Le Guichet du Savoir - Consulter le sujet - établissements hospitaliers

Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > établissements hospitaliers

établissements hospitaliers

par frereyves, le 19/07/2018 à 17:00 - 198 visites

Bonjour!
Auriez-vous l'obligeance de m'éclairer sur la question des établissements hospitaliers des siècles passés.

Maxime: "C'est l'hôpital qui se moque de la Charité"

On trouve dans les grandes villes d'autrefois plusieurs types d'établissements hospitaliers: La Charité, Hôpital, Hôtel-Dieu.

Pourriez-vous m'indiquer la différence entre ces institutions, concernant leur situation géographique, les origines de leur fondation, leurs objectifs, leur administration, les personnes accueillies, les personnels soignants?

Un très grand merci! Au revoir!


Réponse attendue le 24/07/2018 - 17:00

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 23/07/2018 à 10:19

Réponse de la Documentation régionale

A propos de la maxime : « C’est l’hôpital qui se moque de la Charité », vous pourriez consulter cette réponse: origine proverbe, ainsi que celle-ci : choisir entre la peste et le choléra.

L’Hôpital de la Charité est né en 1534 sous le nom d’Aumône générale, elle finit ses jours en 1934, à l’âge de 400 ans !
Dans Histoire de l’hôpital de la Charité de Lyon / par Croze, Colly, Carle, Trillat, Deleage, éd. 1934, consultable à la BM, on peut lire notamment, dans l’avant-propos d’Emile Delore :
(…) Si l’Hôtel-Dieu accueillait les malades, la Charité recevait les pauvres de toutes catégories ayant besoin temporairement de soins, comme les mendiants, les femmes et les filles en couches, ou sollicitant le bénéfice d’une longue hospitalisation, comme les enfants abandonnés, les vieillards des deux sexes et les incurables.
De 1534 à 1622, l’Aumône générale est donc une sorte de centre de bienfaisance, dont les premiers donateurs portent le nom de Brocquin, Tourvéon, Laurencin, Jean Sala, Sève… etc. Il faut mentionner tout spécialement Cléberger, surnommé le bon Allemand, qui obtint, en 1544, la faveur d’assister aux sénances du bureau « à cause de ses dons et bienfaits ».
L’œuvre s’organise à la Chanal, à Sainte-Catherine des Terreaux, à Saint-Laurent des Vignes. Les malheureux affluent de toutes parts. Sans cesse la caisse est vide. Les recteurs, à l’exemple de ceux du Grand-Hôtel-Dieu, sollicitent des dons et des aumônes. Le consulat accorde des droits d’octroi, le produit des gabelles, des amendes et diverses taxes. Le succès est tel que l’Aumône générale ayant débuté avec 396 livres, 2 sols et 7 deniers, peut acheter en 1614 le tènement de la Charité. Le P. Martel-Ange, Jésuite, établit le plan des bâtiments inaugurés successivement en 1622, 1629 et 1636. La chapelle fut terminée en 1626. En même temps, poussé par l’exemple, l’Hôtel-Dieu construisait, entre 1623 et 1631, le petit dôme et les salles des quatre rangs qui remplaçaient avantageusement l’hôpital ouvert en 1480. Enfin on éleva la chapelle de 1637 à 1645.
Par la succession de ces dates, il est facile de suivre la rivalité des deux maisons, l’hôpital voulant toujours, et cela jusqu’à la Révolution, faire mieux et plus grandiose que l’hospice.
(…..) Avec le début du règne de Louis XV, les jours de splendeur vont revenir. On n’est plus dans l’obligation de vivre au jour le jour au moyen d’expédients, comme les trois fameuses loteries de 1699 et de 1700, d’emprunter à des taux usuraires, ou en échange de rentes viagères, comme le fait la municipalité. D’ailleurs, l’établissement est propriétaire de nombreux immeubles dans l’intérieur de la ville. Il possède au dehors des terres et des domaines importants, le tout très habilement géré. Cela permet de pourvoir aux besoins d’une population considérable et spécialement des 2.000 personnes logées à l’Hospice de la Charité, nouvelle désignation du claustral depuis 1725. On peut même se livrer de 1741 à 1745, à quelques dépenses somptuaires, telles que l’embellissement de la chapelle, l’acquisition du couvent de Sainte-Elisabeth, futur hôpital Desgenettes, telles aussi que la construction de la salle des archives et de la salle du conseil. Les boiseries de ces deux salles sont, comme on le sait de véritables chefs-d’œuvre et vont être conservées dans le futur musée des Hospices, ainsi que tous les objets présentant un caractère artistique ou historique.
L’Hôtel-Dieu veut faire mieux encore. Il entreprend à la même époque sa façade monumentale sur le Rhône, avec le grand dôme Soufflot, qui ne sera terminé qu’en 1764.
Dès ce moment, la rivalité ne s’exercera plus que sur le terrain de la bienfaisance jusqu’à la réunion, en 1797, des deux maisons sous une même administration.

