à savoir si les généreux donateurs pratiquent telle ou telle religion, c’est carrément mission impossible : l’appartenance religieuse relève de la vie privée de chacun, et nous ne saurions vous donner des informations sur la question, si tant est que nous puissions trouver de telles informations.

Nous trouvons toutefois quelques articles dans des revues "people", comme mariefrance.fr, citant pêle-mêle et sans trop citer de sources Laeticia Hallyday, Bono, Zinedine Zidane, Beyoncé, Omay Sy, Angelina Jolie, Novak Djokovic, Bill et Melinda Gates, Cristiano Ronaldo et quelques autres… artistes, sportifs, chefs d’entreprises – mais pas d’hommes et de femmes politiques – dont les actions philanthropiques ne se limitent pas au don : si la notoriété peut avoir une utilité, c’est aussi celle de faire connaître une cause et d’inciter les autres à donner. Selon un article de La Croix, ce n’est pas nouveau :

« Avec la montée de la crise, et grâce à la très large diffusion que permet la télévision et à la loi de défiscalisation des dons, en 1987, naissent des associations qui font appel à des personnalités, comme Les Restos du coeur, autour de Coluche, en 1985, et le Téléthon, deux ans plus tard », explique Axelle Brodiez-Dolino. Faute de créer leur propre association ou fondation, comme Lino Ventura (Perce-Neige), Brigitte Bardot (Fondation 30 millions d'amis) ou Yannick Noah (Enfants de la Terre), la professionnalisation du secteur exigeant désormais une implication à plein temps, les célébrités s'engagent dans des structures existantes.

[…]

Guy Alba, fondateur de l'Association européenne contre les leucodystrophies (maladies rares, essentiellement génétiques, générant une sclérose du cerveau), a aussi rapidement compris l'importance de l'adéquation de la cause de son organisation avec le profil de la personnalité?: « Nos enfants sont souvent prisonniers de leur corps. Donc faire appel à des sportifs avait un sens immédiat. » En 1995, il contacte le skieur Luc Alphand pour participer à Fort Boyard, un jeu télévisé qui permet de récolter des fonds. En 2000, il rencontre Zinedine Zidane. « Comme nous nous occupons de maladies rares, par définition confidentielles, nous avions besoin d'une icône. Zizou a été ému par l'histoire de nos familles touchées par la leucodystrophie et suit l'association depuis dix-huit ans. »

Multiplier les parrains pour toucher un public plus large

Beaucoup d'associations multiplient les parrains. Pour faire face aux nombreuses sollicitations, la Fondation pour la recherche médicale, outre Thierry Lhermitte, a demandé à Marina Carrère d'Encausse, Nagui et Marc Lévy de la soutenir. SOS Villages d'enfants a également pour marraine Laurence Ferrari. « Elle nous permet de toucher des personnes un peu plus jeunes que celles que nous apporte Anny Duperey », explique François-Xavier Deler. De son côté, l'Association européenne contre les leucodystrophies (ELA) organise chaque année l'opération « Met tes baskets » dans des milliers d'établissements scolaires grâce au soutien, aujourd'hui, de deux cent soixante personnalités. »

Il ne faut cependant pas croire que la philanthropie soit une activité entièrement désintéressée : outre le bénéfice d’image, le charity business est, selon Libération, « une activité florissante qui représente environ 350 milliards de dollars (330 milliards d’euros) chaque année aux Etats-Unis et est drainée par des dizaines de milliers de fondations. […] » :

« Si cette pratique, qui permet d’importantes déductions d’impôts et accroît le prestige social, est très répandue chez les entrepreneurs depuis le début du XXe siècle aux Etats-Unis, la «philanthropie de papa» à la Rockefeller a évolué depuis une décennie. De passive, elle est devenue active, en prônant une charité plus efficace. «C’est la nouvelle venture philanthropy [qui applique les stratégies d’entreprise au caritatif, ndlr] venue de Californie, explique Hugues Sibille, président du Labo de l’économie sociale et solidaire. On ne se contente plus de filer de l’argent pour avoir la conscience tranquille et racheter son salut, on mise sur des actions ciblées et massives afin de générer rapidement des résultats, une forme de retour sur investissement.» »

C’est cette notion de retour sur investissement qui laisse sceptiques certains observateurs : un article de Capital remarque par exemple que la fondation de Mark Zuckerberg était juridiquement… une société privée. Au statut permettant de nets avantages fiscaux :

« Aux Etats-Unis, les riches philantrophes peuvent transférer leurs actions à une fondation sans impôts sur la plus-value et peuvent déduire de leurs impôts sur le revenu l’équivalent d’un tiers du don.

