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CHANOINES ET PRELATS.

par LUDOVICUS, le 26/09/2018 à 10:20 - 449 visites

Bonjour,
Quel est le mode de désignation habituel ,pour la nomination -que je pense plutôt honorifique- des chanoines et surtout des prélats de SS, dans la religion catholique ?
Qui les nomme, sur proposition de qui, et dans quelles conditions ? Cela leur donne t il des avantages, attributions et fonctions nouvelles et particulières ?
Est t il possible enfin, d'en trouver et connaitre la liste,sur internet ou dans des ouvrages , un peu comme pour les évêques , en France ,en particulier ? merci.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 29/09/2018 à 10:25

Bonjour,

Le glossaire édité par le Conseil des évêques de France en ligne vous donne les définitions suivantes :
- chanoine

- prélature

- prélature nullius

- prélature personnelle

Pour ce qui concerne les chanoines, c’est dans le Précis de Droit canonique, que nous trouvons la définition la plus claire : «Les chapitres des chanoines trouvent leur origine dans les groupes chargés d’assurer le culte solennel dans les églises. Ces clercs, dont la vie a vite été organisée selon une règle (…) menaient une vie commune. (…). Outre une part prépondérante dans l’élection de l’évêque diocésain, les chanoines des chapitres cathédraux devinrent les conseillers de l’évêque dont ils formèrent (…) le sénat. Ils devaient être consultés dans les affaires revêtant une certaine importance pour le diocèse et devaient donner leur consentement dans une série de cas. De plus, lorsqu’il y avait vacance du siège épiscopal, il leur revint de diriger le diocèse (…). »
Avec le Code de 1983 « Désormais il revient aux chapitres d’accomplir les fonctions liturgiques les plus solennelles dans l’église cathédrale ou les églises collégiales. (…) il reste donc un conseil auquel l’évêque peut s’adresser, soit d’une manière ponctuelle, soit d’une manière habituelle et organisée par le droit, si cela lui paraissait nécessaire. » p. 159-160

Si dans le code de 1917 la question des chanoines est bien développée, celui de 1983 est assez succinct. L’article Chanoine de l’encyclopédie Catholicisme : hier, aujourd'hui, demain édité en 1954 c'est-à-dire avant cette version du code de Droit canonique détaille les différents types de chanoines. On y apprend notamment que les chanoines honoraires ne sont pas à confondre avec les chanoines d’honneur, et qu’il existe en outre des chanoines héréditaires ou laïques, c’est le cas notamment des chefs d’état français à la basilique de Saint-Jean de Latran à Rome. (p. 910, tome 2) : «C’étaient des laïques, souvent des princes, auxquels certaines églises conféraient le titre de chanoine comme une marque d’honneur (ad honores) ; de là on les appela parfois « honoraires ». Parfois c’étaient les princes eux-mêmes qui, ayant fondé ou doté des églises, se réservaient le droit d’être inscrits au nombre des chanoines de ces églises. (…) Les rois de France étaient chanoines de plusieurs églises du royaume (Tours, Poitiers, Le Mans, Auch, Lyon, St Jean de Maurienne, Angers, Châlons, St Quentin etc.). Ils étaient aussi, en vertu d’une fondation faite par Louis XI (1492) et renouvelée par Henri IV, chanoines de St Jean du Latran. La fondation, confisquée en 1791, fut rétablie par Charles X, interrompue en 1830, restaurée par Napoléon III (1863) jusqu’en 1871. »

Sur cette question lire aussi cet article.


En consultant l’article Prélature de l’encyclopédie Catholicisme : hier, aujourd'hui, demain on apprend que par le motu proprio Pontificalis domus, art. 8, Paul VI en 1968 réduisit les titres honorifiques à trois : les protonotaires apostoliques numéraires et surnuméraires, les prélats d’honneur de sa sainteté et les chapelains de sa sainteté.( I titoli onorifici ecclesiastici saranno compresi, d'ora innanzi, nelle sole tre categorie di Protonotari Apostolici (di numero e soprannumerari), Prelati d'onore di sua Santità, e Cappellani di Sua Santità. Tutte le altre categorie sono abolite.).

