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Simple question...

par Carrotesgeantes, le 12/09/2018 à 17:25 - 466 visites

Bonjour,

Je me posais une question toute simple en faisant le récapitulatif de tous les journaux télévisés et autres informations.

Tout le temps, nous sommes abreuvés d'informations négatives sur le climat, sur la politique, sur le pouvoir, sur les substances négatives telles que les cigarettes, le plastique, etc... La liste pourraient être longue. Pourquoi donc l'homme a t-il ce besoin de pourrir la seule planète habitable à des millions de kilomètres à la ronde ? C'est aussi insensé que de baser toute une société sur des rapports financiers qui la rend esclave de pièces et de papiers. Les injustices politiques foisonnent et cependant le citoyen vote par dépit pour des gens qu'ils ne connaissent pas.

Du coup, je me demandais :Pourquoi l'Homme "sait" ce qu'il lui faut pour mener une vie simple, saine, en cohésion avec les autres et la nature et qu'il fait totalement l'inverse ?

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 14/09/2018 à 11:04

Bonjour,

Vous nous demandez pourquoi l'homme prend souvent des décisions qui vont à l'encontre de ce qui serait bon pour lui et son environnement. Pourquoi s'applique-t-il à scier la branche sur laquelle il est assis ? Quelles sont ses "motivations" ?
Nous pouvons tenter d'apporter quelques éléments de réponse en nous tournant vers la philosophie et vers la psychologie.

Pour les philosophes, l’être humain a des besoins physiologiques (boire, manger, dormir, …) qui lui sont nécessaires à sa conservation. Le problème est que se greffent, sur ces besoins, des désirs. Par exemple, le besoin de se nourrir pour assouvir sa faim naturelle peut se métamorphoser en gourmandise au risque d’y perdre sa santé.
L’homme est gouverné par ses désirs que la raison et la volonté ne suffisent pas toujours à contrôler. Ils s’imposent à lui comme une force naturelle qui l'emporte.
En résumé, l'homme guidé par l'assouvissement de ses désirs ne réfléchit qu'à son plaisir immédiat sans penser aux conséquences de ses actes qui pourraient être néfastes sur le long terme.
L’hubris ou hybris, notion grecque qui peut se traduire par la démesure, est le danger que présente tout désir non maîtrisé ; c'est un sentiment violent inspiré par la passion et par l’orgueil. L’homme qui commet l’hybris est coupable de vouloir plus que la part qui lui est attribuée par le destin : il veut en général égaler un dieu. Elle était considérée comme un crime durant la période de la Grèce antique.
Epicure explique qu’en réussissant à distinguer le désir vain du vrai besoin, l’homme peut atteindre la paix de l’âme qu’il appelle « ataxarie ».
Les stoïciens ont fait de la lutte contre les passions l’exercice moral essentiel, ou ascèse.

Pour approfondir le sujet :
- « L'aliénation comme dépossession des besoins vitaux. Entretien avec Stéphane Haber » / Mouvements, 2008/2 (n° 54), p. 41-53.
- « Excitante hybris » / Potamianou Anna, Revue française de psychanalyse, 2005/1 (Vol. 69), p. 169-186.
- « Peut-on être maître de ses désirs ? » / cafephilosophia
- Le désir
- Désir et besoin / Robert Misrahi
- La conscience : l'inconscient, le désir, les passions / Jean-Paul Ferrand

Restons positifs ! Un psychologue norvégien, Per Espen Stoknes, affirme que l'homme peut changer de comportement car les principales barrières sont dans notre tête. D'après lui, des solutions pour nous sortir du déni et changer enfin nos comportements existent. Son discours aborde le sujet de l'environnement que vous mentionniez dans votre question. Quelques extraits d'un article de Vincent Lucchese Notre « lassitude de l'apocalypse » nous empêche-t-elle de sauver le climat ? présentant une conférence Ted Talk donnée en 2017 :

" Pour le psychologue norvégien, « le plus gros obstacle à la lutte contre les perturbations climatiques se trouve entre nos deux oreilles ». Autrement dit, dans la tête. « Compilant un corpus croissant de psychologie et de sciences sociales, j’ai passé des années à étudier les cinq défenses internes qui empêchent les gens d’agir », raconte Per Espen Stoknes. [...]
Per Espen Stoknes détaille ces 5 barrières mentales que nous érigeons entre nous, la prise de conscience du danger et le passage à l'action.
La première d’entre elles est la « distance » : le danger est trop loin géographiquement (pauvres ours polaires) et temporellement (le coup de chaud sera pour nos petits-enfants). « Cela semble extérieur à mon cercle d’influence, donc je me sens impuissant », résume-t-il. La deuxième barrière est la « lassitude de l’apocalypse » proprement dite. Les gens seraient lassés, effrayés et paralysés par trente ans de communication alarmiste et de « collapse porn ».
Viennent ensuite les barrières de la « dissonance cognitive » et du « déni », qui nous évitent de nous confronter à notre responsabilité, notre culpabilité et nos peurs. C'est la fameuse formule : « Je pollue mais mon voisin a une plus grosse voiture que moi », ou encore : « À quoi bon changer de régime alimentaire si je suis le seul à le faire ? ». Enfin, il y a le cinquième et ultime obstacle, que Per Espen Stoknes appelle « l’identité », peut-être le plus résistant de tous : lorsque nos valeurs politiques et morales sont heurtées de plein fouet par le besoin de changement. Une vision du monde impliquant de grosses voitures et un petit gouvernement aura du mal à accepter le besoin climatique de rouler en petites voitures et de renforcer l’action gouvernementale. « Les valeurs mangent les faits, et mon identité trompe la vérité tous les jours », dit le psychologue (« identity trumps truth », l’expression a une autre saveur en anglais dans le texte).
Heureusement, contre les « 5 D » (Distance, Doom, Dissonance, Denial, iDentity), le docteur Stoknes propose 5 solutions pour réveiller les gens, les « 5 S » : Social, Supportive, Simple, Signal et Story. "
Nous vous laissons poursuivre la lecture de cette article en ligne.

D'autres avanceront des arguments primaires comme l'égoïsme, l'individualisme, le matérialisme, la recherche du profit à tout prix, du pouvoir... guidant l'homme pour son plaisir personnel et immédiat. Nous vous laissons consulter ces documents pour aller plus loin dans cette réflexion ;
- Pourquoi l’individualisme, peu adapté à la survie de l’espèce, est à la hausse / Cyrille Frank - Media Culture - 26 juillet 2014
- L’individu est un mythe, l’individualisme l’effet pervers de ce mythe
- L'humanité disparaîtra, bon débarras ! / Yves Paccalet

Bonne journée.
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