Pont aux anes
DIVERS
+ DE 2 ANS
Le 09/11/2006 à 07h53
2429 vues
Question d'origine :
Bonjour
Pouvez-vous me préciser l'origine et la signification exacte de l'expression :"Pont aux anes". merci
Réponse du Guichet

A l'origine, "le pont aux ânes, [est] le pont où passent les ânes et qu'on les décide à passer à coups de bâton : dans une vieille farce, on conseille à un mari de prendre exemple sur ce procédé pour morigéner sa femme. le remède était facile et à la portée de tout le monde, de là le pont aux ânes."
L'expression a pris le sens courant de "chose évidente, connaissance élémentaire que le plus ignorant doit connaître" :
"Fig. et familièrement. Le pont aux ânes, une chose facile, ce que tout le monde sait, banalité.
"Ce n'est guère qu'au cinquième acte que ces sentiments se déploient sur le pont aux ânes des imprécations, pont aux ânes que l'on passe toujours avec succès" Voltaire, Lettre à le Kain, 2 mars 1767.
"Pourquoi un bûcher [dans une tragédie] ne vaudrait-il pas le pont aux ânes du coup de poignard ?" Voltaire, Lettre d'Argental, 8 mars 1762.
"Faire sa fortune avec du travail, de l'ordre et de l'économie, c'est le pont aux ânes" Théod.. Leclercq, Prov. t. IV, p. 260, dans POUGENS."
francois.gannaz.free.fr
Cette acception est particulièrement utilisée dans le domaine de la pédagogie scientifique :
"Il s'agit d'une expression utilisée en pédagogie, familière en science, pour désigner un obstacle apparent qui n'en est pas un, qui rebute les élèves les moins doués.
Elle s'emploie par analogie avec la situation d'un âne devant un pont à arche sans tablier horizontal : le centre du pont est donc plus haut que les parties qui sont situées sur chaque rive. L'âne peut avoir l'impression soit d'une côte, soit de ne pas savoir ce qu'il y a derrière cet obstacle, qui n'en est pas un réellement, puisqu'en fait le pont franchit le véritable obstacle, qui est la rivière.
« Monsieur, vous ne passerez jamais le pont aux ânes » pourrait dire un professeur de mathématiques à un de ses élèves qui refuse de comprendre les choses pourtant élémentaires.
Des exemples souvent cités de difficultés apparentes de ce type sont le petit théorème de Fermat en maths et la machine d'Atwood en physique."
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Pont_aux_%C3%A2nes »

Outre le théorème de Fermat et la machine d'Atwood, la démonstration graphique du théorème de Pythagore est, elle aussi, couramment qualifiée de "pont aux ânes" :
"Le pont aux ânes est le nom que l’on donnait jadis, en France, au célèbre théorème de Pythagore, et, celui qui ne pouvait passer ce théorème n’était donc qu’un âne qui n’aurait pas su traverser un pont.
Voici dans sa simplicité qui fait son élégance ce théorème : dans un triangle rectangle, l’aire du carré construit sur l’hypoténuse égale la somme des aires des carrés construits sur les côtés de l’angle droit."
Vous trouverez une démonstration de ce théorème sur le site de l'académie d'Amiens
Il semble que l'expression soit parfois employée pour signifier "lieu commun".
Vous trouverez sur le site www.archaero.com une belle histoire de pont aux ânes (au sens littéral cette fois)...
Où il est dit que le transport du grain, bien précieux s'il en est, ne souffrant pas le passage d'une rivière, il fut décidé de construire un pont pour l'âne.
"Il n'y avait ni architecte, ni ingénieur, mais des gens matures, avec beaucoup de bon sens. Pour ne pas entreprendre des travaux trop importants pour leurs moyens, il fallait limiter la largeur au minimum compatible avec la fonction souhaitée. On se mit d'accord sur une largeur de deux pieds et deux pouce (70 cm environ) et d'une longueur des dalles de huit pieds ( 2,5 m environ). Pour aller d'une berge à l'autre, même en période de crue, il fallait une longueur de 13 toises, soit une dizaine de dalles alignées (25 m environ).
(...)
On prit un âne, on lui mit le bât que l'on chargea de deux gros sacs de grain, de part et d'autre. Puis, tiré par son propriétaire, on le fit monter sur la première dalle. Tout alla bien, jusqu'au milieu du pont où notre quadrupède se raidit sur ses pattes et refusa tout net de continuer. Evènement, commentaires, on tire, on pousse, on amène les bâtons... et messire Aliboron se met à ruer, glisse, tombe dans la rivière, entraînant avec lui tous ceux qui se cramponnaient à lui ! Et le grain est à nouveau mouillé...
(...)
On rappelle le vieux [qui avait proposé] de faire un pont pour l'âne. Et on le questionne avec une certaine agressivité en exprimant ouvertement des doutes quant à la fraîcheur de sa cervelle ! Le vieux ne s'émeut pas et leur dit : "Vous ne changerez ni l'âne, ni la façon de le charger, nos pères faisaient déjà comme cela et c'est une manière bien adaptée. L'âne étant ce qu'il est, il est probable qu'il fera encore d'autres écarts. Pour l'empêcher de perdre l'équilibre il faut lui rapprocher le sol afin que sa charge soit retenue dès qu'il penche d'un coté ou de l'autre...". Interloqués, les gens parlaient d'un ramollissement soudain, quand le vieux continua "Armez-vous de vos pics et creusez !". "Creusez au milieu du passage une rigole plate suffisante pour que l'âne trottine sans problème, 10 pouces devraient suffire. Pour la profondeur, il faut que, si l'âne se penche un peu, le fond du sac vienne toucher le rebord de la dalle, l'empêchant ainsi de basculer".
(...)
Maîstre Aliboron [notre âne, donc] s'engagea, trottina, passa le milieu du pont... et débarqua sans encombre sur l'autre rive, sous les acclamations des badauds... Depuis ce jour, les petits ânes bâtés traversent sans problèmes. D'autres villageois eurent vent de l'affaire, trouvèrent l'idée bonne et l'appliquèrent aussitôt chez eux.
(...)
C'est ainsi que l'on trouve en Charentes de nombreux "Pont aux Anes".
Mais je vous avais bien dit que ce n'était qu'une histoire..."
Il existe également une Farce du pont aux ânes, oeuvre anonyme, publiée en 1475, traitant d'escroquerie, de femme et de mari, de médecine, d'obéissance et de querelle, de vengeance et de violence.
(Centre Hubert de Phalèse)
DANS NOS COLLECTIONS :
Ça pourrait vous intéresser :
Commentaires 0
Connectez-vous pour pouvoir commenter.
Se connecter