A propos de l’histoire de l’Hôtel-Dieu, vous pourriez consulter l’ouvrage :
Histoire du Grand-Hôtel-Dieu de Lyon, des origines à l’année 1900, éd. Audin, 1924
A lire aussi les chapitres : « Hôpitaux anciens », « Charité », « Hôtel-Dieu » du Dictionnaire historique de Lyon
Extraits de la rubrique Hôtel-Dieu :
(…) Historiquement parlant, les origines de l’Hôtel-Dieu remontent aux années 1184-1185 et sont contemporaines de la construction d’un pont en bois sur le Rhône, afin de relier la ville à la route Lyon-Vienne (Isère), arrivant à la Guillotière, alors en terre dauphinoise. Les membres de la confrérie du Saint-Esprit, qui possède une aumônerie au bord du fleuve, sans doute près d’un port doté d’un bac, destinée à accueillir et réconforter les voyageurs ainsi que les pèlerins, confient les travaux aux frères pontifes, spécialistes qui édifièrent également le fameux pont d’Avignon. Ceux-ci, selon leurs habituels principes, construisent, à la descente du pont, côté ville, un modeste petit hôpital d’une douzaine de lits, baptisé hôpital du Pont-du-Rhône ou hôpital du Pont-Saint-Esprit, et situé à l’actuel emplacement de la chapelle de l’Hôtel-Dieu. (…)
L’hôpital est l’objet de divers agrandissements très mal connu et passe successivement entre les mains de plusieurs ordres religieux : en 1308, l’archevêque Pierre de Savoie ( ?-1332) retire la gestion de l’établissement aux frères pontifes et la confie aux cisterciens de l’abbaye de Hautecombe (Savoie). Pas pour longtemps : en 1314, ceux-ci la cèdent aux moines de l’abbaye de Chassagne, dans la Dombes, qui, la trouvant trop coûteuse, la remettent en 1334 entre les mains des échevins lyonnais, lesquels finissent par prendre totalement en charge l’hôpital du Pont-du-Rhône et rachètent les bâtiments en 1478 – certaines sources donnent 1473, d’autres 1486 - , les restaurant et les agrandissant… avec l’argent retiré de la vente du vieil hôpital de Childebert.
Dès 1454, pour soigner les malades pauvres qui vont « de vie à trépassement par faute de visitation et remèdes de médecin », les échevins ont embauché un premier médecin, Martin Conras (actif au 15e siècle), qui doit visiter les malades. Il est limogé quatre ans plus tard, accusé à la fois de malversations, de négligence dans son service et d’abandon de poste lors d’une épidémie.
Au début du 16e siècle, l’institution prend le titre officiel d’Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié. Après de nouveaux travaux effectués entre 1478 et 1480, l’établissement comprend désormais un grand bâtiment rectangulaire d’un seul étage avec grenier, bien représenté sur le grand plan scénographique de 1550. Cent quatre-vingts malades peuvent être reçus à trois par lit, dans deux sections, l’une destinée aux hommes et l’autre dévolue aux femmes. (…)
Un échevin nommé recteur – Symphorien Champier le sera longtemps – assure l’administration. Le personnel est d’abord constitué de « filles repenties », puis d’une vingtaine de religieuses dirigées par une mère supérieure. En novembre 1532, François Rabelais est nommé médecin de l’Hôtel-Dieu et perd son poste deux ans plus tard… pour absentéisme trop prononcé. En 1552, la charge échoit à Jacques Daléchamps, par ailleurs botaniste réputé. En 1583, la gestion de l’établissement passe entre les mains de recteurs désignés par cooptation, postes vite recherchés par la riche bourgeoisie marchande, attendu qu’ils débouchent sur l’échevinage, qui confère la noblesse à ses titulaires. (…………)

Nous vous invitons à poursuivre la lecture de ces chapitres du Dictionnaire historique de Lyon, l’ouvrage est empruntable ou consultable à la BM.

A consulter également :

- Les Hospices civils de Lyon : histoire de leurs hôpitaux / Alain Bouchet, René Mornex et Danielle Gimenez, éd. 2002

- Hôpitaux de Lyon : 15 siècles de médecine, éd. Le Progrès, 2011

- L’Hôtel-Dieu : centre hospitalier régional et universitaire, éd. Hospices civils de Lyon, 1976

- Lyon et la médecine à Lyon : 43 avant J.-C. – 1958, éd. Revue lyonnaise de médecine, 1958

- La médecine à Lyon : des origines à nos jours, ed. Hervas, 1987

- Histoire chronologique de l’Hôpital général et grand Hôtel-Dieu de Lyon / par Et. Dagier, éd. 1830

- Médecins et hôpitaux de Lyon pendant la Révolution / G. Despierres, P. Mounier-Kuhn, éd. 1986
  • 0 vote

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact