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Accueil > Les bureaux de la Préfecture du Rhône entre 1812 et 1820

Les bureaux de la Préfecture du Rhône entre 1812 et 1820

par Praline, le 22/05/2019 à 13:43 - 872 visites

Bonjour,

Je cherche à savoir où étaient précisément situés ces bureaux. Les dates varient beaucoup d'une source à l'autre.

Dans une réponse à une question précédente au Guichet (question du 15/06/2017) vous indiquiez : « Puis (après 1806) les services préfectoraux sont situés dans l’Hôtel de Varissan, sis rue Sala, à l’angle de la rue Boissac. Mais ce lieu est inadapté et plusieurs projets sont alors élaborés…il est alors décidé d’investir l’ancien claustral des Jacobins… Les travaux confiés à l’architecte Antoine-Marie Chenavard sont terminés en 1826. »

En 1813 dans « l’Almanach de Lyon et du Département du Rhône », en ligne, on lit page 32 «les bureaux de la sous-préfecture sont établis dans le ci devant couvent des Jacobins, rue Saint Dominique».

A propos du couvent des Jacobins dans « Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu'à nos jours » de Pierre Clerjon, ‎paru en 1830, on peut lire : « En 1815 , le comte de Chabrol, préfet du département du Rhône, y établit l’hôtel de la Préfecture» .

En 1816 dans le Moniteur judiciaire du 19 octobre, il y a une annonce à vendre ou à louer pour de « Grand Bâtiments où sont les bureaux de la Préfecture et le logement de M. le Secrétaire-général, jusqu'au bâtiment des Dames de la Providence... il y a un vaste jardin anglais formant beaucoup d'ombrage, attenant au bâtiment, et qui s'étend jusqu'à la rue Ste Hélène ».

En 1817 dans « Description historique de Lyon, ou, Notice sur les monuments remarquables et sur tous les objets de curiosité́ que renferme cette ville » de Nicolas-François Cochard dans un paragraphe consacré à la Place Confort ou des Jacobins, il dit : « Le monastère n'a point été vendu. On y avait d'abord placé provisoirement le Mont-de-Piété 5 mais il parait que le vœu que j’avais formé dans l'Indicateur de 1810 , d'en faire l'hôtel de la Préfecture , se réalise. Déjà on y a placé les bureaux: La cour et les jardins sont vastes, la maison très-spacieuse et en bon état, les abords faciles, et toutes les aisances qu'on peut désirer pour une destination semblable, s'y rencontrent».

En 1818 dans le « Nouvel Indicateur des monuments et curiosités de Lyon » il est dit : « Il y a un préfet dont l'hôtel est rue Boissac. Les bureaux sont établis dans le cloître des Jacobins, rue St Dominique ».

Les recensements fiscaux sur le site des Archives Municipales de Lyon, du 5 rue St Dominique (correspondant au couvent des Jacobins) indiquent successivement :

1811 N°78 (futur n°5) Bâtiment des Jacobins : Bureaux justice de paix

1815 N°5 rue St Dominique : La préfecture, Bureaux de la justice de paix, Salle des ventes, entrepôt et magasins et bureaux du Mont de Piété et Bureaux de la sous-préfecture.

De 1816 à 1819 N°5 rue St Dominique : Bureaux de la Préfecture, « Tout le rez de chaussée en travaux et inhabité »

1820 N°5 rue St Dominique : Le préfet, la concierge et le portier sont recensés à cette adresse

En parallèle les recensements fiscaux de 1811 et 1812 pour la rue de Boissac indiquent qu’au 74 sont les bureaux de la Préfecture…
Les années suivantes jusqu’en 1819 au n°11 (ancien n°74) il est seulement indiqué le nom du préfet de l’époque puis sur ceux de 1821 on ne recense plus que le portier et le bâtiment est dit vide.

Quand les bureaux de la rue de Boissac ont-ils été transférés au Couvent des Jacobins ? 1817 si l’on en croit Cochard ? la BML aurait-elle un livre sur l’histoire des différents bâtiments qui ont abrité la Préfecture au cours du XIXe siècle ? Y a-t-il un moyen de connaitre précisément la date du transfert de la rue de Boissac au couvent des Jacobins ?

Merci.

