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Hallucinations collectives

par Zozolat, le 28/08/2018 à 14:04 - 502 visites

Bonjour,

Y a-t-il eu des cas avérés d'hallucinations collectives ?

Merci beaucoup !

PS : j'apprends des tas de choses sur ce site... je viens de découvrir l'effet allassonique grâce à vous. L'explication d'un phénomène quotidien étonnant et pourtant parfaitement explicable !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 30/08/2018 à 09:42

Bonjour,

Nous vous remercions de votre enthousiasme et vous prions de croire que nous aussi apprenons beaucoup de choses en tâchant de répondre à vos questions !

En l’occurrence, nous avons déjà été interrogés sur les hallucinations collectives. Voici la réponse qu’avaient apportée il y a quelques années nos collègues du Département Civilisation :

D’abord une définition très générale du terme hallucination:
Sensation ou perception sans support matériel, vécue comme une réalité donnée par les sens.

Trouver une explication précise au phénomène d’hallucination collective d’un point de vue psychologique ne va pas de soi.

"Mécanismes et signification de l’hallucination
Le phénomène hallucinatoire, compte tenu de ses modalités très diverses : registre sensoriel, qualité de l’image sensorielle hallucinée (indice de sensorialité, netteté, précision), contenu, situation par rapport aux corps (espace extra ou intra-corporel) degré de conscience, degré d’adhésion, état affectif etc…ne saurait avoir une explication univoque. Pour le saisir dans ses multiples aspects , il faut faire référence aux niveaux d’organisation qui peuvent intervenir préférentiellement, indépendamment ou parallèlement : organisation neurologique, impliquant les récepteurs périphériques et l’intégration perceptive au niveau de système nerveux central ; organisation psychologique, impliquant non plus des mécanismes d’intégration mais un sens , une signification en rapport avec la dynamique du désir ; enfin organisation sociale et culturelle, qui, dans certaines conditions, oriente et facilite les phénomènes hallucinatoires individuels et collectifs ( exemple : la crise de possession ritualisée).
[…]
L’organisation sociale et les modèles culturels interviennent aussi dans le processus hallucinatoire : a) soit dans des rituels qui réactualisent les mythes fondateurs et organisateurs de l’existence du groupe ; les phénomènes hallucinatoires collectifs sont alors considérés comme normaux dans les conditions où ils sont vécus. Chez les Lébous et les Wolofs du Sénégal, les possessions, surviennent au cours de cérémonies collectives, rythmées par les tambours qui jouent le « chant » propre aux grands « tuur » (produit de l’alliance entre l’esprit, possesseur de la terre et l’ancêtre fondateur). Plusieurs participants ou témoins sont brutalement possédés pas l’esprit, dont ils perçoivent la présence dans leurs corps ; b ) soit au cours de phénomènes reconnus comme significatifs d’un désordre (l’esprit en possédant le corps ou en se réactualisant , rappelle l’individu à la règle) ; c) soit au cours d’états reconnus comme pathologiques par le groupe, c'est-à-dire comme phénomènes psychotiques".
Source : Dictionnaire de psychologie

Les phénomènes d’hallucination collective dont vous parlez peuvent aussi relever de ce qu’on appelle la psychologie des foules
"Foule
Ensemble d’individus réunis en nombre important en un même lieu et susceptibles d’actions de groupe (par exemple lynchage) que la plupart du temps ils n’accompliraient pas seuls. C’est pour rendre compte de la spécificité de ces actions que G. Le Bon a proposé la notion de foule psychologique (1895). Il s’intéresse aux transformations que subit l’individu dans le phénomène de la foule (contagion mentale, suggestibilité, régression des acquisitions individuelles au profit du « patrimoine inconscient de la race »), sans répondre à la question de savoir ce qui transforme les individus en foule. C’est à cette question que s’attachera Freud dans son essai Psychologie collective et analyse du moi (1921 ; trad.fr. dans les Essais de Psychanalyse) tout en critiquant Le Bon : « une foule primaire se présente comme une réunion d’individus ayant tous remplacé leur idéal du moi par le même objet, ce qui a eu pour conséquence l’identification de leur propre moi ». Ce sont donc les meneurs qui identifient les foules primaires (celles qui ne sont pas organisées)..."
Source : Les Notions philosophiques

En ce qui concerne les cas « avérés » d’hallucinations collectives, il y en a effectivement quelques exemples célèbres. On peut citer l’affaire dite du “pain maudit” : dans la nuit du 24 au 25 août 1951, la petite ville de Pont-Saint-Esprit, dans le Gard, a vécu des scènes de folie collective extrêmement violentes, dues à une intoxication à l’ergot de seigle, le principe actif du LSD – dans ce cas, l’hallucination est liée à un empoisonnement.
Source : lemonde.fr

Dans L’ouvrage Ethno-psychiatrie, Henri Ellenberger cite divers exemples d’hallucinations collectives.

« ce soir-là, le soleil resplendissait ; l’air échauffé vibrait à l’horizon. C’est précisément de ce côté-là que les courants marins charriaient une masse de grands arbres (et non seulement « quelques branches »), arrachés sans doute aux forêts de la côte par l’ouragan. Le matelot de vigie apercevant sous un éclairage intense des objets dont il ne distinguait pas la nature, cria : « Navire désemparé en vue ! », et ce fut le point de départ de l’hallucination collective. Les matelots, les officiers, l’amiral lui-même crurent voir le navire en détresse et embarcations chargées d’hommes …. »
(…)
Un autre exemple classique d’hallucination collective est celui des « Anges de Mons » :
Lorsqu’en août 1914, les troupes anglaises battaient en retraite en Belgique, depuis la région de Mons, les soldats virent de longues files de cavaliers mystérieux armés d’arcs et de flèches, qui pendant de longues heures les accompagnaient dans le ciel …»
(…)
Un autre type d’hallucinations collectives est celui dans lequel les visions, aperçues initialement par une ou deux personnes, se répètent devant un nombre chaque fois croissant de spectateurs, lesquels individuellement en donnent des versions divergentes qui finissent par s’unifier dans un récit légendaire commun ou même par créer une légende durable.
Un exemple est celui des prétendues apparitions de la Vierge en Dordogne en 1889, que Marillier (1891-1892) alla étudier sur place. Une fillette de 11 ans, Marie Magontier, raconta que la Vierge était apparue, dans un lieu désert, entourée d’une lumière céleste. Une deuxième fillette, Marguerite carreau, raconta ensuite qu’elle avait eu la même vision, puis ce fut le tour d’une troisième Marie Gourvat. .. »

Nous vous laissons poursuivre la lecture et découvrir d’autres exemples d’hallucinations collectives, notamment en parcourant l’ouvrage Paniques collectives (Les) de Louis Crocq (2013).
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