Poser une question

Des bibliothécaires vous répondent en 72h maximum.

je pose ma question

Chercher une réponse

recherche multi-critères

Comment ça marche

Quelles questions ?
Qui répond ?
Dans quel délai ? tout savoir

Accueil > Simulation

Simulation

par djinn illiberis, le 15/06/2018 à 17:05 - 634 visites

Bonjour
Comment être sûr que l'on ne vit pas dans une simulation informatique ?
Merci

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 18/06/2018 à 11:04

Bonjour,

Vivons-nous dans la Matrice ? Sommes-nous de simples personnages de jeu virtuel qui s’agitent tels des sims dans leur petite existence régie par un code informatique ?

Elon Musk estime que les chances que nous vivions dans un monde « réel » sont de une sur plusieurs milliards… et qu’il est donc « probable » que nous vivions dans une simulation.

Et il n’est pas le seul partisan de cette hypothèse :

« Neil deGrasse Tyson […] estime à une chance sur deux la probabilité que notre existence ne soit en fait qu’un programme sur un disque dur. « Je pense que la probabilité est très élevée », explique-t-il. Pour étayer son propos, il pointe du doigt l’énorme écart entre l’intelligence humaine et celle des chimpanzés, bien que nous partagions plus de 98 % de notre ADN. Quelque part, il pourrait y avoir des êtres dont l’intelligence serait bien supérieure à la nôtre. « À côté d’eux, nous passerions pour de profonds imbéciles » souligne-t-il. « Et si c’est le cas, il m’est facile d’imaginer que toutes nos vies ont été créées par des entités supérieures pour leur divertissement. »

Un des arguments populaires en faveur de l’hypothèse de la simulation informatique a été avancé en 2003 par Nick Bostrum, philosophe à l’Université d’Oxford. Il a suggéré qu’une civilisation avancée et disposant d’une énorme puissance de calcul pourrait avoir décidé de faire revivre ses ancêtres par des simulations. Ils auraient probablement la capacité de lancer plusieurs de ces simulations, au point qu’une grande majorité des consciences qui existent seraient en fait des consciences artificielles au sein de ces simulations. Dès lors, de simples statistiques suggèrent qu’il est bien plus probable que nous fassions partie de ces consciences simulées.

Il existe d’autres raisons de penser que nous sommes virtuels. Par exemple, plus nous en apprenons sur l’univers, plus il semble basé sur des lois mathématiques. Ce n’est peut-être pas un fait, mais plutôt une fonctionnalité de l’univers dans lequel nous vivons. « Si j’étais un personnage de jeu vidéo, je finirais bien par découvrir que les règles qui régissent mon monde sont complètement rigides et mathématiques » explique Max Tegmark, cosmologiste à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT). « Ce n’est que le reflet du code informatique dans lequel il est écrit. »

Par ailleurs, des idées issues de la théorie de l’information ne cessent de faire leur apparition en physique. « Au cours de mes recherches sur les quarks, les électrons et la supersymétrie, j’ai découvert un phénomène très étrange », explique James Gates, physicien à l’Université du Maryland. « Je suis tombé sur des codes correcteurs d’erreurs – similaires à ceux qui permettent aux navigateurs web d’afficher correctement des informations. Pourquoi se sont-ils retrouvés dans mes équations ? Cela m’a amené à prendre conscience que je ne pouvais plus considérer des gens comme Max Tegmark comme simplement fous. » »
Source : pourlascience.fr


Comment prouver que notre univers est réel, et non une simulation ? Si les scientifiques envisagent des pistes permettant de vérifier l’hypothèse de la simulation, il serait en revanche beaucoup plus difficile de prouver que nous vivons dans la réalité :

« certains chercheurs pensent pouvoir prouver expérimentalement que nous vivons dans une sorte de grand jeu vidéo. Une de leurs idées repose sur le fait que les programmeurs auraient pu utiliser des astuces pour rendre la simulation plus facile. Selon Zohreh Davoudi, physicien au MIT : « si cette simulation de l’univers dépend de ressources informatiques limitées, comme c’est le cas pour nos simulations, les lois de physiques doivent s’étendre sur un ensemble fini de points dans un volume fini. Dans ce cas, nous pourrions remonter en arrière pour regarder si on trouve un indice qui trahirait que tout a commencé dans un espace-temps discret ». Cette preuve pourrait prendre la forme, par exemple, d’une distribution anormale de l’énergie des rayons cosmiques qui frappent la Terre et qui suggèrerait que l’espace-temps n’est pas continu, mais formé de points discrets. « C’est le genre de preuve qui me convaincrait en tant que physicien », explique James Gates. Cependant, prouver le contraire – c’est-à-dire que l’univers est bien réel – serait plus dur. Pour David Chalmers, professeur de philosophie à l’Université de New York, « on ne peut pas prouver que nous ne sommes pas dans une simulation, parce que n’importe quelle preuve pourrait elle-même être simulée. » »
Source : pourlascience.fr

Ce qui n’empêche pas certains physiciens de tenter de démontrer qu’une telle simulation est impossible :

« Leur démonstration fait appel à des connaissances pointues de physique théorique ; néanmoins, sa conclusion est relativement accessible pour le commun des mortels. Ils estiment en effet qu’il est impossible de concevoir un simulateur capable de reproduire tout ce que les êtres humains savent déjà sur les systèmes quantiques.

Pour rappel, la théorie quantique traite « du comportement des objets physiques au niveau microscopique. » L’essor de cette discipline est directement lié aux limites rencontrées par la physique classique, qui ne parvient pas à rendre compte du fait que de nombreux phénomènes ne sont pas continus, mais quantifiés.

« Nous croyons habituellement que tous les systèmes quantiques ne peuvent pas être simulés efficacement en utilisant des ressources informatiques classiques », font observer les scientifiques. En effet, un ordinateur quantique (ou calculateur quantique) est capable de résoudre les mêmes problèmes qu’un ordinateur classique, mais la réciproque n’est pas admise comme vraie.

Or, selon Zohar Ringel et Dmitry L. Kovrizin, la complexité de certaines interactions quantiques s’intensifie si rapidement que le système n’est plus à la portée de n’importe quel calculateur, peu importe si celui-ci est classique ou quantique. Une simulation qui irait jusqu’à modéliser des éléments à un niveau quantique ne peut le faire que pour un nombre limité d’objets.

C’est pourquoi les chercheurs en concluent qu’il n’est pas possible de construire une simulation suffisamment grande et puissante pour créer notre univers. Cela suffira-t-il pour autant à mettre fin au débat de savoir si nous vivons ou non dans une matrice ? Probablement pas — il y a fort à parier que d’autres scientifiques sont déjà en train de chercher à démontrer la thèse exactement inverse. »
Source : numerama.com


En conclusion ? Tant que nous n’avons pas de preuve du contraire, nous ne pouvons pas être certains que notre monde est la réalité, et non une simulation… et si cette idée vertigineuse vous cause des crises d’insomnies, vous pourrez toujours en profiter pour vous replonger dans quelques classiques :

- Matrix
- Dark City
- The Truman show



Bonne journée.
  • 1 vote

Rester connecté

guichetdusavoir.org sur Twitter

s'abonner aux flux RSS

Les astuces du Guichet du Savoir

Comment trouver des infos sur


un artiste et ses œuvres
des films et des réalisateurs
une pièce de théâtre
des articles de presse
le logement
des livres jeunesse
des revues scientifiques
le droit d'auteur
mentions légales - contact