Praline

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 24/05/2019 à 16:25

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Pour vérifier et trouver la date de transfert des bureaux de la Préfecture dans le Couvent des Jacobins situé alors sur la Presqu’île, nous avons consulté 3 ouvrages dont nous disposons dans notre département. Nous avons choisi de relever les éléments intéressants à vous signaler sur votre sujet d’étude :
Document 1
Dictionnaire de lyonnaiseries : les hommes, le sol, les rues : histoires et légendes/ Louis Maynard ; préface de Me Paul Creyssel, Tome II, 1932
Citer:
Place des Jacobins – Notes topographiques p. 382 « En 1793, le Couvent des Jacobins devient propriété nationale. L’église et l’aile droite du cloître furent vendues à des particuliers ainsi que les bâtiments sur la cour des Archers. Quant au sol de cette cour, il devint pour partie une voie publique que l’ouverture de la rue Imperiale (rue de la république) a fait disparaître. La partie non vendue fut cédée à la ville en prairial an XI pour l’établissement d’une école secondaire qui fut supprimée en brumaire an XIV. Le couvent, ou du moins cette partie du couvent, servit alors de Mont-de-Piété. Le cardinal Fesch essaya d’obtenir la cession des bâtiments pour la création d’un petit séminaire mais il échoua. Par décret du 31 octobre 1810, la ville en acquit la propriété définitive sous condition d’en faire l’Hôtel de la Préfecture. Les plans approuvés en 1815 par le ministère, on commença les travaux. Dès 1818, l’administration préfectorale prit possession du nouveau local. On eut un instant la pensée de donner une entrée à la préfecture sur la place Bellecour au travers de la maison Lauras (devenue maison Savoye). Ce projet n’eut pas de suite et on racheta l’église et le corps de bâtiments vendus en 1793 pour agrandir l’hôtel préfectoral. La dépensez totale pour l’installation de l’administration atteignit 1.500.000 francs. »

Document 2
Le Rhône : naissance d'un département /; publ. par les Archives départementales du Rhône, 1990
Citer:
Chapitre Des Hôtels de Préfecture à l’Hôtel de la Préfecture. L’Hôtel de la préfecture, place des Jacobins 1817-1858 p. 301-309 « Le Conseil décida finalement en 1816 d’installer les bureaux et le logement du préfet dans l’ancien claustral des Jacobins. En 1817 commence la destruction de l’église du couvent. Les crédits de construction et d’aménagement furent votés progressivement de 1819 à 1826. Il fallut attendre 1829 pour que le Conseil put siéger dans la salle destinée aux réunions. L’appartement du Préfet fut transféré dans l’aile Sud en novembre 1819. »