« Le code de 1983 ne parle plus des prélats honoris causa. C’est donc un domaine qui relève du droit particulier de la Curie romaine. (…) [prélat] le terme n’a pas de sens général comme dans l’ancien code. Il désigne une charge particulière. Le sens tend donc à devenir plus fonctionnel et technique. »

On distingue :
- la prélature territoriale (anciennement prélature « nullius » c’est-à-dire rattachée à aucun diocèse) définie comme « une portion déterminée du Peuple de Dieu, territorialement circonscrite et confiée à un prélat », qui dans les faits est souvent un évêque mais n’est pas un évêque diocésain. Cette prélature doit être organisée comme un diocèse et le prélat a tous les droits et devoirs de l’évêque diocésain. « En dehors des prélatures territoriales existant aujourd’hui pour des raisons historiques, on érige celles-ci d’abord en raison de circonstances particulières ( can. 370 ), en général l’impossibilité ou l’inopportunité d’ériger un nouveau diocèse. » L’exercice de la charge de prélat est juridiquement soumis aux canons concernant l’évêque diocésain. Le prélat est ainsi nommé par le pape.

Les évêques sont nommés par le pape sur proposition des évêques d’une même province. Les listes sont transmises à Rome par le nonce apostolique, l’équivalent d’un ambassadeur.
En France toutefois, l’Alsace étant sous régime concordataire, les évêques de Strasbourg et Metz sont nommés par le Président de la République. Mais dans les faits, c’est Rome qui choisit l’élu parmi trois candidats, et le président français en officialise l’investiture.

- la prélature personnelle, institution nouvelle créée par Vatican II, apparaît dans les décrets concernant le ministère et la vie des prêtres « pour répondre à des besoins apostoliques particuliers » c’est-à-dire pour des oeuvres pastorales ou missionnaires auprès de groupes sociaux ou églises défavorisés. Ces prélatures personnelles relèvent de la compétence du Saint-Siège et sont dotées de statuts établis par lui. Le prélat à sa tête n’a pas nécessairement reçu l’ordination presbytérale mais il est « ordinaire » des membres de la prélature, c'est-à-dire qu’il a le pouvoir de juridiction. Elle peut former des prêtres et des diacres dans ses propres séminaires.


L’article Prélat, Prélature de l’encyclopédie catholique Théo précise :
« Dans l’Eglise catholique, le prélat (du latin praelatus, placé en avant) est un haut dignitaire.
Au sens strict du droit canon, c’est tout membre du clergé dépositaire d’un pouvoir d’ordinaire (pouvoir exercé de manière publique vis-à-vis d’une communauté de fidèles : évêque d’un diocèse, préfet apostolique, prélat territorial etc.).
Au sens coutumier, la prélature est une dignité conférée soit à des prêtres exerçant une fonction effective auprès du pape, soit à d’autres prêtres, beaucoup plus nombreux, agrégés de manière purement honorifique à cette « famille pontificale » (« protonotaires apostoliques surnuméraires », « prélats d’honneur de Sa Sainteté », « chapelains de Sa Sainteté »). Bien que n’étant pas évêques, ces prélats ont le droit à l’appellation « Monseigneur » et celui de porter certains éléments des vêtements épiscopaux. On parle souvent à Rome des « Monsignori », nombreux dans le personnel ecclésiastique du Saint Siège.
»


Les informations relatives à l’organisation de l’Eglise catholique, aux nominations, aux statistiques sont rassemblées dans l’Annuaire pontifical.


Par ailleurs, le Précis de Droit canonique , déjà cité, vous fournira tous les éléments complémentaires pour comprendre les arcanes de cette institution.


Bonnes lectures !
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