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Police de Lyon sous l'Ancien Régime (fin XVIII°)

par Pascal01, le 21/03/2018 à 17:11 - 448 visites

Bonjour,
Pouvez-vous me préciser comment la police de Lyon était organisée sous l'Ancien Régime (fin XVIII°) ? Quelle était la place du guet, des arquebusiers, de la milice bourgeoise, des pennons, de la maréchaussée? Comment ces différents corps coopéraient-ils avec la lieutenance de police (lieutenant général de police, 8 commissaires des police dans la ville). Merci à vous.
PG

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 24/03/2018 à 12:27

Réponse de la Documentation régionale

Bonjour,
La question à laquelle vous soumettez le guichet est si vaste et si complexe qu’il ne nous sera pas possible ici, en l’absence d’ouvrage synthétique sur le sujet, de répondre avec la précision que vous attendez. Nous trouvons bien un document qu’il serait intéressant de consulter, mais celui est absent de nos collections : La police de Lyon au XVIIIe siècle. L’exemple de la police consulaire puis municipale (1700-1793), Mémoire de D.E.A., S. NIVET, Université Jean Moulin Lyon 3, sous la direction de B. HOURS, juin 2003, 177 p.

Nous avons cependant repéré quelques articles et documents qui ne manqueront pas de vous intéresser:
La police de Lyon, d’un Consulat à l’autre. Dans l’un des chapitres de cet article, consacré pour l’essentiel à la réorganisation de la police après la révolution, l’auteur revient sur « le débat policier » qui agite alors la municipalité lyonnaise nostalgique de l’Ancien Régime : "L’efficacité de l’ancienne police se fonde (selon elle) sur plusieurs constats. Le corps de ville, composé du Prévôt des marchands et des échevins, disposait, le cas échéant, de la force armée (Compagnie franche du régiment du lyonnais, Compagnie des Arquebusiers et Compagnie du Guet) ainsi que d’une meilleure capillarité au sein de la société grâce à la milice bourgeoise, implantée dans les 28 penonnages de la ville. » L’article comporte par ailleurs de nombreux signalement d’archives. Nous apprenons ainsi l’existence d’un mémoire rédigé par le commissaire général Dubois (nommé à la suite de François Noël le 14 janvier 1801) dans lequel celui-ci présente une longue comparaison entre ancienne et nouvelle police « symptomatique des représentations qui structurent la réflexion policière de l’époque. »

S’agissant des acteurs de la vie policière existant dans la ville à l’époque, et contribuant à y assurer l’ordre, nous vous recommandons particulièrement la consultation (en ligne) des Almanach de la ville de Lyon (1711-1797). Cette publication appartenait à la catégorie des almanachs administratifs, qui avaient pour ambition de représenter la photographie officielle d’une grande cité et de son organisation. Vous trouverez ainsi dans ces almanachs de nombreuses notices consacrées aux « corps de police » de l’époque, et des indications précieuses sur leur attributions et fonctionnement. Nous en donnerons ici quelques exemples, extraits de la publication de 1787:

- Page 129, on lit pour la Compagnie du Guet : « Elle est composée de 50 hommes. Elle fut établie à Lyon en l’année 1565, par un Edit de Charles IX, qui rendit les charges du Guet, Capitaine & du Lieutenant en titre d’office. Cette troupe est sous les ordres de M. le gouverneur et de ceux qui commandent en son absence ; elle est préposée pour le bon ordre, pour la sureté des citoyens, pour faire les rondes pendant la nuit, et pour prêter mains fortes à la justice. »

Pour la Compagnie des Arquebusiers (p.130) : « Le consulat a pour sa garde et celle de la ville, une compagnie de 200 arquebusiers, dont 50 font un service continuel ; les autres, appelés Arquebusiers des 150, fournissent tous les soirs le nombre d’hommes nécessaire pour renforcer le poste des Arquebusiers à l’Hôtel de Ville, et faire des patrouilles pour la sureté publique dans toute l’étendue de la ville ; ils sont toujours prêts à marcher au premier ordre, et font le service conjointement avec la compagnie des Arquebusiers.
Cette Compagnie fut créé, à la demande des citoyens, pour la garde de la ville, par des Lettres-patentes du Roi Henri II, du 26 mars 1555, et augmentée par d’autres Lettres patentes du Roi Charles IX, du 18 août, 1561. Le capitaine de la ville commande cette compagnie.
»

