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Curiosité architecturale de Santa Maria della Pieve à Arezzo

par Nidou, le 13/05/2018 à 11:42 - 324 visites

Bonjour,

Il y a à Arezzo en Toscane une église, Santa Maria della Pieve, dont le choeur donne sur la Grande Place. Ce choeur est décoré extérieurement d'élégantes colonnades. Or l'une des colonnes est sans raison pratique évidente coudée curieusement. Voici des photos de cette curiosité :

http://www.medioevo.org/artemedievale/I ... ezzo95.jpg

https://www.flickr.com/photos/28856270@ ... Sn6-6rBThh

https://commons.wikimedia.org/wiki/Sant ... ve_(Arezzo)?uselang=fr#/media/File:5972ArezzoPieveSMaria.JPG

Je souhaiterais savoir à quoi est due cette particularité architecturale. Merci beaucoup, et merci pour tout le travail que vous effectuez, qui est toujours passionnant.

Nidou

P.S. Il me semblait avoir déjà envoyé ma question, mais elle n'apparaît pas dans la liste de mes questions. J'ai eu des problèmes en essayant d'insérer des liens, et peut-être la question de ce fait n'est-elle pas passée.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_art, le 16/05/2018 à 14:06

Réponse du département Arts et Loisirs

Nous avons recherché dans plusieurs ouvrages une explication sur la forme originale de la colonne dont vous nous avez signalé l’existence. Il faut noter toutefois que les très nombreuses colonnettes de la façade (12+24+32) sont aussi toutes différentes.

Toscane, Ombrie, collection Le routard, 2016.
6 lignes de description de l’église, avec ces seules remarques sur l’architecture extérieure : « La façade est une interprétation très libre du style de Pise avec ses séries de colonnes superposées. Quant au campanile dit « aux cents trous » (il n’y en a que 40), il est devenu le symbole de la ville. »
Toscane, éd. Gallimard loisirs, 2017.
Seul le campanile est mentionné.
Toscane, éd. Lonely planet, 2014.
Rien sur le chevet.
Florence et la Toscane, collection Guides bleus, 2015.
Idem.
Eglises romanes de Toscane / Mario Salmi, 1961.
La description de l’église, à la page 35, parle des galeries superposées de la façade et du portail, mais pas du chevet
Toscane, Ombrie, collection Le guide vert, 2014.
Page 469 : « … Le palais du Tribunal (fin 17e s.) jouxte l’abside romane à arcades et petites loggias de l’église de Santa Maria della Pieve (remarquer la bizarre colonne « brisée »). »
Toscane. 01 : Arezzo, Cortone, Casentino, Sansepolcro / Damien Wigny.
Ce guide est de loin celui qui fournit le plus d’informations sur l’église : 12 pages, agrémentées d’une vingtaine d’illustrations couleurs, dont une photo pleine page du chevet. Voici le texte concernant le chevet :
« Ce que nous contemplons aujourd'hui, est en grande partie le résultat de la restauration du XIXe siècle. Une gravure nous permet de découvrir l'état du bâtiment avant les travaux. Les restaurateurs ont fait du zèle et ils ont voulu nous restituer une abside plus romane qu'elle ne l'a jamais été !
C'est probablement au XIIIe siècle que l'abside est dotée d'un élégant décor d'arcades aveugles, surmontées de deux galeries superposées, d'inspiration pisane. Mais au milieu de l'arrondi il y avait une grande baie que l'on a supprimée. De plus, au XIXe siècle, on a aussi détruit la chapelle gothique qui se dressait du côté gauche.
Dans la décoration apparaît un certain nombre de thèmes que nous retrouverons dans la crypte : visages humains stylisés, lions, boucs, aigles et décorations florales. Étonnante cette colonne « agenouillée », fantaisie de l’architecte. »
Toscane romane, éd. Zodiaque, 1982.
Un chapitre est consacré à l’édifice, p. 295-316, comportant un cahier de 8 planches. Sur le chevet, il est dit « Même le chevet est pour une grande partie l’œuvre d’une reconstruction effectuée pendant les restaurations intensives du siècle dernier. C’est probablement au XIIIe siècle qu’ont commencé les travaux de rénovation de ce chevet ; ils aboutirent à la transformation de l’édifice roman du XIIe siècle, dont l’abside fut dotée d’un élégant décor d’arcades aveugles surmontées de deux galeries superposées, selon une disposition clairement pisane d’inspiration. »

Nous avons également consulté la base de dépouillement de périodiques et autres documents spécialisés en art : BHA and RILA. A la requête Arezzo Pieve, on obtient 24 résultats, dont un serait à examiner : La pieve di S. Maria in Arezzo / Angelo Tafi, éd. Calosci, 1994.

