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Sexualité féminine

par idris.5, le 24/11/2018 à 19:20 - 622 visites

Pourquoi la sexualité feminine est-elle un tabou ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 26/11/2018 à 12:43

Bonjour,

Concernant la sexualité féminine, c’est en particulier la masturbation qui ferait encore l’objet d’un tabou, au contraire de son équivalent masculin :

Tabou sexuel : la masturbation
Si la masturbation masculine ne présente aucun tabou, ce n'est pas le cas de la masturbation féminine, qui demeure une affaire strictement intime pour bien des femmes.
Il a fallu du temps pour reconnaître ne serait-ce que le plaisir clitoridien chez les femmes, alors parler librement de ces pratiques solitaires, c'est encore loin d'être évident pour tout le monde.
Source : Top 10 des sujets tabous sexo les plus fréquents (et auxquels on dit bye bye), cosmopolitan.fr

« En matière de masturbation féminine, on revient de loin. “Dans l’imaginaire collectif, il a toujours été normal qu’un homme se masturbe par besoin, par pulsion, mais une femme qui se touchait était traditionnellement considérée comme une perverse, une hypersexuelle. Elle n’avait pas à se faire du bien, elle devait soulager son mari”, explique Caroline Le Roux-Poirier, sexologue et psychologue clinicienne.
Depuis, les mentalités évoluent, mais lentement. “Nous sommes les héritiers d’une culture très liberticide. L’image négative de la masturbation, entretenue par notre tradition judéo-chrétienne et les croyances médicales du XIXe siècle, font encore partie de l’imaginaire”, rappelle Camille Emmanuelle. A l’époque, on croit que la masturbation rend sourd, entre autres effets néfastes pour la santé. Pour Freud, stimuler son clitoris à l’âge adulte est considéré comme puéril. Si, dans les faits, la pratique est aujourd’hui normalisée et si les langues se délient, le tabou plane toujours.
En France, nous ne serions que 54 % à la pratiquer régulièrement, contre les trois quarts de nos copines néerlandaises, selon une enquête internationale menée par l’Ifop en 2015. Hors sondage, le chiffre est confirmé par Delphine Gaudy, 41 ans, propriétaire de Dollhouse, boutique de lingerie fine et d’accessoires dans le Marais, à Paris : “La moitié de notre clientèle arrive dans le magasin en disant qu’elle ne s’est jamais touchée auparavant”, lance-t-elle, entourée de vibros multicolores.

Une clef du bien-être sexuel

Pourtant, sexologues et éducateurs sexuels ne cessent de prescrire la pratique pour booster une libido en baisse et surtout pour atteindre le Graal de la décennie : l’orgasme. “La masturbation est essentielle dans la vie sexuelle d’une femme. Elle permet d’explorer son corps et de le connaître, de savoir ce qui procure du plaisir. Lors des rapports sexuels, nous n’attendons plus que l’autre nous en donne et nous le guidons si besoin”, indique Caroline Le Roux-Poirier.
En plus d’améliorer la connaissance de son corps, se toucher permet aussi de se reconnecter avec son univers fantasmatique, parfois restreint lors des rapports, et d’optimiser son épanouissement sexuel. “Etre à l’aise avec son corps et ses fantasmes entraîne un rapport au partenaire plus serein”, ajoute la journaliste Camille Emmanuelle. “Depuis que je m’y suis mise il y a quelques années, j’ai plus d’assurance, je suis moins pudique, moins coincée”, confirme Marie, 30 ans et mère d’un enfant. Sans oublier que l’orgasme ressenti lors de la masturbation garantit un shoot d’hormones du plaisir, les endorphines.

Eduquer pour libérer

Si, sur le papier, la masturbation a tout bon, pour certaines femmes, elle reste plus facile à dire qu’à faire. En cause ? L’éducation, la culture familiale ou le poids de la religion. […]
D’où la nécessité d’informer, d’éduquer et de faire tomber le tabou. “L’érection d’un petit garçon est considérée comme normale, on se dit même parfois ‘c’est un homme !’. Quand une petite fille se frotte contre un coussin, le fait que ce soit invisible contribue à la gêne et à l’interdit”, regrette Camille Emmanuelle. C’est ainsi que Delphine Gaudy endosse chaque jour un rôle éducatif dans sa boutique : “Des clientes de 50 ans m’ont déjà demandé si toutes les femmes avaient un clitoris”, se souvient-elle. D’autres, à n’importe quel âge, ignorent même à quoi sert et comment fonctionne cet organe du plaisir féminin.
Pour y remédier et après avoir remarqué que le clitoris “était absent de nombreux manuels de sciences de la vie et de la Terre et jamais représenté en entier”, la chercheuse indépendante Odile Fillod en a créé un modèle en 3D.
En parallèle de l’initiative pédagogique, de nombreux articles, des ouvrages, des sites, forums ou encore des vidéos YouTube se multiplient pour dédramatiser et réhabiliter la masturbation féminine. Il faut dire que l’enjeu est de taille. En 2017, l’émancipation des tabous sexuels passe toujours, entre autres, par la familiarisation de toutes et tous avec le clitoris. Odile Fillod le martèle : “Connaître le clitoris permet de comprendre qu’il n’y a pas deux sexes fondamentalement différents, l’organe sexuel féminin est le clitoris et non le vagin, et il est homologue au pénis sur tous les plans.”
Pourquoi la masturbation féminine est-elle encore un sujet tabou ? lesinrocks.com


