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Accueil > révoltes des femmes ouvrières à Villeurbanne

révoltes des femmes ouvrières à Villeurbanne

par Caro18, le 14/05/2018 à 18:55 - 892 visites

Bonjour,
je suis à la recherche d'informations concernant des révoltes, revendications, grèves de femmes ouvrières dans des usines Villeurbannaises (notamment autour des teintureries de la Rize ) entre le XIXème et le XXème siècle.
Je vous remercie par avance pour votre réponse.
cordialement.
Caroline Boisson

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 17/05/2018 à 14:52

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,

Tout d’abord avant d’effectuer des recherches dans nos propres ressources, nous sommes allés voir du côté du Rize, centre-ressource de la mémoire de Villeurbanne, qui abrite les archives municipales de Villeurbanne et qui explore parmi 3 thèmes de recherche la culture ouvrière de la ville.
Aussi, le site du Rize met en ligne ces éléments d’informations intéressants pour votre recherche :
- Un article sur Le mouvement social et ouvrier à Villeurbanne : l’histoire des militantes
- Un article sur Les ouvriers à Villeurbanne, de 1850 à nos jours
- Le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, mouvement social de Jean Maitron
Est mentionnée la sous-série 10 M que vous pourriez aller consulter aux archives départementales du Rhône si vous souhaitez approfondir et compléter les informations que nous allons vous donner plus loin. Il s’agit du fonds comprenant les archives concernant le travail et la main-d’œuvre dans le Rhône de 1800-1940 avec une partie «Relations collectives : Mouvements sociaux Troubles ouvriers».

La responsable des Archives municipales que nous avons appelé au Rize, nous a indiqué l’article paru dans un récent numéro de Viva magazine, le bulletin municipal de Villeurbanne : «1936 : les grèves au féminin » / Viva le magazine de Villeurbanne, n°293, mars 2016, p.22-23. Vous pouvez le lire sur le site de Villeurbanne.
Les cahiers d’histoire sociale de l’Institut régional de la CGT Rhône-Alpes dépouillés dans la base des archives du Rize ne proposent pas de numéros consacrés à votre sujet de recherche, bien qu’abordant les grèves de 1870 et dressant le portait de femmes durant la Commune (n° 95, mars 2011).
Toutefois, au fil de nos lectures, nous avons identifié une militante CGT qui jouera dans les années 1930 un rôle important dans la région lyonnaise : Jeanne Chevenard. Vous pouvez lire sa biographie sur le Maitron en ligne.

Aussi, c’est finalement dans l’ouvrage de Philippe Videlier consacré à l’histoire industrielle de Villeurbanne, intitulé Usines, que nous avons trouvé le plus d’informations concernant les grèves menées par les ouvrières villeurbannaises surtout pour la période du XXe siècle.
Aussi, nous avons relevé par chapitres les passages qui vous apporteront le plus de réponses à votre sujet de recherche :
Citer:
Chapitre 7 : En grève
1912 : grève des ouvrières de la fabrique de chaussures Lepant (360 grévistes dont un tiers de femmes). Cette grève fut l’une des plus longues et des plus pénibles du début du XXe : elle dura 111 jours.
1901 : le 1er recensement du siècle faisait apparaitre nettement l’ordre des principaux employeurs de Villeurbanne : Gillet, puis Goiffon-Perrin, Villard, Vulliod, Bergier, Dognin, Bonnet-Marnas, Lepant, La Perle française, la Société lyonnaise de caoutchouc, Kiemlé, Arnaud, Ramboz, Lacourbat, Lacollonge, Seux & Charel, qui faisaient travailler tous les jours de la semaine sauf le dimanche et fêtes les teinturiers, apprêteurs, tullistes, tanneurs, mégisseurs, lustreurs de peaux, piqueuses de bottes, verriers, imprimeurs, caoutchoutiers, ouvrières en soie, manœuvres toutes catégories et les hommes de peine.
Sur les registres des usines, on peut lire quelques informations sur certaines ouvrières : "Jospéhine Gerboud, 40 ans, ouvrière en chaussures chez Lepant, vivait seule avec sa fille de 16 ans ouvrière chez Lepant ; Anastasie Vivaldi, italienne sans mari, ouvrière chez Villard".
On sait que les femmes figurent en grand nombre dans la main d’œuvre ouvrière et qu’elles étaient mal payées.

Citer:
Chapitre 11 : la ville rouge
Les années 1919 et 1920 furent particulièrement agitées suite aux tensions accumulées pendant la guerre. Des grèves par dizaine secouèrent l’agglomération. En mai-juin 1919, 1300 tullistes dont 52% de femmes cessaient le travail pendant 1 mois tandis que 3500 ouvriers et ouvrières de l’industrie de l’habillement du Grand Lyon menés par une femme nommée Jeanne Chevenard exigeaient la journée de 8 heures et la reconnaissance des délégués d’ateliers. En juillet, 700 moulineuses et dévideuses de 60 établissements arrêtaient le travail pour améliorer leur salaire, etc… et pour finir l’année 1919, 3 000 tisseuses et dévideuses de 160 entreprises du Grand Lyon déclarèrent la grève. Le 23 février 1920, 8000 employés de la confection (95% de femmes) se mettaient en grève. La fièvre s’était emparée du monde ouvrier. L’adhésion au communisme de la municipalité de Villeurbanne et de son maire (Jules Grandclément) conféra à ce mouvement ouvrier une dimension encore plus forte.

