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Service National en 1945/46

par le26adhere, le 13/08/2017 à 09:58 - 1256 visites

Bonjour,
pouvez me dire ce qu'il en était pour les jeunes de 18 ans en regard de leurs obligations militaires en 1945 1946.
Je crois me souvenir qu'il avait été supprimé pendant la guerre Quand a-t-il été réinstauré?
Merci pour toutes vos réponses toujours très pertinentes.
Cordialement

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 16/08/2017 à 13:30

Bonjour,

En effet, le service militaire est supprimé par l’Armistice en 1940. La conscription est rétablie le 7 octobre 1946, mais « le service militaire est réservé à la défense du territoire métropolitain. Ainsi, pendant la guerre d'Indochine, on envoie pas les appelés mais des professionnels. »
(source : Petite histoire du service militaire en France, Le Figaro)

« Après la cinglante défaite de juin 1940, la conscription cesse. Les Allemands n’autorisent à l’armée d’armistice qu’une force de 100000 hommes dépourvue de matériels lourds. L’idée de la conscription ne disparaît pas pour autant. Vichy fait préparer secrètement en novembre 1940 un fichier des jeunes gens de la zone libre, susceptibles de constituer une future armée de la revanche.
C’est pourtant au sein de la Résistance que l’on retrouve tous les idéaux du peuple en armes. La résistance ne prend le visage de la lutte armée que dans les derniers mois de l’occupation seulement, mais les maquis représentent beaucoup dans la mystique d’une France debout contre l’envahisseur-oppresseur, même si la stricte efficacité militaire fait souvent défaut.
En 1946, le retour à la conscription s’opère tout naturellement. C’est le « roi Jean » de Lattre de Tassigny, qui met en place cette nouvelle mouture du service militaire. La loi du 7 octobre 1946 réorganise un service de 12 mois reprenant les principes fondateurs de la loi de 1905 : universalité et égalité. »
Source : Etre soldat en France de la Révolution à nos jours, François Cochet

« La nation armée « classique », telle qu’on l’entendait sous la troisième République après les désastres de 1870-1871, est vaincue. Sa défaite signe la mort du régime le 10 juillet 1940. L’armistice du 22 juin et les accords de Wiesbaden du 29 juin autorisent le maintien d’une armée de métier de 100000 hommes en métropole et de 30000 à 50000 hommes en Outre-mer. Certains de ses cadres veulent croire qu’elle peut devenir l’instrument d’une revanche future et la préparent clandestinement à ce rôle, croyant traduire le vœu véritable du régime de Vichy. Par exemple, en novembre 1940, un Service national de la statistique destné officiellement à l’ensemble de la population française établit un fichier des hommes de la zone libre, au nombre de 800000, susceptibles d’être rappelés. Il s’agit de sauvegarder, sous couleur d’une activité licite, l’éventualité d’une future mobilisation. Ce service est dirigé par Robert Carmille qui avait en vain plaidé avant guerre pour une rationalisation de l’organisation des opérations de la conscription et pour un début de sélection des conscrits en raison de leurs capacités et des besoins de l’armée.
De telles illusions s’écroulent au moment de l’occupation de la zone libre en novembre 1942. Le 29 novembre, l’armée de terre est dissoute ainsi que l’armée de l’air. Trois jours avant, la flotte s’est sabordée à Toulon, ne voulant pas cependant rejoindre les Alliés. De même, si certains officiers forme l’OMA (Organisation Métropolitaine de l’armée) qui devient l’ORA (Organisation de résistance dans l’armée) au début de 1944, globalement l’armée de l’armistice ne se dresse pas contre l’invasion allemande.
Avant même l’établissement du SNS (Service national de la statistique) sont créés les Chantiers de la jeunesse dont l’expérience est consacrée par la loi du 18 janvier 1941. Ils sont d’abord conçus pour « occuper » les 92000 hommes de la seconde partie du contingent de l’année 1939 et la première partie de celui de l’année 1940, appelés… le 10 juin 40. Les jeunes gens des classes 1940 à 1944 sont à leur tour appelés pour une période de huit mois. Quand ils sont dissous en 1944, ils auront reçu 400000 hommes. Leur chef, le général La Porte du Theil, par ailleurs fidèle de Vichy et de la Révolution nationale, voit dans ces chantiers un autre instrument de la revanche car ils forment des cadres immédiatement mobilisables. Mais, en juin 1943, 24000 jeunes sont démobilisés pour être soumis au STO (Service du travail obligatoire), La Porte du Theil est limogé et déporté. Après la Libération, une ordonnance du 10 octobre 1945 dira que le temps accompli dans les Chantiers de la jeunesse vaut temps de service militaire actif. En fait, tout comme les cadres de l’école d’Uriage, les chantiers sont pour un certain nombre de leurs membres un lieu de passage vers la Résistance.

[…] on en revient aux formules d’avant-guerre pour la conscription, qu’il avait été impossible de rétablir en métropole à la Libération : pour la première fois de son histoire, il y a un hiatus dans la succession de l’appel des classes. Celles de 1944 et 1945 ne furent jamais appelées pour le service militaire classique qui est toutefois réinstauré le 7 octobre 1946. Il est alors d’une durée d’un an. Une ordonnance du 22 avril 1945 a au préalable exigé une préparation militaire obligatoire pour les futurs conscrits mais elle reste lettre morte. De Lattre, devenu inspecteur général et chef d’état-major général de l’armée de novembre 1945 à mars 1947, tente de rénover le service. En décembre 1945, il publie un rapport, Il faut refaire l’armée française, dans lequel il affirme que le concept de nation armée est encore pertinent dans la guerre moderne, encore valable le rôle de l’officier éducateur et toujours opératoire le caractère civique et social du service militaire pour constituer une armée à la fois nationale et démocratique. Pour répondre à ce dessein, il propose de « désencaserner les conscrits » et de les instruire dans des camps légers, créés au printemps 1946. En fait, pour des raisons financières et parce que l’efficacité de l’instruction dispensée est contestée, l’expérience est suspendue en mars 1947 et abandonnée en 1948. »
Source : Histoire de la conscription, Annie Crépin (p. 373-374, p.378)


Bonne journée.
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