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histoire

par Mag Cointe, le 21/10/2018 à 19:48 - 156 visites

Quels noms étaient donnés avant la révolution de 1789 aux territoires dépendant des structures ou autorités suivantes :
-fiscalité,
-clergé,
-armée,
-justice,
- et noblesse évidemment.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 23/10/2018 à 16:55

Bonjour,

Si nous comprenons bien votre question, vous recherchez les noms donnés aux différents types de provinces (ecclésiastiques, judiciaires, etc.) sous l’ancien régime.

La page Wikipedia consacrée aux territoires du royaume de France répond de manière assez complète à votre question :

Provinces ecclésiastiques : des cités aux diocèses

Les métropoles sont les territoires sous la juridiction d'un archevêque métropolitain, appelées aussi provinces parce qu'elles sont issues des provinces romaines dont les premiers évêques ont assuré l'administration lors de la chute de l'Empire romain.
Elles sont constituées des diocèses qui ont, selon le même processus, succédé aux anciennes civitas ou cités gauloises romanisées, et qui en ont presque toujours conservé le nom d'un ancien peuple gaulois, donné aussi au chef-lieu du diocèse. Les diocèses étaient composés des paroisses, ensembles d'habitants pouvant s'assembler dans une même église, dont les noms et les limites ont été conservées dans les 36 000 communes françaises.
Les circonscriptions ecclésiastiques, en raison de leur statut de main-morte, sont les plus anciennes circonscriptions territoriales et les plus stables, depuis l'Antiquité tardive jusqu'à la refonte générale de 1802. Ces quelque 130 circonscriptions subsistent actuellement regroupées dans les 90 départements et dans leurs chefs-lieux, bien que leurs ethnonymes aient été remplacés par des noms de géographie physique : fleuves, rivières, montagnes, côtes.

Provinces judiciaires : les parlements, les bailliages et sénéchaussées

En fonction de leur droit et de leurs coutumes, de leurs langues, le territoire de la couronne se divise d'une part en pays de droit écrit (situés grosso modo au sud d'une ligne la Rochelle-Genève) et d'autre part en pays de droit coutumier (au nord de cette même ligne). Chacune de ces parties comprend plusieurs parlements dont les ressorts sont autant de provinces judiciaires et auxquels ressortissent toutes les juridictions royales, c'est-à-dire des circonscriptions judiciaires, bailliages et sénéchaussées. Chacune d'elle peut avoir dans sa circonscription plusieurs territoires ayant des coutumes particulières et qu'on appelle pays. Il s'agit en général, d'anciens vici ayant conservé des usages locaux. Ainsi, la sénéchaussée de Quercy est-elle subdivisée en cinq bailliages secondaires, correspondant à cinq anciennes vigueries.

Provinces fiscales : pays d'États, élections, généralités et intendances

Quelques auteurs tentent d'assimiler le concept de province à celui de généralité. Sans doute les concepts coïncident-ils occasionnellement lorsque, précisément, l'étendue d'une généralité recoupe peu ou prou celui d'une entité territoriale plus ancienne. Mais on ne saurait y voir synonymie : personne n'utilisera le terme de « province » pour désigner la généralité d'Auch ou la généralité de Soissons.

Provinces militaires : des grands fiefs aux 36 gouvernements

Ce sont les fiefs dépendant directement de la couronne (duchés, comtés et marches) et qui lui doivent une aide militaire.
En plus du duché de France qui est devenu le domaine royal, les six premiers grands fiefs ont le titre de pairie :
• les trois duchés d'Aquitaine ou Guyenne, de Bourgogne, de Normandie,
• les trois comtés de Toulouse, de Flandre et de Champagne (vers 1212).
Leurs titulaires sont considérés comme les électeurs du roi de France, avec les six autres pairs ecclésiastiques :
• les trois évêques-ducs de Reims, de Laon, de Langres,
• les trois évêques-comtes de Beauvais, de Châlons et de Noyon (d'origine mérovingienne).
Le nombre des grands fiefs varie avec l'histoire (héritages, confiscations, conquêtes, pertes, traités) et augmente avec le rattachement définitif des comté de Provence, duché d'Anjou, duché de Bourgogne, duché de Bretagne, duché de Lorraine, etc. Certaines de ces provinces sont le simple retour à la couronne d'un ancien fief comme le duché de Bourgogne dont le frère d'Hugues Capet avait été titulaire. D'autres sont de véritables acquisitions comme le duché de Savoie, la Corse, le Comtat-Vénessin ou le comté de Nice qui relevaient de l'Empire ou du Saint-Siège.
Contrairement aux provinces ecclésiastiques, leur étendue varie au cours de l'histoire en fonction des possessions de leur titulaires, ou de remaniements politiques. Ainsi, le duché de Gascogne disparaît au XIIe siècle ; le duché de Normandie est divisé en deux gouvernements militaires.
Les « trente-six gouvernements » correspondent à l'époque moderne aux provinces dont dépendent tous les fiefs et arrière-fiefs qui sont autant de circonscriptions territoriales pour la défense et la maréchaussée, la levée des hommes d'armes, la construction des places, des arsenaux et des châteaux, les juges d'armes, et donc aussi toutes les questions de noblesse, d'armoriaux, etc.
À la fin de l'Ancien Régime, sans compter les territoires d'outre-mer comme les Îles françaises d'Amérique, Pondichéry, l'Île Maurice ou la Nouvelle-France, il existe trente-six régions dotées d'un gouverneur chargé de la défense et appelées gouvernements. Chacune d'elle avait sa propre noblesse.
Ces trente-six gouvernements correspondent, avec les régions rattachées à la France depuis 1791, à ce qu'on appelle aujourd'hui les « anciennes provinces de France ».


