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Existe t-il un Dieu des enfants ?

par PBS, le 17/08/2018 à 21:13 - 574 visites

Bonjour,

Mon fils de 5 ans me demande s'il existe dans la mythologie un Dieu des enfants ?

d'avance merci de votre retour !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 20/08/2018 à 16:11

Bonjour,

Les mythologies du monde présentent une telle diversité qu’il nous est impossible de prétendre à l’exhaustivité. Nous nous sommes donc particulièrement penchés sur les mythologies grecque, romaine et égyptienne, sans doute celles qui nous sont le plus familières.

Première constatation : dans aucun de ces systèmes religieux, il n’existe UN dieu des enfants. On a souvent l’image d’un panthéon bien délimité peuplé d’un nombre précis de personnages glorieux aux attributions bien précises (Zeus/Jupiter régnant sur la foudre, Aphrodite/Vénus sur la beauté, Arès/Mars sur la guerre…). En fait, les peuples de la Méditerranée antique vivaient dans un monde rempli de petits dieux affectés aux différents aspects de la vie quotidienne, régnant sur la maison, dont la plupart étaient moins des personnages que des personnifications d’entités abstraites.

L’historien de Claude Valentin a publié en 2008 dans la Revue d’éthique et de théologie morale un article intitulé « Être enfant dans la Grèce antique » que nous vous invitons à lire sur cairn.info.

« Plusieurs divinités se partagent le domaine de la naissance de l’enfant. C’est Eilithyia, déesse des femmes enceintes, que l’on prie pour que l’enfant soit normal et que longue vie lui soit donnée, ou encore Lochia, déesse de l’enfantement, mais surtout Artémis qui assure la croissance des hommes et des femmes. Des offrandes sont offertes aux dieux lors des rites accompagnant la naissance, telle la fête des Amphilodromies, célébrée cinq jours après l’enfantement, qui assure l’intronisation de l’enfant dans la vie sociale et constitue la véritable naissance. Ce cérémonial signifie que l’enfant a été reconnu viable par les femmes et que le père a accepté de le garder. L’enfant est installé au cœur de la maison, dans l’espace d’Hestia, le foyer »

Ce ne sont donc pas une, mais plusieurs divinités qui veillent sur la petite enfance. Plus tard, lorsqu'il faudra former l'enfant à devenir un citoyen, ce sont plutôt les héros qui seront donnés en exemple :

« Cette éducation était tournée vers l’idéal éthique que réunissait le héros grec, homme beau, bon et vertueux. Cet intérêt donné à l’éducation ne préjuge en rien d’une singularité reconnue à l’enfant.[...]Le héros des récits homériques sert d’exemple. Achille est le « meilleur des Achéens », Ulysse, le héros modèle aux « mille ruses », Hector le demi-dieu dont la mort sera glorieuse. »

Ce qui ne veut pas dire qu’aucune divinité n’y prend part :

« La musique, qui est à l’âme ce que l’éducation physique est au corps pour Platon, est le domaine des Muses qui président la pensée dans toutes ses formes. Prélude à la vie sociale, la musique permet aussi l’épanouissement de la tempérance, à l’image de Périclès qui excellait dans cet art, et sert de support à la poésie. »

D’après les sources que nous avons consultées, la situation des petits Romains est différente. Les enfants participent aux rites religieux de la maison, honorant les mêmes dieux domestiques que leurs parents (certaines tâches leur sont spécifiques du fait de leur pureté supposée, comme offrir une partie du repas aux dieux du foyer). S’il est un dieu, terrible, qui règne sur eux, c’est leur père. Cependant, l a procréation, la grossesse et l’arrivée du nourrisson sont vouées une véritable armée de divinités, nommées indigitamenta :

« Parmi les divinités qui veillent au moment de la naissance, Antevorta, Prorsa et Postvorta se préoccupent de la position de l’enfant in utero, Lucinda assiste la délivrance, Opis recueille l’enfant quand il est posé à terre, Vaticanus patronne son premier cri, Levana le moment où il est soulevé de terre par la sage-femme[…] »

(Source : Le sourire d'Omphale [Livre] : maternité et petite enfance dans l'Antiquité / Véronique Dasen)

Ces listes de noms connaissent des variantes : c’est dire si, à une époque où la mortalité infantile est énorme, il faut d’assistants divins pour mettre des enfants au monde…

En Egypte également, le nourrisson a droit à ses divinités :

« Si l’ensemble des divinités du panthéon égyptien peut exercer, en théorie, un droit de regard sur la vie ou la mort de chaque individu, Chaï, Meskhenet, Reneoutet et Reret ont une prérogative plus forte qui leur permet, dès la naissance de l’enfant, de décider de sa destinée ».

Le dieu Chaï, « dont le nom signifie « Celui qui détermine » », est la personnification du destin. Il est présent à la naissance et à la mort. La déesse Meskhenet est invoquée pendant ou juste après l’accouchement. Reneoutet et Reret sont des nourrices divines – et c’est généralement cette dernière qui est invoquée, pendant toute l’enfance, pour protéger les petits du mauvais œil. Déesse-hippopotame, elle n’hésite pas à charger les mauvais esprits qui s’attaquent à ceux dont elle a la garde.

(Source : Maternité et petite enfance en Égypte ancienne [Livre] / Amandine Marshall ; préface de Salima Ikram)

Bonne journée.
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