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Accueil > Renée Jolivot

Renée Jolivot

par Vinc, le 19/04/2018 à 15:41 - 739 visites

Bonjour,

Renée Jolivot est le nom d'une résidence pour personnes âgées de la ville de Lyon. Située dans le 8 ème.

elle fut résistante et déportée.

Avez vous des éléments sur sa biographie, ce qu'elle a fait, des éléments déterminants de sa vie.

Merci

Vincent Fuchs
Conseiller du Maire de Lyon

Réponse du Guichet du savoir

par gds_ctp, le 21/04/2018 à 11:41

Bonjour,

Renée Jolivot fut une de ces figures de l’ombre pour qui la discrétion était à la fois une question de survie et une condition d’efficacité – était-ce aussi un trait de son tempérament ? En tout cas, les renseignements la concertant sont rares.

Voici une biographie sommaire que vous avons trouvée dans Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours [Livre] : 2824 engagements / Bruno Permezel, consultable à la Bibliothèque de la Part-Dieu :

« JOLIVOT (Renée)
Célibataire.
B.C.R.A. [Bureau central de renseignements et d'action, service clandestin de la France libre, créé par le général de Gaulle]
Alias : LISETTE.
Née le 6/5/1913 à Givry (Saône-et-Loire).
Décédée le 8/6/1992 à Chapdes-Beaufort (Puy-de-Dôme).
Fille de Paul, préparateur de moteurs électriques.


Renée Jolivot est élève de Georgette Bédat-Gerbaud, professeur de piano. Elle est cheftaine de louveteaux des Eclaireurs de France.
L’opérateur radio Lug la recrute en octobre 1942, pour être agent de liaison du Service atterrissage-parachutage R1. Elle assure également la fonction de boîte à lettres, met son appartement (28, cours Vitton à Lyon) à disposition, comme dépôt d’armes et de matériel radio, et point de chute pour les agents parachutés, comme centre d’émission pour la radio clandestine.
Lorsque Georgette Bédat-Gerbaud se sent menacée par une dnonciation au cours de l’automne 1943, elle la remplace pour la transmission du courrier.
Le 23/6/1943, les Allemands découvrent pendant la perquisition de son appartement deux cartes d’identité vierges, pourvues de photos qui ne sont pas celles des occupants des lieux. Après interrogatoire par la Gestapo dans les locaux de l’Ecole de santé militaire, elle est internée à la prison de Montluc jusqu’en septembre 1943. A cette époque, elle est dirigée sur la prison de Fresnes (Val-de-Marne).
En détention au camp de transit de Compiègne-Royallieu (Oise) elle est déportée le 3/1/1944 au camp de Ravensbrück puis affectée au Kommando de Hanovre. Elle travaille pour la Continentale de caoutchouc synthétique. Dans les premiers jours du mois d’avril 1945, elle est déplacée à Bergen-Belsen.
Quelques jours plus tard, les Américains la libèrent. »
(p.355)

« En enfer », un témoignage écrit dès 1945 par Simonne Rohner, résistante déportée elle aussi à Ravensbrück, précise que Renée Jolivot se faisait également appeler « Isard », la décrit comme « boute-en-train, pleine de dynamisme », et raconte la libération du camp vécue en sa compagnie.
(Source : ea58.free.fr)

Le retour à Lyon semble avoir marqué les débuts de Renée Jolivot dans le journaliste, puisque les
Archives Départementales du Rhône signalent la présence d’un article de sa plume intitulé « Mes Prisons » daté du 26 juillet 1945, conservé au sein du Fonds de la Commission départementale d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale sous la cote 31 J B 59.
(Source :archives.rhone.fr)

C’est ainsi en tant que « journaliste au « Progrès » et grande résistante déportée à Ravensbrück » qu’elle apparaît brièvement dans Mémoires d’ajiste de Daniel Lambert, parainant la création d’un des premiers Plannings familiaux à Lyon au début des annes 1960.
(voir extrait sur books.google.fr)

C’est dire si l’esprit de résistance n’avait pas quitté Renée Jolivot entretemps – il s’exerçait maintenant dans la cause féministe et la revendication des femmes à la maîtrise de leur corps.

Elle put y exercer à nouveau ses compétences en matière d’action clandestine en réseau, à une époque où, il faut le rappeler, avortement et contraception était encore illégaux :


« C’est la débrouille, la gestion de l’illégalité pour aller chercher des contraceptifs (diaphragme, crèmes spermicides) qu’on ne trouve pas en France. À Grenoble, le planning avait monté une coopérative pour fabriquer des crèmes spermicides ; les militants et militantes nous disent qu’ils rapportaient des diaphragmes de Suisse... dans les roues de secours... On allait en chercher aussi en Angleterre. Et après, racontent des militants et militantes lyonnais, il fallait les « planquer » chez soi après les permanences pour éviter les perquisitions. N’oublions pas que la présidente du Planning à Lyon, Renée Jolivot, était une ancienne résistante, comme M. Fabre à Grenoble ; les réseaux de la guerre d’Algérie aussi sont réactivés. C’est une illégalité qui prend donc ses racines dans le passé récent mais préfigure les formes d’action futures, celles du MLAC par
exemple.
Ambiance d’époque : quand les militantes du Planning s’installent dans leur premier local, rue de Thou, et commencent à accueillir le public, elles racontent qu’on les appelait « les sorcières de la rue de Thou »... Le docteur Fabre, responsable du Planning de Grenoble, est accusé d’organiser
des « orgies »... »

(Source : Actes de la rencontre proposée le samedi 26 avril 2008 par la Bibliothèque municipale de Lyon bm-lyon.fr)

Voici les renseignements que nous avons pu réunir. Pour plus d’informations, nous vous suggérons de vous rapprocher du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation.

Bonne journée.
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