Document 3
Antoine-Marie Chenavard : architecte lyonnais, 1787-1883 / Philippe Dufieux ; préface de Jean-Yves Andrieux, 2016
Citer:
Chapitre Des Jacobins aux Cordeliers de l’Observance, la reconversion des ensembles conventuels. La Préfecture du Rhône aux Jacobins p. 95-101 «Dans une ville qui connut un siège meurtrier et destructeur, la réorganisation administrative devait naturellement connaître des aléas. En moins de 10 ans l’administration préfectorale déménage 3 fois ; la préfecture et le conseil général du Rhône occupant successivement la salle du Concert place des Cordeliers, l’hôtel de l’Intendance place Bellecour et enfin le pavillon Nord de l’hôtel de ville entre 1792 et 1806. Alors que la mairie centrale est rétablie en 1806, les services départementaux s’établissent provisoirement dans des maisons louées à cet effet tandis que la préfecture du Rhône s’installe à l’hôtel de Varissan, rue Sala. Dix ans durant, les projets se succèdent en vain. Il est un temps question de construire un nouvel hôtel de préfecture à l’angle des places Bellecour et de la Charité tandis qu’entre 1812 et 1815, Claude-Ennemond Cochet établit un vaste projet entre cour et jardin sur l’emplacement de l’Arsenal quai Tilsitt. En 1816, le Conseil général décide d’acquérir pour les besoins de l’administration préfectorale le couvent des Jacobins déclaré bien national à la Révolution. S’engage alors un processus d’appropriation qui devait immanquablement condamner l’église à la démolition. La décision d’approprier l’ancien couvent des Jacobins est prise au début des années 1810 par le comte de Bondy, préfet du Rhône(1810-1814). Par arrêté du 4 prairial an XI, la partie invendue des bâtiments des Jacobins est d’abord dévolue à la Ville de Lyon pour y établir un collège mais cette école secondaire ayant été supprimée en dec 1806, les locaux sont désaffectés et loués à des particuliers. Le 31 octobre 1818, les bâtiments des Jacobins concédés un temps à la Ville sont attribués au département du Rhône pour l’établissement du mont-de-piété, de la compagnie de réserve et des bureaux de préfecture. Le 11 août de la même année, le ministre de l’Intérieur demande l’établissement de devis relatifs à l’appropriation de l’édifice suite à la concession gratuite des bâtiments accordés par l’Etat à la ville. Il reviendra à l’ingénieur en chef du département, Cavenne, de dresser les plans détaillés et devis estimatifs. Le temps presse puisque le bail de la maison qu’occupe la préfecture rue Sala expire au 1er janvier 1816. L’îlot des Jacobins forme un ensemble immobilier délimité au Sud par la place Bellecour, à l’ouest par la rue Dominique, à l’est par la rue Bellecordière et au Nord par la rue Confort et la place éponyme. […]. Le 19 août 1816, le projet relatif à l’établissement de la préfecture du Rhône dans l’ancien claustral des Jacobins est approuvé pour un montant évalué à 610 000 francs. Les aménagements du bâtiment méridional qui doivent recevoir les bureaux et le logement du préfet sont évalués à 123 890 francs. Entre 1816 et 1819, les premiers travaux d’aménagement sont menés sous la direction de l’ingénieur Cavenne. De nombreuses difficultés perdurent dans l’avancement des travaux qui nécessitera un véritable remembrement foncier afin de constituer un ensemble immobilier cohérent. En janvier 1819, Chenavard prend ses fonctions d’architecte du Département et établit un plan d’agrandissement de la place Confort avec la nécessité de nouvelles acquisitions. Il dirigera les travaux extérieurs et intérieurs jusqu’en 1826. L’ancien couvent des Jacobins, reconstruit partiellement - plusieurs bâtiments ayant été détruits dans l’église en 1822 - et réaménagé pour les besoins de l’administration préfectorale de la Restauration, devait vite se révéler tout à fait inadapté et même extrêmement dangereux pour le représentant de l’Etat en terme de sécurité. Cette situation devait perdurer jusqu’au Second Empire. A partir de 1852, sous le préfet-maire Vaïsse, les administrations municipales et départementales sont réunies et installées à l’Hôtel de Ville. En 1860, l’ancienne préfecture est détruite dans l’indifférence générale alors que se redessine le quartier des Jacobins.
Ce troisième ouvrage est très récent (2016). Pour rédiger l’histoire de la Préfecture du Rhône aux Jacobins, l’auteur Philippe Dufieux, historien de l’art, s’est appuyé sur les archives se trouvant :
- aux Archives municipales de Lyon : Préfecture du Rhône (Jacobins) : série WP (321, 466, 741, 925)
- aux Archives départementales du Rhône : sous-série N – Bâtiments publics - préfecture du Rhône (Jacobins) 4N (38 à 57)


Ce que l’on peut en conclure, c’est que la conversion début XIXe de l’ensemble immobilier du Couvent des Jacobins pour l’établissement de la Préfecture du Rhône a été possible au prix de travaux considérables qui ont dû s’étaler dans le temps, sur une dizaine d’années.
Concernant les dates de cet établissement dans les murs du couvent, on peut relever dans l’article ci-dessus que le bail de la maison qu’occupait la préfecture rue Sala expirait au 1er janvier 1816 et d’autre part que les premiers travaux d’aménagement du couvent furent menés par l’ingénieur Cavenne entre 1816 et 1819, qui s’employa à redistribuer l’ensemble des pièces sur les quatre niveaux que comptait l’édifice. Toutefois, là encore, la date du transfert des bureaux de la préfecture ne nous est pas précisément donnée.
Dans son Dictionnaire de lyonnaiseries (1932), l’historien Louis Maynard donne l’année 1818 pour la prise de possession de l’administration préfectorale dans ses nouveaux locaux.


Aussi, nous vous proposons de poursuivre vos recherches pour questionner cette fourchette de dates entre 1816 et 1819, aux archives départementales et notamment vous pourrez y consulter l’ouvrage suivant : Les Préfectures françaises par les archivistes en chef des départements – Niort : Soulisse et Cassegrain, 1953 (Cote 4OH/148/1). Les pages 224 à 226 sont consacrées à l’histoire de la Préfecture du Rhône par R. Lacour.

Afin, dans la base Photographes en Rhône-Alpes de la Bibliothèque, se trouvent quelques clichés de la Préfecture du Rhône place des Jacobins pris par le photographe Louis Froissart vers 1850 :
- La place des Jacobins et l'hôtel de la Préfecture du Rhône
- Hôtel de la préfecture du Rhône, place des Jacobins : façade intérieure vue depuis les jardins
- Inondations de Lyon (1856) : place de la Préfecture et hôtel de la préfecture du Rhône
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