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PATURAGES.

par LUDOVICUS, le 24/12/2018 à 10:06 - 745 visites

S.V.P.
Quelle est la composition moyenne et la plus répandue, sous nos climats, des prairies herbacées , non cultivées, c'est à dire à l'état le plus naturel et sauvage possible ?
Autrement dit, quelles sont les espèces de plantes qui constituent , ce que l'on appelle couramment l'herbe, ou les herbes ; fourrages frais habituels des bovidés et ovidés : rien à voir avec quelque substance de type cannabis ou autres, mais je ne pense pas qu'il se trouve de ces dernières dans les prairies.merci.


Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 26/12/2018 à 14:49

Bonjour,

L’ouvrage Les mots de la botanique [Livre] : dictionnaire : anatomie, architecture, cladistique.. : terminologie bilingue français-anglais / Françoise Brice ; définit la prairie de la façon suivante :

« Formation végétale herbacée dense de milieu tempéré où dominent les Poaceae (Graminées). Les prairies, naturelles ou artificielles, sont généralement entretenues par le pâturage ou le fauchage. »

C’est qu’il faut comprendre qu’après dix mille ans d’agriculture et l’élevage, même un milieu à l’allure « sauvage » porte l’empreinte de l’homme. Un article de futura-sciences.com, l’explique bien, à travers un exemple concret, les pelouses sèches du parc naturel régional des Causses du Quercy (Lot) :

« Les pelouses sont des étendues d'herbes rases, généralement parsemées de petits arbustes. Les sols minces et pauvres qui les caractérisent sont propices au développement naturel de nombreuses graminées (bromes, fétuques...). Cette végétation n'est donc pas implantée par l'Homme, mais seulement favorisée et entretenue par le pâturage. Les pelouses sont dites « sèches » car la roche calcaire du Causse est fissurée et ne retient pas l'eau, ce qui accentue l'impact de la sécheresse estivale. Ces milieux naturels abritent une flore et une faune tout à fait originales, adaptées à l'aridité et au caractère calcaire du sol. Beaucoup de ces espèces sont rares en France et en Europe.

Avant la sédentarisation des Hommes, les Causses du Quercy étaient couverts par la forêt. Les seules pelouses alors existantes étaient probablement confinées aux corniches rocheuses et aux éboulis non boisés des vallées. Vers 5 000 ans avant Jésus Christ, les premiers agriculteurs commencent à défricher la forêt. L'élevage s'étend et les espèces végétales et animales des pelouses s'installent progressivement dans ces espaces ouverts. Pendant des siècles, la pratique d'un pâturage soutenu des troupeaux et le prélèvement régulier des arbres et arbustes pour les besoins domestiques (chauffage, cuisine) vont contribuer à la création et au maintien de ces vastes surfaces d'herbage naturel
. »

C’est aussi ce que dit le site (très détaillé) ecosociosystemes.fr. Précisant au passage que si certaines espèces de graminées (mais aussi, dans une moindre mesure, de légumineuses) sont majoritaires dans tel ou tel type de prairies, c’est en raison de leur intérêt nutritif pour les différentes espèces de bovins et d’ovins qu’on y fait paître :

« La richesse botanique des prairies permanentes est souvent remarquable. Mais cette biodiversité ne s’accorde pas nécessairement avec l’utilisation que le paysan en attend. Une pâture ne convient pas nécessairement à tous les animaux : les moutons et les vaches ne paissent pas dans les mêmes prés, à la fois pour des raisons de comportements alimentaires, mais aussi de comportements interspécifiques. Une prairie, ce n’est pas la savane où se mélangent les gnous, les buffles, les zèbres et les antilopes !

C’est une des raisons qui font que les paysans recherchent moins la diversité floristique que la présence des graminées les mieux à même de bien nourrir telle ou telle espèce, autrement dit celles dont la productivité sera la meilleure.

C’est aussi la raison principale qui détermine le renouvellement éventuel d’une prairie lorsque celle-ci n’abrite plus que des espèces à faible rendement.

Parmi les espèces de graminées à bonne productivité, on peut citer le ray-grass d’Italie (Lolium italicum et Lolium multiflorum), le ray-gras anglais (Lolium perenne), la fétuque des prés (Festuca pratensis), la fétuque élevée (Festuca arundinacea), le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), la fléole des prés (Phleum pratense) .

Toutes ces plantes citées sont loin d’avoir les mêmes usages soit en prairie permanente, soit en prairie temporaire.

1- Le ray-grass d’Italie (annuel ou bisannuel) convient parfaitement pour une production rapide de fourrage d’appoint. Cette graminée s’accommode mal des autres graminées vivaces qu’elle a tendance à étouffer. Associé au trèfle violet, à la luzerne ou au trèfle incarnat, le ray-grass d’Italie fait un très bon engrais vert.Le ray-grass anglais est vivace. Cette graminée s’accommode bien des climats océaniques. Elle fait un bon pâturage dès la fin de l’hiver et un pâturage médiocre à partir de la fin d’été. Il existe un ray-grass hybride particulièrement prisé pour l’ensilage.

