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langue d'oc

par petitfils de raoul, le 17/04/2018 à 11:19 - 273 visites

Cher guichet,
1)Peut-on vraiment affirmer que la langue d'oc est une langue plus riche et précise que le français sous prétexte qu'avec ses150 000 mots,elle en possède trois fois que le le français ? (les esquimaux ont 50 mots pour désigner la neige et leur langue n'est pas très riche)
2)A partir de quelle époque le Midi devient bilingue puis n'utilise couramment plus que le français ?
Merci.

Réponse du Guichet du savoir

par bml_litt, le 18/04/2018 à 12:00

Réponse du Département Langues et Littératures

Les critères d’évaluation de la «richesse» relative d’une langue (surtout une langue vivante) sont multiples et complexes et le nombre de mots qui constituent son lexique (à un moment donné) n’est pas un élément déterminant.

La langue d’oc ou occitan a une histoire et des ramifications particulièrement complexes dont on peut se faire une idée en consultant des sources telles que l’article de Wikipedia, particulièrement bien documenté, ou le Dictionnaire des langues, dont sont issus les éléments de résumé ci-dessous.

Rappelons qu’au moyen-âge (IXe-XIIIe s.), le français n’était en usage qu’en «France» et au nord de la Loire ; au sud était parlé et écrit le provençal ou occitan, et entre les deux le «franco-provençal». Le pouvoir royal se renforçant, le français («langue d’oïl», par rapport à la «langue d’oc» du sud), suite à l’édit de Villers-Cotterêts (1539), s’impose en six siècles.

L’occitan représente une fusion entre le latin populaire, les substrats présents sur son territoire (celtique, ibère, ligure, basque) et les superstrats germaniques. Il regroupe l’ensemble des parlers rassemblés sous la définition de gallo-roman méridional ou de langue d’oc. (…) Il doit son nom à la qualification que lui donne l’administration royale française dès le XIVe siècle (lingua occitana ou patria linguae occitanae, par opposition a lingua gallica qui désigne le français). L’occitan occupe environ un tiers du territoire français méridional, s’étend en Italie, dans quelques vallées piémontaises, et en Espagne, dans le Val d’Aran. Les monolingues ayant disparu, la pratique linguistique des occitanophones s’accompagne aujourd’hui de celle de la langue d’Etat (le français).

Si les premiers véritables textes littéraires conservés datent du XIe siècle (Chanson de Sainte Foi), c’est au XIIe siècle que se met en place une langue administrative et juridique occitane qui se distingue clairement du latin. Aux XIIe et XIIIe siècles, le succès des trobadors permet une diffusion européenne de la langue. C’est alors qu’apparaissent les premières grammaires normatives à usage littéraire. L’usage écrit reste solide jusqu’à la première moitié du XVe siècle mais décroît ensuite jusqu’à l’édit de Villers-Cotterêts (1539), qui marque symboliquement la perte définitive des usages officiels et des registres hauts de la langue. La production écrite reste dès lors majoritairement limitée aux registres populaires ou religieux et développe un accroissement des gallicismes.

Avec la scolarisation obligatoire se met en place un processus massif de substitution linguistique dans l’usage oral au profit du français.
Le lexique occitan se caractérise alors par une surabondance des registres touchant à la nature et aux activités traditionnelles.

Cependant, la langue et la culture occitanes restent bien vivantes et ont bénéficié de divers éléments visant à sa reconnaissance. Le Félibrige (1854), autour de Frédéric Mistral (Prix Nobel de littérature) initie une véritable Renaissance littéraire provençale. Durant la seconde moitié du XXe siècle, l’IEO (Institut d’Estudis Occitans) propose de faire de l’occitan un instrument de communication moderne, à l’instar du catalan, base d’une véritable action revendicative et d’un militantisme culturel ayant présidé à la mise en place d’organismes comme le Centre interrégional de documentation de l’occitan ou l’institut occitan.
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