De façon surprenante, juridiquement, la Chan Zuckerberg Initiative n’est pas une association de charité, mais une société privée (Limited Liability Company, LLC) assez classique du droit américain qui permet potentiellement de ne pas payer d’impôts sur les bénéfices ni de droits de succession. Des avantages qui peuvent être négociés au cas par cas avec l’administration fiscale américaine. »

Le cas de Bill Gates, figure majeure de la bonne conscience américaine, est encore plus emblématique. Télérama interrogeait récemment Lionel Astuc, auteur de l’ouvrage L'art de la fausse générosité [Livre] : la Fondation Bill et Melinda Gates : récit d'investigation :

« Les ultrariches comme Bill Gates considèrent que la philanthropie classique n’est pas efficace car trop axée sur la justice sociale. Ils pratiquent une forme de bienfaisance en appliquant les méthodes du capitalisme, qui ont fait leur réussite financière, à leur action de don : les lois du commerce, du marché, du libéralisme… En découlent naturellement des conflits d’intérêt avec les multinationales. L’autre problème du philanthrocapitalisme est qu’il ne remet pas en cause la source des inégalités. Il ne fait qu’apporter des solutions aux pauvres, aux malades, aux faibles avec une condescendance certaine, tout en renforçant la production de ces inégalités. […]

Etre généreux, c’est déjà respecter les règles : Microsoft a 92,9 milliards de dollars de recettes placées dans des paradis fiscaux pour éviter de payer 29,6 milliards aux impôts américains. Cet argent prive l’Etat américain d’agir en faveur de l’éducation, la santé, la solidarité – ce pour quoi Bill Gates assure se battre avec ses actions caritatives. En réalité, c’est comme s’il partait sans payer d’un restaurant mais en laissant un gros pourboire.
La première chose que l’on apprend, c’est que les dons du couple Gates ne sont pas directement distribués à des opérations caritatives, mais d’abord placés dans un fonds pour investir dans des sociétés. Quelles sont-elles ?

Ces sociétés sont choisies en fonction de leur efficacité économique : le critère, c’est le rendement. Il s’agit ainsi d’entreprises du secteur de l’armement (BAE Systems), des industries fossiles (BP, Total), de la grande distribution (Walmart), de la malbouffe (McDonald’s, Coca-Cola)… Ces investissements sont bien éloignés des prétendues préoccupations de Bill Gates : protéger la santé, défendre la planète et aider les populations pauvres. Au contraire, elles alimentent les fléaux que la fondation prétend combattre. Lorsque le journaliste britannique Mark Curtis a confronté la Fondation Gates à ces contradictions, ses porte-parole semblaient surpris que l’on s’en émeuve et assuraient qu’il n’y avait pas de lien entre les équipes travaillant pour les actions caritatives et celles travaillant au trust adossé à la fondation… Comme si ce n’était pas totalement schizophrénique ! Seuls les dividendes de ces investissements sont finalement versés aux actions caritatives.

Comment cet argent est-il utilisé ?

Il finance principalement trois types de campagnes : pour la santé, l’agriculture et l’éducation. Mais elles sont très souvent des initiatives d’entreprises faisant partie du fonds d’investissement dont nous venons de parler. Ce qui crée de nombreux conflits d’intérêt : les dons de la fondation profitent à des entreprises dans laquelle la fondation a investi… Ce que le philanthrope prétend donner d’une main, il le reprend de l’autre ! Pour vous donner un exemple, le fonds d’investissement de la Fondation Gates avait, en 2014, 538 millions de dollars d’actions chez Coca-Cola. En parallèle, certaines subventions de la même fondation encourageaient des communautés de pays en développement à devenir des filiales de la marque. Elle finance également avec Coca-Cola un projet visant à produire des fruits de la passion au Kenya pour la chaîne d’approvisionnement de la marque. Sous prétexte d’action caritative, la Fondation Gates stimule la croissance de ses partenaires financiers. »

De quoi méditer sur la notion de générosité !

Bonne journée.
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