Sur internet, on repère un site medioevo.org qui présente l’information suivante « La loggia inferiore è costituita da archi su colonnine dai capitelli scolpiti in maniera molto varia. Si noti la curiosa colonnina spezzata. », soit en traduction « La loggia inférieure se compose d'arcs sur des colonnes à chapiteaux sculptés de manière très variée. Remarquez la curieuse colonne brisée. » (Avec la photo de la colonne brisée). D’autres sites relèvent l’observation, Antichemura, et ilcomuneInforma.it, avec une explication du phénomène : « Fra queste chiese e luoghi di culto sono molti quelli che nascondono curiosità e leggende. Una di queste è una strana colonna “gobba” che si trova nell’abside della chiesa di Santa Maria della Pieve : si tratta di una colonna con una strana sporgenza rispetto alle altre che la circondano. Si dice che l’artista che la costruì volle farla deforme apposta, irritato perché, a lavoro quasi ultimato, i monaci non avrebbero voluto pagargli la somma stabilita… », soit « Parmi ces églises et lieux de culte, nombreux sont ceux qui cachent des curiosités et des légendes. L'une d'elles est une étrange colonne « bosse » qui se trouve dans l'abside de l'église de Santa Maria della Pieve : c'est une colonne avec une protubérance étrange en regard de celles qui l'entourent. On dit que l'artiste qui l'a construit a voulu la déformer volontairement, irrité car, au travail presque achevé, les moines n'auraient pas voulu lui payer la somme convenue ... ».
Sur un blog italien, on trouve une autre interprétation :
« Per una colonna è una contraddizione in termini : la colonna deve sorreggere, come può essere piegata…?
Eppure questa colonna, la quinta del secondo ordine della bellissima abside di S.Maria della piazza di Arezzo, è piegata, sembra avere un ginocchio, forse una gobba…
Naturalmente tante sono le storie e le leggende che ne sono nate. La più fantasiosa e divertente: le colonne sono tante quanti erano i monaci al momento della costruzione del colonnato, ma uno di loro era gobbo…
La più elegante e profonda:
“Alla fine dell’800 l’abside della chiesa è fatiscente, sulla sinistra (visto dal retro) c’era un Oratorio che andava a coprire le prime sei colonne, per la ristrutturazione vengono fatte una foto prima ed una dopo che rivela una colonna seduta che viene ripristinata così com’era, una interpretazione (fantasiosa) dice che esprime il male che è piegato dal bene.”
Insomma il male che è necessario al bene… In ogni caso una colonna che fa pensare.
»
On pourrait traduire ceci approximativement par :
« Pour une colonne, il y a une contradiction dans les mots : la colonne doit soutenir, comment peut-elle être pliée ?
Mais en fait, cette colonne, la cinquième du deuxième niveau de la très belle abside de Santa Maria sur la place d’Arezzo, est pliée, elle semble avoir un genou, peut-être une bosse…
Naturellement, il existe plein d’histoires et de légendes qui sont apparues. La plus fantaisiste et amusante : les colonnes sont aussi nombreuses que les moines l’étaient lors de la construction de la colonnade, mais l’un deux était bossu…
La plus élégante et sérieuse :
« A la fin du IXe siècle, l’abside était délabrée, sur la gauche (vue de dos) il y avait un oratoire qui recouvrait les six premières colonnes ; lors de la restructuration, une photo faite avant et après les travaux a révélé une colonne « assise » qui a été restituée telle qu’elle était, une interprétation symbolique qui montre le Mal vaincu par le Bien. »
En somme, le Mal est nécessaire à l’existence du Bien… En tout cas, une colonne qui fait réfléchir. »

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de vous adresser par mail directement à l’office du tourisme d’Arezzo : turismo@comune.arezzo.it.
Vous pouvez également repérer les bibliothèques qui possèdent des livres concernant cette église par l’intermédiaire des catalogues collectifs : le CCfr, catalogue collectif de France, qui donne 3 résultats, et WorldCat, catalogue mondial, apporte 96 résultats.
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