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Dépouillement et silence

par Vinciane98, le 20/03/2018 à 01:11 - 872 visites

Bonjour, je suis à la recherche d'oeuvres pensant la question (et l'étymologie) du silence et/ou du dépouillement, et plus particulièrement dans le domaine de la musique et du théâtre.

Merci beaucoup !

Réponse du Guichet du savoir

par bml_mus, le 20/03/2018 à 15:40

Réponse du Département Musique

Voici d'abord une liste de titres sur wikipedia, pour vous rendre compte de l’étendu du sujet. Nombreuses compositions musicales s’attachent à décrire ou percevoir le silence.

La BM de Lyon a effectué un dossier très complet sur le sujet du « silence dans la musique ».

Un autre dossier thématique sur le webzine musical arbobo élargit le sujet.

Enfin l’ACIM a établi une biblio / webographie sur le sujet à laquelle il faudrait rajouter ces quelques ouvrages :

-No silence : 4'33" de John Cage
-Takemitsu : à l'écoute de l'inaudible
-John Tavener l'enchanteur

Réponse du Guichet du savoir

par bml_spec, le 20/03/2018 à 16:10

Réponse du Département Arts vivants :

Bonjour,

Nous avons effectué une recherche sur Mascarille, base de connaissance sur le théâtre consultable en ligne à Bibliothèque municipale de Lyon.

Ci-dessous des pièces de théâtre interrogeant le silence et/ou le dépouillement.

Hana no Michi ou Le sentier des fleurs : théâtre / Yann ALLEGRET/ 2008
Le sentier des fleurs est, littéralement, au Japon, le chemin que parcourt le sumo entre le vestiaire et le tapis de combat.
Ici c’est celui emprunté par la personne qui parle. Volontairement isolée dans le silence, la nudité du lieu, les actions minimales, elle pousse le dépouillement jusqu’à l’extrême pour laisse venir une nouvelle vie. Ce sont alors d’autres voix - rêvées ou réelles, pensées, souhaitées - qui se croisent, des figures animales ou légendaires qui tissent l’imaginaire, sa propre voix aussi, régénérée. Elles sont le chemin de sa réappropriation du monde, de sa renaissance à la vie, à l’écriture aussi. Comme si l’individu, par la recherche de la plus grande épure, ne pouvait que toucher à l’universel - l’amour, l’enfance, la mort.
Yan Allegret livre un texte poétique sur un cheminement individuel, comme en écho à la création du monde.

Le pupille veut être tuteur / HANDKE Peter / 1969
Deux personnages, le pupille et son tuteur. L'un est jeune, l'autre plus vieux. L'un copie, l'autre dicte, l'un se rebelle, l'autre se tait... Antagonismes et complicités... Chaque menu objet devient l'occasion d'une lutte de pouvoir.
Pièce sans parole, écrite pour deux acteurs et un chat. Elle explore le monde du silence, des sens et de la folie quotidienne.
Distribution : 2 hommes

Vertiges / Patrick KERMANN/ 2017
Comédie dramatique
Vertiges ne propose aucune fable, aucune narration autre que celle de l’apparition-disparition.
Voici les mots de Patrick Kermann, écrits en décembre 1999, à ce sujet (rappelons qu’il s’est donné la mort le 29 février 2000 après avoir posté la veille la version finale de ce texte à Christine Dormoy qui le mettait en scène) : « Ce qui m’intéresse dans ce projet ? trouver des formes minimales et fortes et des langues différentes qui reflètent avec humour ou dérision notre monde en pleine déréliction, varier le jeu des langues cassées, brisées, réduites, jouer sur la peur de l’autre ou la jubilation du dire. Soit des formes légères et graves pour dire la catastrophe de notre monde »

Le Radeau de la Méduse / KAISER Georg / 1963
Drame
« En 1940 », écrit Georg Kaiser, « un vapeur qui devait conduire au Canada des enfants de villes anglaises bombardées fut torpillé en pleine mer. » Sur cette donnée simple et tragique, le dramaturge allemand (1878-1945) imagine un drame d’un dépouillement absolu où se rejoue sous forme concentrée l’histoire de toute l’humanité. La pièce s’ouvre sur un effroyable naufrage. À l’aube, douze survivants sont découverts dans une unique embarcation : six garçons et six filles. Aucun ne paraît avoir plus de treize ans. Deux d’entre eux se distinguent. Ann serre contre elle un thermos de lait encore chaud. Allan a pensé à emporter son écharpe. Ils sont les premiers à se réveiller. « Allan et Ann » : leurs deux prénoms prononcés ensemble sonnent comme s’ils étaient « seuls au monde ». Et c’est sans doute au premier couple, Adam et Ève, plus encore qu’à Noé, survivant du Déluge, qu’ils songent tous deux en contemplant la mer.
Distribution : 7 hommes + 6 femmes

Les impuissants / Riad MASARWI / 2011
Dans un bar à Berlin, l'arrivée d'un intellectuel cynique, immigré palestinien, le Suicidé, va réveiller de leur torpeur trois autres personnages, assis chacun à une table, la Belle, le Beau Gosse et le Barbu, Palestiniens comme lui et tout aussi impuissants. Bientôt langues et corps se délient et chacun révèle la blessure profonde qui l'a conduit à Berlin.
La pièce est radicale à tout point de vue. Réaliste, politique et métaphysique à la fois, elle résonne de toutes les frustrations et de toutes les pertes, qu’elles soient identitaires, communautaires ou humaines.
Dressant un violent portrait des apparatchiks palestiniens et abordant sans complaisance leur propre responsabilité dans l’impuissance où ils se trouvent, Riad Masarwi mène le théâtre arabe là où il n’est jamais allé auparavant: vers une salutaire liberté, tant verbale que sensuelle.
Le texte est sans concession. La parole est rude, dépouillée et va à l'essentiel.