Sur la Compagnie des Arquebusiers nous vous signalons également l’ouvrage Gens et choses de Lyon « Les arquebusiers étaient chargés, au XVIII siècle, de garder l’Hôtel de ville, les ponts, la foire au vin, le marché au blé et deux portes de la ville. Ils devaient souvent suppléer la compagnie du Guet pour les patrouilles de nuit et la police du théâtre. »

Toujours dans l’Almanach de Lyon, les pages 95 à 117 ont pour objet l’histoire, l’organisation et la composition par quartier (au nombre de 28) des Penonnages ou Milice Bourgeoise pour la garde de la ville.

Nous vous signalons également l’article Les Penonnages lyonnais et la garde de la ville , inséré dans l’ouvrage cité plus haut, Gens et choses de Lyon (p.105-147), dont nous reproduisons ci-dessous un extrait (chapitre III)
Citer:
Devenue à peu près inutiles au XVIII siècle, tombée alors, de l’aveu des échevins eux-mêmes « Au dernier point de l’avilissement » la milice subsista cependant jusqu’à la révolution. Les motifs qui attachaient les lyonnais à cette organisation vieillie mais traditionnelle, étaient trop nombreux pour qu’elle pût disparaitre ou se transformer avant les autres institutions de son temps. Les officiers de la milice tenaient à son maintien, glorieux de jouer au soldat comme le furent toujours en France les bourgeois et les artisans les plus pacifiques (…) Le capitaine pennon n’était pas seulement dans son quartier un chef militaire ; il y remplissait encore au XVIII siècle – officieusement et occasionnellement- une série de fonctions civiles qui seraient aujourd’hui dans les attributions d’un maire ou d’un adjoint d’arrondissement, d’un conseiller municipal ou d’un commissaire de police. Lorsqu’il avait à faire exécuter dans la ville quelque décision importante, le consulat convoquait les capitaines pennons à l’hôtel de Ville et leur donnait ses instructions. C’étaient à eux, par exemple, de prendre les mesures nécessaires pour assainir et nettoyer les rues, pour les éclairer avant l’établissement des lanternes à l’aide des fallots posés aux carrefours ou tous les cent pas, afin qu’on put en temps de troubles ou de contagion reconnaitre « ceux qui courent la nuit par la ville ». Le capitaine pennon était, d’autre part, le porte-parole de son quartier auprès des conseillers de ville ou des échevins. Il allait souvent avec une délégation de ses miliciens présenter à une séance consulaire les requêtes ou les doléances de ses soldats. Les pennons de St Georges et de Bourgneuf réclament ainsi l’expulsion des filles de joie qui causent des « battures et scandales », la fermeture d’un « berlan et jeu de quilles » trop bruyant (…)
Pour la Compagnie générale de la Maréchaussée du Lyonnais, Forez, Beaujolais et Dombes (p.88 de l’Almanach): « Cette compagnie absolument militaire, fait partie de la troisième division du royaume. Sa Majesté conserve à cette troupe tous les droits de sa constitution primitive ; lorsque ses détachements se trouveront en exercice de fonctions militaires, concurremment avec d’autres troupes, ils prennent rang immédiatement avec la gendarmerie, et avant toutes les troupes engagées au service de sa Majesté ; ils ont le pas sur les Milices Bourgeoises, Guet et Gardes des villes et autre troupe semblable (…) »

Bonne journée

Autres documents consultés
- Documents inédits sur le Guet de Lyon
- Les confréries de tireurs à Lyon ; La compagnie des arquebusiers
- Maintien de l’ordre et contrôle de l’espace urbain au XIX° siècle: le cas de Lyon.
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