2- Les fétuques sont des graminées très rustiques, résistant bien à la sécheresse comme à la submersion ou au froid. Elle s’adapte bien aux sols lourds, mais assez mal aux terrains superficiels et secs. Les fétuques sont des graminées précoces favorables aux reprises de pâture en plein air dès la fin de l’hiver. Les fétuques sont assez exigeantes en azote.

3- Le dactyle est une très bonne graminée qui résiste assez bien à toutes les conditions difficiles comme de fortes sécheresses, mais sauf à une immersion prolongée. Le dactyle est la graminée la mieux adaptée aux pâturages d’été.

4- La fléole des prés, originaire des pays nordiques, résiste surtout bien aux froids. Elle tolère les sols acides, les sols lourds et même une courte submersion. Elle craint la sécheresse et les sols sablonneux ou ressuyant trop. C’est une graminée qui convient aux pâturages tardifs d’automne et de début d’hiver.


Parmi les espèces à productivité moyenne, on peut citer le pâturin des prés (Poa pratensis), le brome inerme (Bromus inermis), le fromental (Arrhenatherum elatius) ou bien encore le vulpin des prés (Alopecurus pratensis) .

Parmi les espèces à faible productivité, on peut citer le brome mou (Bromus mollis), l’agrostide blanche (Agrostis alba), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), la crételle de prés (Cynosurus cristatus) ou la houlque laineuse (Holcus lanatus)

c) Les légumineuses prairiales :

L’intérêt des légumineuses réside essentiellement d’une part en la qualité nutritive des plantes de cette famille (teneur en matières azotées, en calcium et phosphore) et d’autre part à l’activité de leurs nodosités sur les sols.

Les principales légumineuses prairiales sont le trèfle violet (Trifolium pratense) et le trèfle blanc (Trifolium repens), le lotier corniculé (Lotus corniculatus) et le lotier des marais (Lotus uliginosus), le sainfoin (Onobrychis sativa), et la Luzerne cultivée (Medicago sativa) et la luzerne sauvage (Medicago falcata)
1- Le trèfle violet s’adapte généralement très bien à tout type de sols argileux comme sableux, acides ou calcaires, et résiste plutôt bien aux excès d’eau en hiver. Cette espèce supporte mal la sécheresse. Associé au ray-grass, le trèfle violet fournit rapidement un excellent foin d’appoint.

2- Le trèfle blanc est une plante spontanée sur pratiquement tous les types de sols, hormis ceux qui sont vraiment trop secs. Cette plante résiste au froid, mais pas à la neige quand elle dure. La présence de trèfle blanc sur une pâture est un gage de bonne qualité… que les animaux savent reconnaître. Le trèfle blanc, de par son port rampant résiste bien au piétinement et à l’arrachage.

3- Les lotiers sont des légumineuses qui résistent bien à des conditions difficiles auxquelles les autres légumineuses ne résistent pas ou mal. Le lotier des marais est un très bon indicateur du pH des sols et de leur degré d’hygrophilie. Le lotier cornicule s’adapte bien aux terrains superficiels et secs. On l’associe alors au dactyle. Les lotiers, contrairement aux trèfles, ne provoquent pas de météorisation.

4- Le sainfoin est particulièrement adapté aux terrains calcaires et secs. Selon les variétés, le sainfoin peut donner une ou deux coupes par année. Le sainfoin ne provoque pas de météorisation non plus.

5- La luzerne est une légumineuse vivace qui s’enracine très profondément ce qui lui permet de résister aux sécheresses même sévères. C’est une plante qui exige des périodes chaudes, pas mal de calcium et un pH neutre à alcalin. La productivité de la luzerne est importante, ce qui en fait une production de premier plan pour l’élevage. En outre, cette plante se conserve bien après séchage. De nombreuses installations de séchage de la luzerne ont été mises en place, principalement lorsque des installations (incinération, station d’épuration, centres techniques d’enfouissement de déchets) pouvaient produire de la chaleur à fonds perdus.
»

Nous vous laissons consulter la page, très détaillée sur les différents types de sol et les espèces végétales qu’on y trouve. A titre d’exemple, nous vous donnerons seulement la liste des espèces à « sols riches » :

« Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris)
Chiendent rampant (Agropyrum repens)
Grande berce (Hercleum sphondylium)
Ortie dioïque (Urtica dioica)
Mouron des oiseaux (Stellaria media)
Ray-grass anglais (Lolium perenne)
Rumex obtus (Rumex obtusifolius)
Vulpin des prés (Alopecurus pratensis)
Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
Renoncule rampante (Ranunculus repens)
Renoncule âcre (Ranunculus acris)
Plantain majeur (Plantago major)
Pissenlit (Taraxacum sp.)
Pâturin annuel (Poa annua)
Fléole des prés (Phleum pratense)
»

Pour aller plus loin, nous vous invitons à consulter le document « Plantes indicatrices des prairies à flore diversifiée d’Auvergne » mis en ligne par alpes-maritimes.gouv.fr, qui, richement illustré, vous permettra de vous y retrouver dans la botanique des pâturages, mais aussi à distinguer d’un seul coup d’œil une Pilosella officinarium d’un Trifolium incernatum !

Bonne lecture et bonnes fêtes.
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