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Un chateau Franc-Comtois en Syrie (complèment)

par Yvan, le 05/02/2020 à 15:42 - 300 visites

GDS bonjour....
J'ai retrouvé dans une vieille revue régionale (1934) un article sur une forteresse Syrienne, construite (semblait-il...!) par des Croisés venus de la Comté ( "les Seigneurs de Saône") & s'appelant en Arabe KALAAT SAHIOUN, mais également connue sous le nom de "Château de Saône".
Les Seigneurs de Saône furent nombreux: Bohémond, Guillaume, Garanton, Roger, Josselin & Mathieu. Or il semblerait que le nom de Saône serait issu du mot " Qal'a sahyün " altéré en Saône.
Qu'en est il en réalité...? est-ce une famille "de Saône" qui l'aurait bâtie
et si oui, de quelle partie de la Comté serait - elle issue...? A noter que
cette forteresse est inscrite sur la Liste du Patrimoine Mondial. Mais qu'en est-il à ce jour...?
Merci d'éclairer mes questions. JS

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 08/02/2020 à 14:19

Réponse de la Documentation régionale


Bonjour,

Dans une démarche de recherche, merci de citer les sources que vous avez consultées.
La Bibliothèque municipale de Lyon conserve en effet de nombreuses vieilles revues régionales !

Nous avons cependant trouvé deux articles en lien avec votre question. Ceux-ci se trouvent dans la revue Syria consultable sur le portail de publication numérique Persée. Ce n’est probablement celle à laquelle vous faite référence, car c’est une revue nationale qui a existé de 1920 à 2005 sur l’archéologie du Proche-Orient.
- Claude Cahen, « Note sur les seigneurs de Saône et de Zerdana », Syria. Revue d’Art oriental et d’Archéologie, Année 1931 12-2 pp. 154-159
- Paul Deschamps « Le château de Saône et ses premiers seigneurs », Syria. Revue d’Art oriental et d’Archéologie, Année 1935 16-1 pp. 73-88

D’autre part, nous avons trouvé la mention d’un article de Paul Deschamps dans le Bulletin monumental de 1931 (p. 126) au sujet de cette forteresse.

Tous ces articles sont anciens et méritent donc d’être relus attentivement avec les théories actuelles des historiens et archéologues d’aujourd’hui. En effet, Paul Deschamps a semble-t-il été critiqué depuis pour ses hypothèses (n’oublions pas le contexte des années 1930 ; l’archéologie, comme toute discipline est influencée par son époque).


Par ailleurs, les recherches sur la toponymie sont excessivement délicates. Elle fait appel à la linguistique : il ne s’agit pas de recherches historiques basées sur l’interprétation de textes ou d'hypothèses sur l'interprétation de vestiges archéologiques. Voir l’article très documenté sur Wikipédia. Prenons donc avec prudence les explications sur les noms de lieux.

Pour l’étymologie du toponyme Saône, nous nous référons à l’ouvrage Noms de lieux des pays franco-provençaux : région Rhône-Alpes, Suisse romande, Val d'Aoste : histoire et étymologie de G.R. Wipf (daté 1982) :
« C’est également à *an- ou au gaulois onn(a) qu’il faut rapporter le nom Saône ; comme nous l’avons vu à la note 6.68, en effet, l’ancien nom préceltique Arar a été remplacé, à l’époque romaine, par celui d’une source sise près de Châlon et qui s’appelait Sauconna. Ce dernier nom, vu sa désinence, est probablement celtique. Le préfix *sauc- a peut-être un lien avec les racines gauloises sg(ur) (paresse) et bretonne sac’h (stagner), auquel cas la Saône aurait un nom répondant bien à sa principal caractéristique, qui est la lenteur : la rivière lente. »
On voit la prudence avec laquelle l’auteur Georges Richard Wipf expose ses hypothèses d’explication du toponyme.

D’autre part, nous nous sommes interrogés au nom lui-même de la forteresse « château de Saône ».
A partir du site Academia.edu, vous pouvez télécharger l’article (daté de 2002) « Étude historique de Qal’At Salah Al-Din (Sahyun – Château de Saône) ») de Benjamin Michaudel (Université Paris-Sorbonne Paris IV, Institut Français du Proche-Orient).