Toutefois d’après une étude un peu plus récente de l'Ifop ce tabou serait en train de disparaître. En effet la pratique de l’onanisme (la masturbation) se banalise et se généralise chez les femmes :

« Débilité, convulsions, perte d’appétit, amaigrissement, céphalées, dessèchement, problèmes visuels, impuissance, folie… La liste est longue et terrifiante des problèmes de santé qui furent attribués à la masturbation. Longtemps, jusque dans les années cinquante, la pratique fut accusée de tous les maux physiques. Pire encore. La masturbation fut jugée amorale, enfermant la personne dans un plaisir solitaire qui ne pouvait que menacer l’intimité du couple et sa précieuse progéniture. L’onanisme était « contre-nature », un péché, une « souillure manuelle », une « incontinence secrète. Bien évidemment de tels discours pseudo-scientifiques et moraux étaient destinés à effrayer la gent masculine. Nul ne pouvait imaginer que les femmes pouvaient elles aussi se masturber. Ne sont-elles pas des êtres purs, des madones éthérées soucieuses des autres et de leurs enfants ?

Trois femmes sur quatre se masturbent

Les révolutions féministe et sexuelle allaient changer ces croyances et découvrir les mille et une dimensions de la sexualité des femmes dont celle de la masturbation. L’autoérotisme féminin est aujourd’hui considéré comme une pratique sexuelle courante. Une étude publiée en décembre dernier dans « Sexologies », la revue de la Fédération Française de Sexologie et de Santé sexuelle vient de le confirmer. Son auteur, François Kraus y précise les résultats d’une enquête Ifop menée en France auprès de 913 femmes âgées de 18 à 69 ans qui mettent en évidence la généralisation de l’onanisme chez les femmes. Pas moins de 3 femmes sur 4 ont déclaré se masturber ; la fréquence varie bien évidemment, passant de tous les jours pour 2 % des femmes à au moins 1 fois par mois pour 11 % des femmes en couple et 21 % des femmes célibataires. Désormais les pourcentages globaux des femmes se caressant se rapprochent de ceux des hommes même si par rapport à ces derniers, elles sont cinq fois moins nombreuses à dire qu’elles se masturbent presque chaque jour (2 %). L’onanisme est encore loin de devenir une composante du répertoire sexuel des femmes aussi ordinaire que dans celui des hommes.
Mais la masturbation féminine se généralise. Elle se banalise tant elle est évoquée au cinéma, à la télé, dans des séries, chansons ou articles de presse. L’accès aisé aux sites pornos, le succès de livres érotiques – merci Cinquante nuances de Grey –, comme la banalisation des sextoys facilitent la chose. « La pratique plus large de la masturbation féminine est symptomatique d’une approche de plus en plus hédoniste et autonome de la sexualité féminine, en rupture avec la vision traditionnellement « pénétrative » du plaisir féminin, » commente François Kraus.
Et cette généralisation se marque chez les femmes célibataires comme chez les femmes mariées. Quel que soit leur statut, en couple ou seule, les femmes sont aussi nombreuses à s’offrir en solo le 7 e ciel. Celles qui vivent en couple sont 13 % à se toucher au moins une fois par semaine et celles qui vivent seules, 15 %. »
Source : Masturbation féminine : tabou or not tabou?