Citer:
Chapitre 17 : Front populaire
Le 12 février 1933 le travail cesse dans les usines ; le parti socialiste appelle à manifester dans un contexte de crise économique. En 1936, l’usine Gillet fut le théâtre d’une grève qui dura plus de 2 mois avec un syndicat puissant constitué de 2 000 membres. Dans la plupart des usines, le mouvement se repend. Dans certaines, la majorité des grévistes sont des femmes, décidées à résister jusqu’au bout et à maintenir l’occupation. La nuit les femmes pas mariées, qui n’avaient pas d’enfants restaient coucher à l’usine.
Le 14 juin 1936, 10 000 manifestants défilaient à Villeurbanne pour fêter la victoire et le Front populaire. Au 17 juin, on en était à 30 000 grévistes dans l’agglomération. Le Parti communiste a l’été avait le vent en poupe.

Citer:
Chapitre 24 : La guerre froide
En 1954, les chiffres de la population ouvrière était les suivants : 1/3 des ouvriers étaient des femmes. Elles constituaient près de 40% des salariés ordinaires. Dans son ensemble, Villeurbanne comprenait 53% de femmes. L’industrie textile reculait cédant la place à la métallurgie. De nouvelles et d’anciennes entreprises : Delle, Gallet & Cie, Le Fil Dynamo, Gerflex et Lacollonge, Boccard, Boissier, Bally, AMTEC, Landis-Gendron, PIV, etc. Dans ses branches industrielles traditionnelles, la ville avait perdu 4500 emplois entre 1968 et 1975. Des pétitions d’ouvriers et d’ouvrières étaient lancées pour tenter d’éviter les licenciements liés aux restructurations des usines. Villeurbanne perd peu à peu ses ouvriers contraient à s’installer dans des banlieues pendant que la ville s’urbanise.

Citer:
Chapitre 28 : Mai 68
Le mouvement étudiant commença sur le campus de la DOUA le 6 mai et la grève ouvrière chez Richard-Continental le 17 mai. Comme des dominos, une usine entraina l’autre. Par dizaines, les sections syndicales naissaient. Le 11 juin, les ouvriers de Richard-Continental rentraient à l’usine. La décrue s’amorçait. Au 20 juin , Fibre & Mica arrêtait la grève.
Fin des années 1960 s’amorçait la fermeture de nombreuses usines dans le textile, la métallurgie, le caoutchouc etc. En 1970, 4300 établissements employés encore 44 000 ouvriers.

Citer:
Chapitre 29 : le chant du cygne
Début des années 1970, le féminisme était dans l’air et conquérait les esprits. Le groupe Femmes de Villeurbanne plaça une de leurs militantes à la tête de la liste des Gauchistes, longtemps après les suffragettes, le vœu de 1912 pour l’accession des femmes aux fonctions électives, les conseillères privées de 1935, le droit de vote et l’élection régulière de conseillères municipales de 1945.
Dans les périodes de crise économique, les femmes sont les premières licenciées. Toutes les femmes ne soutenaient pas les féministes. Les femmes d’Obsession qui occupèrent leur entreprise 17 mois apportaient leur caution à la liste communiste.

Citer:
Chapitre 30 : On ferme
Le monde ouvrier livra ses dernières batailles en une longue agonie. En octobre 1996, l’usine Bayard de Villeurbanne ferma ses portes. Devant les grilles de l’usine, les femmes procédèrent à un lâcher de ballons.


Nous vous conseillons également la lecture du chapitre 2 « La lutte collective et l’apprentissage d’une identité » du Tome 2 de l’ouvrage d’Yves Lequin : Les ouvriers de la région lyonnaise : (1848-1914) .Tome 2 Les intérêts de classe et la République qui vous permettra d’appréhender sur la période entre 1848 et 1814, le mouvement de grèves de la région lyonnaise. Celles ci ne se distinguent pas de celles de la France entière. La grève devient pour la classe ouvrière un instrument de lutte quasi quotidien. A lire p. 95-104 : la physionomie générale des grèves (grèves offensives, grèves défensives, succès et échecs).

Enfin, une dernière piste bibliographique à explorer, consultable à la Bibliothèque municipale de Villeurbanne : Villeurbanne, mémoire d’un ville de l’industrie textile de 1880 à nos jours, mémoire de Master Aménagement de Marie Louise Rotival, Lyon 2, 1997.
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