Quant à la noblesse, elle ne constitue pas une catégorie distincte des autorités nommées ci-dessus : selon la carrière choisie ses membres exercent une fonction administrative, ecclésiastique, ou militaire. L’exercice de certaines charges permet d’ailleurs aux roturiers d’accéder à la noblesse :

« La noblesse est définie par les juristes comme le second ordre de la Nation. Cette définition cache une réalité très complexe et un groupe social difficile à cerner. Ni la particule ni les titres (sauf ceux d’écuyer et de chevalier, les autres étant attachés à une terre et non à un homme), ni les armoiries (dont tout un chacun peut se gratifier après 1696) ne suffisent pour déterminer la noblesse. Celle-ci se veut d’abord race particulière, dépositaire de qualités : la générosité, l’honneur, le courage qui l’opposent à la roture et qui se transmettent de génération en génération : la noblesse est héréditaire ; elle se transmet par les hommes (sauf exceptions coutumières ; en Champagne par exemple). Tantôt cette noblesse remonte loin dans le passé, elle est « immémoriale ». Tantôt, plus récente, elle est « acquise ». […]
L’anoblissement se fait de deux façons : par lettres patentes ou par l’exercice de certaines charges. L’anoblissement par lettres est en principe une récompense ; en fait, il est rarement gratuit ; lorsque ses difficultés financières se font plus lourdes, le roi n’hésite pas à vendre, cher, des lots de lettres de noblesse (ainsi Louis XIV, mais moins sans doute qu’on ne l’a dit) ; ce mode d’anoblissement reste cependant assez rare. Beaucoup plus important est l’anoblissement par charges. Certaines charges de gouvernement, de justice et de finance procurent immédiatement la noblesse héréditaire à leur titulaire (grands officiers de la couronne, conseillers d’Etat, maîtres des requêtes). D’autres doivent être exercées pendant un certain temps et par deux générations au moins avant d’anoblir définitivement (conseillers des cours souveraines, trésoriers de France). L’office de secrétaire du roi, dont le prix ne cesse de monter et qui confère la noblesse héréditaire au premier degré, reste la plus importante des « savonnettes à vilains » ; elle fabrique, selon P. Goubert, « une bonne partie de la noblesse d’Ancien Régime ». Les charges municipales confèrent parfois la noblesse, à Paris par exemple ou à Toulouse : on parle alors de noblesse de cloche. Les charges militaires n’anoblissent pas avant 1750 ; Louis XV anoblit alors les officiers roturiers décorés de l’ordre de Saint-Louis et ayant derrière eux de longues années de service ; mais cette noblesse militaire reste très peu nombreuse. En pratique, l’anoblissement suppose toujours la possession d’une belle fortune, car il coûte cher.
[…] Les « Grands » et la noblesse de cour disposent généralement de ressources abondantes provenant de biens fonciers étendus, de lucratives charges de cour, de pensions royales et des émoluments attachés à l’exercice de certaines fonctions (administratives, ecclésiastiques, militaires). La noblesse « provinciale » est plus diversifiée : riches parlementaires aux abondants revenus fonciers et immobiliers, gentilshommes aisés dont les ressources proviennent de quelques seigneuries et du service temporaire du roi, petits nobles plus ou moins ruinés, cachant leur médiocrité derrière les murs croulants du manoir ancestral. »
Source : Lexique historique de la France d’Ancien Régime, Guy Cabourdin, Georges Viard


Bonne journée.
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