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Secte, religion

par Viince, le 23/11/2019 à 10:24 - 426 visites

Quelles différences entre secte et religion ?
Qui a dit que les religions étaient des sectes qui avaient réussi ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 25/11/2019 à 16:54

Bonjour,

Nous avions déjà répondu en 2007 à une question similaire Secte ou religion ? qui résumait la distinction entre secte et religion ainsi :
"de façon générale, une secte se distingue par l'emploi de la coercition envers ses membres : physique, financière ou psychologique. Pour identifier une secte, il suffit simplement, le plus souvent, de vérifier s'il est facile d'en sortir."

Le magazine Ca m'intéresse en donne une présentation assez proche :
" On peut quitter une religion sans dommage, ce qui n’est pas le cas avec une secte. En sortir est très difficile, et quand on y parvient, on est considérablement amoindri aux niveaux psychologique, financier et social. Les sectes abolissent le libre-arbitre et l’autonomie de pensée."

Le site officiel de la Mivilude propose une définition des dérives sectaires :
" Il s'agit d'un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l'ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société. "

Il propose également une liste de critères retenus pour définir un mouvement sectaire :
" Des critères élaborés sur la base du travail accompli par plusieurs commissions d’enquêtes parlementaires ont permis d’établir un faisceau d’indices facilitant la caractérisation d’un risque de dérive sectaire :
- la déstabilisation mentale
- le caractère exorbitant des exigences financières
- la rupture avec l’environnement d’origine
- l’existence d’atteintes à l’intégrité physique
- l’embrigadement des enfants
- le discours antisocial
- les troubles à l’ordre public
- l’importance des démêlés judiciaires
- l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels
- les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.
Un seul critère ne suffit pas pour établir l’existence d’une dérive sectaire et tous les critères n’ont pas la même valeur. Le premier critère (déstabilisation mentale) est toutefois toujours présent dans les cas de dérives sectaires. "
On les retrouve également dans le premier rapport parlementaire sur les sectes (rapport Gest 1995).

A noter, cette précision d'importance : "Il existe des dérives sectaires qui se manifestent dans certaines communautés à caractère religieux. Mais ces dérives sectaires ne sont ni l’exclusivité des mouvements religieux, ni la majorité des cas aujourd’hui constatés par la Miviludes."

Pour aller plus loin, citons un article de Vassilis Saroglou Sectes ou religions, quelles différences ? paru dans CERVEAU & PSYCHO N° 10 le 1er juin 2004 qui aborde les travaux d'une équipe de recherche sur la psychologie des religions, à l'Université de Louvain.
A lire aussi :
- À partir de quand une religion est-elle considérée comme une secte ? / Odon Vallet - Le Monde des religions - 26/02/2018
- Comprendre les dérives sectaires / Céline Hoyeau - La Croix - 24/10/2014

La religion est une secte qui a réussi !
Si cet aphorisme est mentionné par Jean-François Kahn dans son Dictionnaire incorrect (2005) et par Odon Vallet dans Petit lexique des idées fausses sur les religions (2002), il ne s'agit pas des premières occurrences !

François Refoulé dans Le Supplément de novembre 1979 indiquait :
" Les traits sectaires et conservateurs de l'épître semblent donc pouvoir être mis au compte de la situation concrète des communautés auxquelles elle était destinée. Les premières
communautés chrétiennes n'ont pas échappé à la règle générale.
Il est en effet reconnu que toute nouvelle religion, aussi longtemps qu'elle demeure minoritaire et limitée à un petit groupe d'humble origine sociale, comporte inévitablement des traits sectaires, qu'elle perd le plus souvent dès lors qu'elle croît, s'installe et se trouve reconnue dans la société. Après d'autres, Jean Hadot prétend même, avec toutefois une pointe d'exagération, « qu'une religion est une secte qui a réussi » et « que toute secte peut devenir une religion établie dans la mesure où elle réussit ». Ces formules ont certainement leur part de vérité. En tout cas, elles s'appliquent assez bien à l'Église : elle a de fait abandonné la plupart de ses traits sectaires au fur et à mesure de sa croissance."

Certains affirment que son auteur serait Ernest Renan mais nous n'en avons pas trouvé trace dans ses écrits.
Sur Wikipedia, on peut lire :
" Cette phrase est absente de la Vie de Jésus comme du reste de l'œuvre de Renan. En revanche, on lit dans l'Histoire du peuple d'Israël du même auteur (livre X, chapitre VII ; tome V [1893], p. 70) la phrase suivante : "Le christianisme est un essénisme qui a largement réussi. L'esprit est le même (etc.)". Le souvenir de cette assertion, infléchi dans un sens quasi voltairien, a donné plus tard la sentence telle que nous la connaissons, laquelle puise elle-même dans un fonds sceptique ou anticlérical bien attesté au XIXe siècle. Une formule d'une proximité assez troublante, abstraction faite de sa syntaxe, se lit sous la plume de Charles Dollfus (1827-1913), dans son virulent article «L'Église et l'État ; la société religieuse et la société laïque », Revue Germanique, 14 (1861), p. 478 : « Le catholicisme proprement dit nous offre le spectacle d'une secte qui a réussi à triompher des autres : il n'est rien de plus, il n'est rien de moins ». Sous son aspect actuel, la formule (qu'on rencontre un peu partout sans attribution ou avec des paternités fictives et souvent extravagantes sinon burlesques) pourrait n'être pas antérieure aux années 1960-1970. Le journaliste Aimé Michel (1906-1993) écrivait dès 1972 : « Examiné du point de vue des causes visibles, le christianisme n'est rien qu'une secte qui a réussi » (A. Michel, « Les sectes », in Jean Chevalier [sous la direction de —], Les religions. Paris, Centre d'étude et de promotion de la lecture, 1972, p. 497).

Bonne journée.
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