Vous pouvez consulter directement ce même article sur le site internet (dernière mise à jour 2010) Castellorient.
Dans l’introduction de l’article, nous avons trouvé des explications au sujet de l’histoire du nom de cette forteresse.
« Comme la majorité des forteresses des Croisades ayant connu de longues phases d'occupation franque et musulmane (et à l' exception de quelques sites comme Bourzeÿ), le château de Saône est abondamment documenté pour l'époque médiévale grâce aux sources narratives latines et arabes, mais également grecques et arméniennes. Son appellation actuelle, Qal‘at Salāh¬ al-Dīn […] (la citadelle de Saladin) ne date pas de l'époque des Croisades et ne reflète qu'une réalité partielle puisque le célèbre souverain ayyūbide n'y effectua qu'un bref séjour dans le cadre du siège de 1188 dont nous débattrons plus loin. Ce nom fut adopté le 10 mars 1957 par la Décision N° 329 du Ministère de l'Intérieur de Syrie, tant pour rendre un hommage appuyé au souverain ayyūbide que pour éviter dorénavant l'emploi du nom médiéval dont la traduction ne s'accorde plus, depuis la seconde moitié du XXe siècle, dans le contexte géopolitique proche-oriental.
Que les sources narratives soient latines, arabes, grecques ou arméniennes, le nom du site a évolué à l'époque médiévale autour de la racine S H (ou O) N avec des variations dans l'utilisation des voyelles intercalées :
- les chroniques occidentales (latines, grecques, arméniennes) mentionnent indifféremment Sehun, Seyhoun, Saoune, Sahone, Saona, Sehunna. L'appellation en Sihun mentionnée par Max Van Berchem (6) d' après Benjamin de Tudèle (7) semble plutôt se rapporter à un autre site situé dans le Royaume de Jérusalem. Le terme subit donc peu de modifications selon les auteurs, ce qui facilite l'identification à travers les chroniques.
- les chroniques arabes laissent tout autant de latitude dans l'exacte prononciation du site, dans la mesure où très peu d'écrits de l'époque médiévale utilisent la vocalisation de façon régulière, c'est-à-dire une notification des voyelles brèves intercalées entre les consonnes et les voyelles longues des mots. On retrouve ainsi l'écriture […] qui se prononce indifféremment Sahyūn, Sihyūn ou Suhyūn. Seuls deux chroniqueurs nous proposent une vocalisation du site : Abū l-Fidā (8) , rédigeant au XIVe siècle, emploie le terme Sahyūn, alors que al-Maqrī z ī utilise au XVe siècle celui de Sihyaūn (9), mais ce second emploi pourrait n'être qu'un ajout tardif de l'éditeur du texte, dans la mesure où les autres mentions du site à l'intérieur de l'ouvrage ne sont pas vocalisées. »

D’après cet article, il nous semblerait que l’appellation « château de Saône » serait justement l'une des « francisations » (Saona) d’un nom de lieu arabe : Sahyun, Sihyun, Suhyun.

Vous trouverez par ailleurs sur ce même site une restitution 3D du château de Saône


Voici ce que nous avons trouvé sur les seigneurs de la forteresse de Saône dans Les châteaux des croisades : conquête et défense des Etats latins, XIe-XIIIe siècle de Jean-Jacques Langendorf et Gérard Zimmermann.

« La place la plus importante qui commandait la route de Laodicée vers l’intérieur était celle de Sahyoun, écrit Dussaud. Cette ville était de fondation ancienne. Elle portait en grec le nom de Sidon […] »
« Vers 1118, on relève l’existence d’un comte Robert, dit le Lépreux, seigneur de Saône, qui fut également seigneur de Balatonos et de Sardone, au-delà de l’Oronte, comme son fils Guillaume d’ailleurs. […] Robert fut tué l’année suivante par l’atabeg Toghtekin, qui l’avait capturé à la suite d’un combat et qui lui trancha la tête, se faisant une coupe de son crâne, parce qu’il avait refusé de se convertir. Son fils Guillaume apparaît plusieurs fois dans les textes. Il fut probablement tué dans les luttes intestines entre Francs en 1132, sa veuve, une maîtresse femme possédant des qualités militaires, épousant le faible Jocelin II d’Edesse. C’est tout ce que nous savons des constructeurs de la partie franque de Saône et c’est fort peu. »

L’histoire des seigneurs de Saône (qui désigne la forteresse) est mal documentée. Plutôt que de « venir de Comté » (laquelle ?), n'auraient-ils pas constitué un Comté dans la Principauté d’Antioche en Syrie ?

Nous vous conseillons la lecture de : La première croisade : l'appel de l'Orient de Peter Frankopan ; traduit de l'anglais par Pascale Haas.

Réponse de Yvan

par Yvan, le 08/02/2020 à 17:56

GDS bonsoir,
Dans ma question du 5/2/20 relatif au titre ci avant, vous m'avez extrêmement bien documenté le 8/2/20, et je vous en remercie très vivement.
Dans votre premier paragraphe vous demandez que soient citées les sources des éléments évoqués....! Gros oubli de ma part, je m'en excuse et vous les donne ci dessous:

Revue "PAGES COMTOISES", datée de Noël 1935 quatrième année, N°78 Pages 137 à 140 incluse, sous le titre " Un château Franc-Comtois en Syrie, Kalaat Sahioun." (revue régionaliste illustrée, issue de "LE PAYS COMTOIS")

J'espère que vos archives retrouveront ce document, sinon je pourrai vous faire copies de ces éléments et vous les expédier si vous le souhaitez.

Par ailleurs, je demeure tout de même perplexe sur le fait que l'auteur de cet article l'intitule " Un château Franc-Comtois..."
Qu'est-ce à dire, Docteur GDS....?
Amitiés. JS

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 15/02/2020 à 13:40

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

voici la revue que vous citez : Le Pays comtois : révue régionaliste illustrée. Elle est conservée à la Bibliothèque nationale de France et également dans plusieurs bibliothèques de Bourgogne Franche-Comté (voir le catalogue collectif de France).

Pour l'origine des seigneurs de Saône, il nous est impossible de vous donner une réponse. Voici un ouvrage qui pourrait vous aider Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem. Cependant nous n'avons pas trouvé de mention concernant la Franche-Comté.
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