En revanche, d’après l’auteur de cette étude, la masturbation chez les femmes en couple reste un sujet tabou : « Pas moins de 45 % des femmes en couple qui se caressent jugent que leur pratique est un sujet tabou. Elles n’osent pas confier leur plaisir solitaire à leur partenaire. « Elles craignent sans doute que cette pratique soit interprétée comme le signe de l’incapacité de leur partenaire à satisfaire leurs besoins. »


Malgré tout, il reste encore du chemin à faire : « la sexualité des femmes est peu étudiée, le clitoris aux abonnés absents dans la plupart des manuels de sciences de la vie et de la Terre (SVT) ».
Source : Clitoris le grand tabou, lemonde.fr


Pour aller plus loin :

Le clitoris : c'est la vie ! Julie Azan
A quoi ressemble réellement un clitoris ? Comment ça marche et à quoi ça sert ? Pourquoi a-t-il été si longtemps ignoré ? Les animaux ont-ils un clitoris ? Longtemps tabou, maltraité, le clitoris est enfin sous les feux de la rampe, et au coeur de l'actualité. Découvrez dans ce livre essentiel les réponses à toutes les questions que vous vous posez sur le rôle et le fonctionnement de cet organe mystérieux, ainsi que sur son histoire et les persécutions qu'il subit encore aujourd'hui à travers le monde.

Le guide complet de votre vagin de A à Z, Dr Alyssa Dweck et Robin Westen
Enfin un livre qui sort des sentiers battus et casse l'image des ouvrages classiques sur la santé au féminin : "Le guide complet de votre vagin de A à Z" vous apprend tout ce que vous devez savoir sur votre propre intimité. Que vous cherchiez une réponse spécifique, ou juste la référence sur le sujet, ce livre est un indispensable pour vous, votre fille, votre nièce, votre amie ou même votre compagnon... Avec humour des expertes de la santé vous font découvrir le champ des possibles au féminin. Grâce à ce livre vous pourrez faire le tri entre toutes les légendes urbaines, mythes et désinformations sur le sujet ; tout connaître de votre corps (et vie sexuelle ! ) pendant la grossesse et après l'accouchement ; identifier les points A et G et toutes ces zones érogènes que vous n'osez même pas imaginer ; découvrir les sex-toys et pimenter votre vie sexuelle ! Découvrez les dernières études scientifiques, oubliez les tabous et apprenez à parler de ça librement !

Les joies d'en bas : tout sur le sexe féminin, Nina Brochmann & Ellen Stokken Dahl
On s'imagine tout savoir sur l'organe sexuel féminin, car il en est souvent question dans les magazines et sur Internet. Mais voilà que Les joies d'en bas, écrit par deux futures praticiennes norvégiennes et traduit dans une trentaine de langues, dissipe enfin un ensemble de mythes ou de fausses vérités entourant le sexe. Non, on ne peut pas constater médicalement si une fille est encore vierge. Non, l'orgasme purement "vaginal" n'existe pas. Et le clitoris n'est pas un bouton magique sur lequel il suffit d'appuyer... En faisant état des tout derniers résultats de la recherche, ce livre révèle la face cachée du clitoris, retrace la ronde des hormones qui orchestrent les menstruations, fait le tour des différents types de contraception... et met enfin le doigt sur le fameux point G. Voici un guide réjouissant et utile du "continent noir" qui rappelle une chose essentielle : pour être fière de son sexe, il faut le connaître.

Vagin tonic, Lili Sohn
Un guide qui aborde sur le ton de l'humour l'anatomie féminine : l'orgasme, les règles, la contraception, la masturbation, etc.

La fabuleuse histoire du clitoris : essai, Jean-Claude Piquard
Le clitoris n’est pas seulement le seul organe du corps humain spécifiquement voué au plaisir. C’est aussi l’objet de luttes idéologiques qui durent depuis l’Antiquité et trouvent un étonnant apogée au XXe siècle. Au départ, un constat : encore aujourd’hui, l’obscurantisme clitoridien règne en maître dans nos sociétés. Plus de 50 % des jeunes filles ignorent posséder ce fameux « bouton de rose ». Et seulement 16 % d’entre elles connaissent sa fonction érogène. Du côté de la science, ce n’est guère mieux : depuis que la médecine a prouvé qu’il ne jouait aucun rôle dans la procréation, il est relégué au second plan des manuels cliniques et des séminaires de sexologie. Comment expliquer un tel recul, alors que le clitoris est connu comme l’épicentre du plaisir féminin depuis Hippocrate ? Quel rôle jouent les Églises, le natalisme et le freudisme dans ce processus ? C’est à la découverte de cette histoire mouvementée et passionnante que vous invite La fabuleuse histoire du clitoris, mais aussi à la célébration du corps féminin, de ses plaisirs et de sa liberté enfin réappropriés !

