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Théorie du buisson

par dlyon, le 20/05/2018 à 20:07 - 174 visites

Bonsoir,

Je cherche à savoir qui a inventé la Théorie du Buisson, et quand ? (et si cette théorie est étudiée à l'école)

Merci.

Réponse attendue le 24/05/2018 - 20:07

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 24/05/2018 à 12:09

Bonjour,

Par « théorie du buisson », nous supposons que vous entendez l’histoire de l’humanité qui n’est pas linéaire mais a vu se côtoyer de multiples espèces, dont une seule a survécu jusqu’à aujourd’hui :

« L'histoire de l'homme a constamment été remodelée, au gré des découvertes. Un exemple : la mise au jour en 2015 d'outils vieux de 3,3 millions d'années, alors qu'on attribuait jusque là l'invention de l'outil à Homo habilis, dont les plus vieux représentants n'ont que 2,4 millions d'années. Dans ce numéro, La Recherche fait le point sur ce que l'on sait de nos ancêtres.

L'humanité se construit. Toumaï, Orrorin, Ardi, Lucy... nous n'avons pas un, mais plusieurs ancêtres. C'est ce que nous apprennent les nombreuses découvertes réalisées depuis une trentaine d'années. Notre histoire débute très tôt, il y a 7 millions d'années, au Tchad. Elle ne se construit pas en ligne droite, comme on le croyait, mais en un buisson dont chaque branche est une espèce aujourd'hui disparue. Ces ancêtres, tous différents, ont cependant un point commun : ils expérimentent la bipédie, en continuant par ailleurs à grimper aux arbres. Et, une découverte de 2015 l'atteste, il y a 3,3 millions d'années, c'est-à-dire aussi beaucoup plus tôt qu'on ne le pensait, ces préhumains taillaient déjà leurs premiers outils. »
Source : L'odyssée de l'homme : Le scénario de nos origines se précise, La Recherche Hors-série dossier n°17 daté mars - avril 2016

Le terme de « buisson » pour désigner ce schéma évolutif aurait été employé par Yves Coppens dès 1991.
(source : Michel Rasse, « Lucy in the sky »… ou penser l’espace en millions d’années, Cybergeo : European Journal of Geography, Political, Cultural and Cognitive Geography, document 464, Online since 29 June 2009)

Dès 1989 Colin P. Groves attribue la paternité du terme « bush » (buisson en anglais) à Gould (1976) dans A Theory of Human and Primate Evolution : « human evolution best represented as a bush rather than a ladder in the words of Gould (1976) ».


On peut étendre cette image du buisson à la représentation de l’arbre phylogénétique de l’ensemble du vivant sous forme de sphère.

Cette représentation actuelle s’oppose aux autres formes d’arbres qui étaient représentées pendant les cent ans qui ont suivi Darwin parce qu’elle n’opère pas de hiérarchie entre les espèces et n’attribue pas une place privilégiée à l’homme. Vous trouverez des explications plus détaillées sur le site de l’Ens : Comment et pourquoi représenter l'arbre phylogénétique du vivant ? La réponse du Musée des Confluences de Lyon :

« Depuis Lamarck puis Darwin, l'idée que les êtres vivant actuels descendent d'ancêtres ayant vécu des millions d'années auparavant (ancêtres différents des êtres actuels, et ayant plusieurs types de descendants...) a fait son chemin. Cette idée se traduit, entre autres, par des "arbres", que l'on appelle maintenant « arbres du vivant », ou plus souvent « arbres phylogénétiques ». Représenter un tel arbre commençant au Last Universal Common Ancestor (LUCA = Dernier Ancêtre Commun Universel, à ne pas confondre avec le premier être à avoir été "vivant" sur Terre) n'est pas facile. Comme on ne peut pas représenter les millions d'espèces actuelles, les dizaines de millions d'espèces disparues, comme on est loin de connaître tous les liens de parentés entre ces espèces, comme on connaît très mal la chronologie absolue des bifurcations des branches de l'arbre, on en est réduit à faire des choix suivant ce sur quoi on veut insister. Et dans un dessin ou une sculpture, il faut définir ce que signifient les axes [2 axes seulement (x et y) dans le cas d'un schéma à deux dimensions, alors qu'on voudrait pouvoir représenter et relier plus que deux critères]. Un arbre (au sens botanique du terme) peut avoir plusieurs ports : le port en « sapin de Noël » », en pin parasol , en boule comme un buis taillé... Choisir une forme ou un mode de représentation pour un arbre phylogénétique implique une prise de position où l'on privilégie tel ou tel intérêt ou aspect du problème.

La tendance actuelle a introduit l'arbre sphérique, ou en cercle quand on n'a que deux dimensions disponibles. Le centre de l'arbre correspond à LUCA, avec parfois une petite tige pré-LUCA représentant les êtres (dont on ne sait rien) qui ont précédé LUCA. Depuis LUCA, la vie se divise en 3 branches principales aux innombrables rameaux. Toutes les espèces actuelles correspondent à la terminaison des rameaux dont l'ensemble forme une sphère (un cercle dans le cas d'un dessin à deux dimensions). Cette représentation a un avantage : sur une sphère, aucun point de la surface n'est distinguable d'un autre et tous sont égaux. Il n'y a alors aucune hiérarchie entre espèces, mais seulement des différences, et l'Homme ( Homo sapiens ) n'est "supérieur" à aucune autre espèce, Tuber melanosporum par exemple, puisque les deux vivent de nos jours. Tuber melanosporum est "inférieure" à l'Homme en nombre de gènes, ou en mobilité, mais "supérieure" en nombre de macromolécules aromatiques produites. En théorie, le temps devrait être représenté par la distance au centre de la sphère : plus une espèce est vieille, plus elle est proche du centre. C'est ce choix qu'a fait le Musée des Confluences de Lyon, et avec une représentation en trois dimensions.

La tendance opposée, rare de nos jours mais assez fréquente pendant les cent ans qui ont suivi Darwin, était de représenter un arbre en forme de sapin de Noël (épicéa). Il y a une hiérarchie dans un sapin de noël, avec le bourgeon apical qui "domine" les autres. Dans ces arbres phylogénétiques anciens, il y a une hiérarchie implicite, et qui n'est pas que chronologique. Tous les bourgeons de toutes les branches d'un épicéa sont contemporains du bourgeon apical, et poussent encore, ce qu'ignorent la majorité des gens (et des élèves) qui s'imaginent que les basses branches d'un sapin n'évoluent et ne grandissent plus. Inutile de préciser que dans de tels arbres, l'anthropocentrisme aidant, c'est Homo sapiens que représente le bourgeon apical.
Il existe d'autres variantes, comme la variante en pin parasol, où les espèces actuelles forment la cime plate du pin et où la hauteur dans l'arbre représente le temps. Tous les intermédiaires existent dans la bibliographie, et chacun choisi la forme de son arbre suivant les critères retenus et le message scientifique qu'il veut faire passer, ou, éventuellement, selon le message philosophique qui, consciemment ou inconsciemment, est contenu dans sa démarche. »


Pour aller plus loin :

- Aux origines de l'humanité, sous la dir. de Yves Coppens, Pascal Picq
- Le buisson du vivant : application permettant une navigation 3d dans l'ensemble de la classification des espèces.


Bonne journée.
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