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Réécritures théâtrales de mythes

par Questionnettedu07, le 23/11/2018 à 00:40 - 659 visites

Bonjour,
Je cherche des réécritures dans le théâtre mondial (sûrement occidental) autour des grandes figures que sont Antigone, Phèdre et Médée. Je sais que c'est une question immense.
Je cherche avant tout s'il existe des réécritures d'Antigone en anglais s'il vous plaît
Merci et bonne journée

Et j'ai une question sur ma parenthèse : je sais que les grands mythes grecs ont influencé le européen. Qu'en est-il des autres théâtres, en Asie, en Afrique et en Amérique.

Désolée pour cette immense question. Merci infiniment vous êtes géniaux.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 23/11/2018 à 12:20

Bonjour,

Tout d’abord, nous avons pensé à l’auteur et metteur en scène libano-canadien Wadji Mouawad, qui depuis une vingtaine d’années s’attache à faire vivre les héroïnes de la Grèce antique, dans un questionnement sur la guerre et le destin, à travers des pièces telles que Les Larmes d’Œdipe, ou encore Des Femmes.

Mais Mouawad n’est évidemment pas le seul. A vrai dire, la réécriture des mythes de Phèdre, Médée et Antigone a inspiré tant d’auteurs de théâtre qu’il nous est impossible de prétendre à l’exhaustivité. Ainsi, ont écrit leur Antigone :

Robert Garnier (1580, France)

Vittorio Alfieri (Italie, 1783)

Hölderlin (Allemagne, 1804)

Pierre-Simon Ballanche (1814, France)

Jean Cocteau 1928, France)

Jean Anouilh (1944, France, par ailleurs auteur d’un Médée)
Bertold Brecht (1947, Allemagne)

Jean-Pierre Siméon (France, 2016)

A quoi s’ajoutent :

Des Oranges pour Antigone Charles Rambaud (France, 1976)

La main noire d'Antigone [Livre] Xavier Maurel (France, 2004)

Antigone à New York de Janusz Glowacki (1992, Pologne)

le territoire romanesque ne doit cependant pas être oublié : l’écrivain et psychanalyste Henry Bauchau, par exemple, a consacré une série de romans au cycle thébain, avec notamment une Antigone devenue classique.
Marguerite Yourcenar s’est également dans la réécriture de mythes antiques, dans le recueil de nouvelles Feux (1936), contenant entre autres les nouvelles « Phèdre ou le désespoir » et « Antigone ou le choix ».
Plus récemment, on peut citer le roman Une Antigone à Kandahar del’Indien Joydeep Roy-Bhattacharya, traduit en français en 2015.

A vrai dire, ces variations sur le mythe sont si nombreuses et fécondes que la réécriture d’Antigone est presque devenu un genre littéraire en soi. Genre analysé en 1986 par le critique George Steiner dans Les Antigones :

« Cette pluralité des sens et cette irréductibilité des interprétations - d'Eschyle et Sophocle à Anouilh et Cocteau, en passant par Garnier, Racine, Alfieri, Marmontel, Hegel, Hölderlin - sont partie intégrante de la culture occidentale. Le conflit Antigone-Créon est désormais, semble-t-il, une dimension a priori de la conscience intellectuelle et politique de nos démocraties. Comment expliquer autrement que ces légendes grecques antiques continuent à inspirer et à déterminer tant de nos réflexes culturels les plus fondamentaux ? »

(Source : gallimard.fr)

Un livre qui vous sera sans doute d’une grande utilité ; cependant, Bernard Sicot, dans un article publié en 2011 dans la revue Bulletin hispanique, remarque deux lacunes importantes dans l’essai Steiner : les écritures féminines, et les auteurs hispano- et lusophones, de l’ancien ou du nouveau monde – s’attachant à réparer ces oublis, il donne des références qui pourront vous intéresser :

« Le panorama de l’universalité des réécritures de la pièce de Sophocle ou de la diversité des représentations de son personnage se complète en entraînant le lecteur des Antigones contemporaines vers d’autres découvertes : une Antigone venue d’Afrique (Antigone, de Sotigui Kouyaté, pièce présentée en 1999), d’autres du Québec dans L’avalée des avalées ou Ça va aller, romans de Réjean Ducharme (1966) et de Catherine Mavrikakis (2002), de Flandre, portées au théâtre depuis 1990, ou de Belgique : Antigone, roman d’Henry Bauchau (1997) souvent transposé au théâtre, et, du même auteur, Le journal d’Antigone (1999) porté à la scène par Kelly Deville en 2005 ; par ailleurs, les interviews réalisées par Annick Allaigre et Ariane Eissen rendent compte des mises en scène de Jeanne Champagne et d’Anne Théron (Antigone, encore, 2005 et Antigone. Hors la loi, plusieurs fois représentée depuis 2006).
[…] [citant un colloque tenu à Clermont-Ferrand :] Est atteint aussi, globalement, l’objectif de corriger les « lacunes » constatées chez Steiner : les réécritures féminines ibériques et ibéro-américaines se révèlent abondantes et riches, tout spécialement celles provenant du Portugal. Par la place réservée à Hélia Correia, auteur et metteur en scène de Perdição. Exercício sobre Antígona, Rose Duroux et Stéphanie Urdician ont sans doute voulu en témoigner. Plusieurs communications concernent cet auteur, l’occasion lui est donnée d’expliquer elle-même sa démarche scripturale et dramaturgique (« La poussière dorée », p. 347-356) et sa pièce, traduite en français par María Eugénia Pereira, est intégralement publiée en clôture du volume (p. 381-440), accompagnée de quelques photographies provenant d’une représentation. Considérant la centaine de pages qui, finalement, lui sont consacrées, on pourrait exprimer un regret, un seul : que l’appel à communications n’ait pas permis de faire apparaître des versions catalanes du mythe. Celle de Salvador Espriu (Antígona), seulement citée (p. 23) et bien qu’écrite en 1939, aurait pu, par sa date de publication (1955), intégrer le cadre temporel fixé. Mais elle est loin d’être la seule : on pense, entre autres, à Antígona de Jordi Coca (2002), à la représentation en 2006 à la Biblioteca de Catalunya de la pièce de Sophocle dans une adaptation de Oriol Broggi et à celle de Benjamín Gomollón, toute récente (2010). Peut-être conviendrait-il également d’aller chercher d’autres réécritures, en langue « minoritaire » ou en espagnol, dans les œuvres, à la littérarité moins marquée, de ces Catalanes parfois anonymes qui, suite à l’exil de 1939 et à propos des centres d’hébergement et des camps français d’internement, de sinistre mémoire, ont témoigné de leur condition féminine, de leur rébellion, d’une capacité de résistance qui n’avait rien à envier à celle des hommes. Quelques noms viennent à l’esprit : Aurora Beltrana, Otília Castellví, Teresa Juvé, Cassandra Mestre, Silvia Mistral, Federica Montseny, Remedios Oliva Berenguer ou Teresa Pamiès. »

(Article à lire sur : journals.openedition.org)

Concernant les auteurs anglo-saxons, nous pouvons citer :

Another Antigone A. R. Gurney, 1988.

The Burial at Thebes, Seamus Heaney, 2004.

Antigone, Mac Wellman, 2012.

Antigonick, Anne Carson, 2012.

Antigone Alone, Michael McEvoy, 2018.

Médée et Phèdre ont eu un destin littéraire similaire, bien que dans une mesure légèrement moindre. Sans entrer dans des listes sans fins, cela va des références classiques (Phèdre de Racine, Médée de Corneille, La Vengeance d’une femme [Médée] de Barbey d’Aurevilly) au théâtre de la fin du XXème siècle (Médée d’Heiner Müller, Archétype Médée d’Ivana Sajko...). Pour approfondir la question, nous vous suggérons de consulter la base de données Mascarille (accessible en bibliothèque), qui répertorie des milliers de pièces de théâtre.

Bonnes lectures.
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