Libre et parfois effrontée : toutes les nuances de la sexualité féminine, Willy Pasini
Les femmes d'aujourd'hui sont désinhibées, sûres d'elles-mêmes, audacieuses et même parfois effrontées. Elles revendiquent avec force un droit jusqu'à présent seulement masculin, celui d'un plaisir sexuel libéré de la procréation. Dans le même temps, elles prennent l'initiative, elles rêvent, elles expérimentent. La femme indépendante a longtemps été considérée comme une sorcière ; de nos jours, elle est devenue libre de réaliser ses désirs dans la vie et la sexualité. Toutefois, à côté de ces exemples d'exubérance et de liberté, beaucoup de femmes vivent encore de manière dramatique le conflit entre le désir et les conventions sociales, entre leurs aspirations et les attentes d'autrui. Elles sacrifient leur propre féminité pour se conformer à des règles dans lesquelles elles ne se reconnaissent plus. Dans Libre et parfois effrontée, Willy Pasini, spécialiste de la sexualité, explore l'univers du plaisir féminin – depuis les nuances subtiles du désir jusqu'aux différents types d'orgasmes, depuis les changements de moeurs jusqu'à la transgression érotique. Avec ce livre, Willy Pasini souhaite aider toutes les femmes à vivre le mieux possible la sexualité qu'elles désirent.

Très intime, Solange
Le baiser le meilleur, les moments où elles préféreraient ne pas, ceux où elles se sentent désirables, les plans à trois, les joies du cunnilingus, la quête du "dragon de l'orgasme fou", l'influence du porno, les abus et les humiliations, les libidos en berne, la fougue, les hommes-objets... Elles ont entre 18 et 46 ans. Solange s'invite dans leur chambre à coucher. Elle leur demande comment ça se passe concrètement dans leur vie amoureuse. Directes, caustiques, réjouissantes, lucides, elles lui disent tout, elles le disent bien, avec les vrais mots, et ça secoue. Un livre qui fait entendre une parole féminine et féministe, une parole libératoire, déculpabilisante, qui résonne comme un manifeste contre la victimisation des femmes.

Les femmes, le sexe et l'amour : 3.000 femmes témoignent, Philippe Brenot
Après Les hommes, le sexe et l’amour en mai 2011, Philippe Brenot interroge à nouveau les Français. Elles parlent librement de leur désir, de leur plaisir et de leur couple, elles décrivent leur vie intime : leurs attentes, les multiples formes de la jouissance, la façon dont elles entretiennent le désir dans le couple, mais aussi, parfois, leurs déceptions. A travers ces secrets de femmes, le docteur Philippe Brenot nous guide vers une sexualité épanouie. Parce que toute femme mérite de mieux se connaître pour être encore plus libre. 3.400 femmes de 18 à 80 ans ont répondu à 128 questions dans cette enquête sur la sexualité feminine.

Sex and the series : sexualités féminines, une révolution télévisuelle, Iris Brey
Dévorées dans l'intimité, les séries révèlent nos désirs, nos peurs les plus profondes, nos fantasmes et nos tabous. Grâce à la multiplication des personnages de femmes complexes depuis les années 2000, les séries mettent en scène des sexualités féminines qui évoluent sans cesse. De Sex and the City, Friends et Buffy à Girls, Masters of Sex, Orange is the New Black ou bien Transparent, elles osent enfin montrer ce dont nos sociétés occidentales ont encore parfois du mal à parler. De la morsure de vampire au cunnilingus, de la défloration au BDSM, Sex and the Series s'empare d'images marquantes pour interroger certains concepts comme le male gaze ou la capacité d'agir et met en perspective la représentation de l'orgasme féminin, du consentement ou encore de la lesbienne butch. A travers quatre thématiques - la parole, le plaisir, les violences et les sexualités queer - Iris Brey analyse comment les séries américaines, en s'éloignant des images porno et du cinéma, permettent de changer notre perception des sexualités et d'enclencher même une révolution télévisuelle.

• Schaeffer, Jacqueline. Le sexe féminin : entre tabou et interdit, Cahiers de psychologie clinique, vol. 45, no. 2, 2015, pp. 41-75.
Résumé : L’évolution des mœurs a vu se modifier le sens des tabous, et le regard sur les pratiques de la sexualité en général. Les déviations sexuelles ne sont plus objet de scandale. Le tabou du féminin porte sur celui du voir, celui du sang avec tous ses rites de purification, et le tabou du sexe de la femme. Les transgressions face aux tabous et interdits renvoient aux perversions féminines, à la transgression au féminin, et au féminin en tant que transgression. Le dernier tabou abordé est celui de la frigidité. Pour conclure, l’autre sexe, qu’on soit homme ou femme, c’est toujours le sexe féminin. Au-delà du phallique, donc, le féminin.
(article disponible dans Cairn)


Bonne journée.
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