Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Récentes > Prénoms "compatibles"

Prénoms "compatibles"

par Ekh, le 23/09/2018 à 21:49 - 194 visites

Bonjour,
Quand nous étions au collège, un jeu consistait à estimer la probabilité amoureuse en comptabilisant le nombre de lettres communes entre deux prénoms. Aujourd'hui, je crois que des "arnaques" sms proposent de connaître "l'affinité amoureuse" en envoyant 2 prénoms.
Tout cela n'est pas sérieux, bien sûr, mais un tour d'horizon des associations de prénoms dans les couples de mon entourage me laisse perplexe : n'y aurait-il pas des prénoms - plus exactement des personnes aux prénoms - plus "compatibles" que d'autres ? Question de milieu social ? De génération ? De "géographie" ? Y a-t-il des études sociologiques sur le sujet ?
Quelques exemples d'associations qui "sonnent", se ressemblent et s'assemblent : Emilie et Nicolas, Stéphane et Natacha, Gwenaëlle et Yoan, Georgette et Roger, Ali et Agnès... Et puis Serge et Jane, Simone et Jean-Paul, Jamel et Mélissa, Brigitte et Roger...
Par avance merci pour votre réponse à cette question "midinette" !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 25/09/2018 à 17:13

Bonjour,

Les associations de prénoms que vous citez en exemple « sonnent » bien dans la mesure où elles reposent sur des assonances et allitérations (effets sonores fondés sur la répétition de sons vocaliques et de consonnes). Par ailleurs, dans certains cas on note d’autres points communs : régionaux (Gwenaëlle et Yoan), générationnels... Dans le cas particulier de Serge et Jane, on peut aussi ajouter l’effet de l’habitude (entendre de façon répétée les prénoms d’un couple célèbre peut rendre leur association plus harmonieuse à l’oreille).

Evidemment, la compatibilité « esthétique » ou « musicale » de prénoms ne constitue en aucun cas une garantie que les personnes qui les portent sont faites pour s’entendre (ou pas). Mais au-delà de cela, si nous comprenons bien le sens de votre question, vous vous demandez si des facteurs sociaux culturels communs (âge, catégories sociales, origines géographiques…) ont tendance à favoriser la formation et / ou la durabilité d’une relation amoureuse.

Or, même si on dit souvent que les opposés s’attirent, la réalité semble être toute autre, notamment en ce qui concerne l’origine sociale. Néanmoins cette tendance semble avoir reculé depuis quarante ans :
« L’amour entre deux personnes n’est pas le fruit du hasard. Les goûts personnels sont orientés en fonction de notre milieu : on aime vivre avec une personne qui partage un mode de vie similaire, des mêmes habitudes de loisirs, des centres d’intérêt, une même façon de parler, etc. Autant d’éléments qui dépendent beaucoup de l’origine sociale.
Les premiers résultats des travaux de Milan Bouchet-Valat, sur la période 1969-2011, font apparaître une tendance à la diminution de l’homogamie entre catégories sociales ou entre diplômés et non diplômés. « L’homogamie en termes de diplôme, de classe sociale et de classe sociale d’origine a clairement décliné en France au cours des quarante dernières années », indique-t-il. Seuls les plus diplômés se marient toujours autant entre eux, mais, globalement, la massification de l’enseignement a transformé la formation des couples. « Au total, la société française paraît ainsi plus ouverte aujourd’hui que dans les années 1960 », explique le sociologue.
Un facteur rend complexe la comparaison dans le temps : l’élévation très marquée du taux d’activité féminin, passé de 47 à 85 % pour les femmes âgées de 30 à 59 ans entre les années 1970 et 2010. À 40 ans d’intervalle, les populations de femmes sont très différentes et les écarts de niveau de diplôme se sont beaucoup réduits au sein de la population. L’homogamie baisse mécaniquement. Enfin, on l’évoque rarement, mais la hausse de l’activité féminine associée au maintien de l’homogamie a accru les inégalités de revenus entre les couples. En effet, ceux-ci sont de plus en plus souvent constitués de deux actifs (l’homme et la femme travaillent) de niveau de vie semblables, ce qui était moins souvent le cas hier. »
Source : Couples : qui se ressemble s’assemble, Observatoire des inégalités

Concernant les écarts d’âge au sein du couple, l’Insee a publié en 2016 une étude montrant que dans la grande majorité des cas les âges sont proches ou identiques. Seuls 8% des couples ont plus de dix ans de différence. Toutefois, là encore les lignes ont tendance à bouger depuis 40 ans. Vous trouverez plus d’informations sur les résultats de cette étude dans l’article de France Inter : Anatomie de la différence d’âge dans les couples.

Enfin, une autre étude de l’Insee parue en 2017 montre que les couples mixtes progressent en France depuis plusieurs années :
« Environ un mariage sur huit est un mariage mixte entre un Français et une personne de nationalité étrangère, d'après l'Insee.
Les mariages mixtes représentaient 14% des mariages célébrés en France en 2015, selon une étude de l'Insee publiée lundi. Parmi les 236.300 mariages conclus en France en 2015, 33.800 ont uni une personne de nationalité étrangère et une personne de nationalité française, précise l'étude statistique. »
Source : europe1.fr.


Ainsi, même si « qui se ressemble s’assemble » est encore vrai pour la majorité des couples, cette tendance diminue de plus en plus depuis plusieurs décennies.


Pour aller plus loin :

- L'Amour ne doit rien au hasard, Lubomir Lamy
- Vivre en couple mixte : quand les religions s'emmêlent.., Isabelle Lévy
- S’aimer malgré la différence d’âge, psychologies.com


Bonne journée.
  • 1 vote

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact