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"Distance de fuite" du loup

par EDC, le 21/11/2018 à 18:58 - 1438 visites

Bonjour,
je me suis déjà permis d'utiliser vos immenses connaissances et, face aux réponses que vous m'avez fournie, ne puis désormais que souffrir d'addiction :)

Il s'agit d'une part de la "distance de fuite" ("flight distance", parfois dénommée FID pour "flight initiation distance"), la distance en-deçà de laquelle il est impossible d'approcher un animal sans provoquer sa fuite tel que décrit par Heini Hediger (1908-1992), biologiste suisse surnommé « le Père de la biologie du zoo ».
D'autre part du loup gris (Canis lupus) ou de l'une de ses sous-espèces dont notamment le loup gris commun (Canis lupus lupus) puisque c'est le plus fréquemment rencontré.

La question est la suivante : quelle peut bien être la première du second ?

Internet et ses trésors de contradictions annoncent qui 100 m., qui 200 m. ou encore qui un quart de mile (env. 400 m.), tandis que mes recherches m'ont permis de trouver Karlsson J., Eriksson M. & Liberg O., « At what distance do wolves move away from an approaching human? », Canadian Journal of Zoology, 30 nov. 2007, vol. 85, n° 11, pages 1.193-1.197, qui cite notamment : "En nous approchant des loups, nous n’avons fait aucune tentative pour nous dissimuler ou nous déplacer moins bruyamment. Lors de 34 tentatives de provocation, les loups ont quitté les lieux lorsque la personne s’était approchée d’entre 17 et 310 m. La FID moyenne était de 106 m.".
Même cependant en me basant sur cette dernière publication, il est trop délicat d'utiliser la moyenne de 106 m. fournie car son écart-type est résolument trop important (trop de dispersion des données).

Disposeriez-vous d'autres voies de recherche qui me permettrait d'affiner, et surtout de consolider, ce que pourrait être la "distance de fuite" d'un loup ?

Il s'agit pour moi d'investiguer sur la thèse de la réduction de celle-ci chez le loup gris, il y a des dizaines de milliers d'années, qui l'a conduit à peu à peu se "transformer" en chien, ou du moins former ce que l'on considère désormais comme l'un de ses sous-espèces (Canis lupus familiaris).

Avec tous mes remerciements par avance,
bien courtoisement vôtre.

Laurent Meltzer

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 22/11/2018 à 16:10

Bonjour,

L'article que vous avez consulté, At what distance do wolves move away from an approaching human ? de J. Karlsson, M. Eriksson, O. Liberg, semble vraiment être le plus précis sur cette question de la distance de fuite du loup devant l'humain :

" La gestion d’animaux controversés, comme les grands carnivores, dans les paysages à utilisations multiples dépend énormément de la tolérance des humains. Chez les humains, la crainte des loups (Canis lupus L., 1758) est connue pour être une variable importante dans les attitudes humaines envers les loups. Une gestion réussie des loups oblige ainsi les gestionnaires à tenir compte de la crainte humaine des loups. Dans notre étude, nous évaluons la distance à laquelle les loups munis de colliers radio commencent à s’éloigner d’un humain qui s’approche — soit la distance d’initiation de la fuite (FID); nous évaluons aussi comment la FID est affectée par la vitesse et la direction du vent. Nous avons utilisé des récepteurs VHF silencieux et nous nous sommes approchés à un pas normal de loups munis de colliers radio. En nous approchant des loups, nous n’avons fait aucune tentative pour nous dissimuler ou nous déplacer moins bruyamment. Lors de 34 tentatives de provocation, les loups ont quitté les lieux lorsque la personne s’était approchée d’entre 17 et 310 m. La FID moyenne était de 106 m. Il y a une corrélation négative entre la FID et la vitesse du vent. Une heure après avoir été dérangés par l’approche d’un humain, les loups s’étaient déplacés d’une distance médiane de 1,2 km. "

Nous vous invitons à consulter les références citées au bas de cette publication.

En complément, quelques articles qui pourront vous intéresser, notamment le premier :

- Minor habituation to repeated experimental approaches in Scandinavian wolves / H. K. WamEmail authorK. EldegardO. Hjeljord - European Journal of Wildlife Research - October 2014, Volume 60, Issue 5, pp 839–842 - Format pdf
Large carnivores may become dangerous if they habituate to humans. We repeatedly approached wild wolves Canis lupus throughout a year to test their individual response to human encounters (N = 141 trials). None of the at least 25 wolves present during the study visually or vocally exposed themselves. The wolves fled at a mean distance of 248 ± SE 11 m (range, 35–488 m). Their tolerance was most strongly influenced by the presence of site-dependent pups, while the distance at which they were initially alerted was most strongly influenced by detectability of human (wind and noise). The mean alert distance was 324 ± 19 m in the first and 264 ± 17 m in subsequent within-day trials, while tolerance distances showed no such trend, neither within a day nor throughout the year. The study indicates a high level of individual plasticity, making habituation difficult to predict.


- Flight Initiation Distance and Starting Distance: Biological Effect or Mathematical Artefact? / François Dumont, Cristian Pasquaretta, Denis J.F. Réale, Giuseppe Bogliani
In many studies, flight initiation distance (FID, the distance at which a prey starts to flee at the approach of a walker) is positively related to start-ing distance (SD, the distance at which the walker begins to approach) and alert distance (AD, the distance at which the focal individual becomes alert to the threat). In spite of the fundamental differences between SD, a covariate that may not have any biological effect, and AD, a measure related to the behaviour of the animal, it is common to use SD as a proxy for AD when AD is hard to measure (e.g. in species that do not exhibit distinguishable alert postures). However, the relationship between SD and AD or FID may not have any biological reasons, but may instead simply result from a mathematical artefact because of the constraints SD AD FID. Under such constrains, the homoscedasticity assumption is violated, and thus, the classical null hypothesis of linear regression (slope=0) is invalid. In this study, we first show that using SD as a proxy for AD can strongly affect the results on FID. Using data from FID tests on alpine marmots (Marmota marmota), a linear mixed model with AD as a covariate, suggested that the interaction between previous activity and AD had an effect on FID, while this effect was not detected when SD replaced AD as the covariate in the analysis. We then propose that the actual statistical test of the relationship between SD, AD and FID should be based on a null hypothesis that incorporates the constraint SD AD FID 0 and generate 95% CI of simulated slopes obtained from random values under this constraint. This null hypothesis can be rejected if the observed slope of the relationship between two of these variables is outside the 95% CI. We demonstrated that, for alpine marmots, the observed slope of the relationship between AD and SD was within the 95% CI of the simulated slopes. The absence of a statistically significant biological effect in the relationship between SD and AD raises important questions on the outcome of relationship between SD and FID. In Alpine marmot flight, decision should be studied separating the effect of SD on AD and the effect of AD on FID.

- Toward understanding dog evolutionary and domestication history = Histoire de la domestication du chien / Francis Galibert, Pascale Quignon, Christophe Hitte, Catherine André
Le chien est de loin la première espèce à avoir été domestiquée. Cette domestication a eu lieu de façon probablement inconsciente au Paléolithique supérieur (∼35,000 BP) par des populations humaines vivant en contact plus ou moins rapproché avec des loups. Par référence à l’effort de domestication dont les premières traces apparaissent aux alentours de 14.000 ans avant notre ère, cette première période est qualifiée de proto-domestication. Les sélections d’individus ayant des traits particuliers se sont amplifiées au cours des millénaires et plus particulièrement depuis le Moyen Âge. De nos jours, la population canine, très abondante dans toutes les sociétés humaines, est fragmentée en de très nombreuses races fortement individualisées par leurs phénotypes très caractéristiques. Les analyses moléculaires d’abord réalisées sur l’ADN mitochondrial, puis sur l’ADN génomique ont permis de retracer l’origine de la domestication au Moyen-Orient. Ces mêmes analyses permettent actuellement de rechercher des signatures génétiques qui permettront de retracer l’histoire complexe des races et l’impact moléculaire de la domestication.

Nous avons contacté le International wolf center pour savoir si d'autres études plus récentes ont été menées sur la question.
Nous vous tiendrons informé de leur réponse dès qu'elle nous parviendra.

Bonne journée.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 29/11/2018 à 09:31

Bonjour,

Voici la réponse apportée par le fondateur du Centre international du loup, Dr. L. David Mech, que nous remercions :

" I am sorry, but I know of no other article or research about wolf flight distance.
I can say anecdotally, however, that much variation can be expected based on type of habitats, history of the specific wolf population (hunted vs not hunted, etc.) "

Nous traduisons :

" Je suis désolé mais je ne connais pas d'autre article de recherche sur la distance de fuite du loup.
Je précise en passant, cependant, que de nombreuses variations peuvent être observées selon le type d'habitat, l'histoire des populations de loups concernées (chassées, non-chassées, etc.)."

Bonne journée.
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