Noces de sang / Federico GARCIA LORCA/ 1932
Drame
Sur l'autre bord d'une plaine aride, la fiancée attend le fiancé, celui que lui impose un mariage de convenance. Mais du fond de son âme, elle aime Léonardo, qu'elle a naguère refusé d'épouser. Il est maintenant marié avec une de ses cousines, et père de famille. Cependant, au soir de ses noces, la jeune mariée s'enfuit avec son ancien amant. Dans le bois obscur, on traque les amants. Léonardo et le fiancé s'entre-tuent à coups de couteau : "ils se leurraient l'un et l'autre et le sang l'a emporté".
Une pièce sur la fatalité qui passe du lyrisme au réalisme et inversement dans une langue dépouillée de tout esthétisme.
Distribution : 10 hommes + 10 femmes

Le silence / Nathalie SARRAUTE / 1964
Comédie psychologique
Un dîner comme il en existe tant. Bon chic, bon genre, mondanités bien pensantes. Six personnages ne peuvent poursuivre un dialogue "normal" fait de banalités, anecdotes ou blagues favorite à cause d'un septième, Jean-Pierre muré dans un silence absolu. L'existence de vide au cœur de l'échange fait naître une spirale dans laquelle chacun est entraîné, jusqu'à la destruction de toute vérité, tout langage.
Le silence est-il plus important que la parole ? Son mystère permet de tout supposer... mais la parole aussi.
Distribution : 3 hommes + 4 femmes

Un jour nous serons humains / David LEON / 2014
Poème dramatique
Seul face à l'immensité, un homme (mais cela pourrait une femme) prend la parole s'adressant tout autant aux Hommes qu'aux Bêtes.
Sa parole est fulgurante, comme un appel, un cri, une incantation.
Un poème dramatique traversé de visions parfois apocalyptiques portant traces des corps et des éléments.
« David Léon, acteur et auteur, écrit un théâtre de la séparation. Qui va jusqu’à séparer le théâtre de ses fondamentaux. Pas de dialogue entre des personnages, pas même de personnages nommés comme tels, pas de répliques du tac au tac qui font mouche. Mais le flux d’une parole obsédante, porteuse ou plutôt réceptacle de toutes les voix. Une plainte, un cri, le lamento d’un être saigné à vif. […]
Une mise à nu tendue. Un texte sans points, sans autres ponctuations que celles de ses slashs, tirets et parfois points-virgules, une parole qui s’enroule sur elle-même, avançant par vagues. » (Source)
Distribution : 1 homme

Les guetteurs 1, L'hésitation / Pascal NORDMANN / 2013
Distribution : 1 femme
UNE FEMME, UNE VOIX, QUATRE MURS.
« La femme : … en ce temps-là, j´avais une amie qui prétendait se placer chaque soir devant un grand miroir qu´elle avait installé à l´endroit du texte qu´elle occupait, un grand miroir devant lequel elle se dévêtait, comme elle disait, autant et même plus qu´il est possible, enlevant tout ce qu´il est possible d´enlever mais aussi tout ce qu´il est impossible d´enlever, une à une chaque ride, un à un chaque pli, poil, os, doigt, nerf et muscle et son nombril et un à un tous ses organes et qui disait que lorsqu´elle avait tout retiré, qu´elle se regardait, plus nue que nue dans son miroir, parmi les châles, les bas, les gants, les grains de beauté, les chapeaux et les parfums, debout dans sa peau retombée, son ventre posé à terre et ses soupirs, que lorsque, ainsi dépouillée de tout, elle s´observait dans le miroir et cherchait dans le miroir ce qui subsistait, ce que vraiment elle ne pouvait enlever, qu´alors elle voyait et elle avait de la peine à le dire, qu´alors elle voyait une valise, lourde et close, une unique valise, lourde et close, disait-elle, flottant dans le vide du miroir, une ancienne valise, disait-elle, de cuir mais de cuir usé, de cuir si usé que, la regardant, l´on se demandait comment elle tenait encore, ne se disloquait pas, ne partait pas en poussière, or je ne parvenais pas à y croire, impossible, me disais-je… » (Extrait)

Sad Lisa / TAMISIER Sabine / 2003
Une maison modeste. Lisa, la mère, la trentaine, s'enferme peu à peu dans le mutisme. Pour se protéger de quoi ? D'une vie difficile? De Franck, son mari un peu perdu qui abuse de la bouteille ? Heureusement, la communauté familiale est tenue par Lucie, leur fille, adolescente énergique et lumineuse, mûre avant l'heure. Elle ne rêve rien tant que d'entendre parler sa mère. Enfin.
Sad Lisa est un texte sur le silence, la tension, la violence rentrée, la douleur pudique. Sabine Tamisier cisèle l'épure pour créer une atmosphère pesante : on est chez les taiseux. La parole n'est pas facile pour ceux dépouillés de tout.
Loin de tout misérabilisme, grâce à une langue belle et concise, l'auteur conserve pour ses personnages une tendresse non feinte, porteuse d'espoir. Pendant qu'un vieux disque de Cat Stevens joue Sad Lisa...
Distribution : 2 hommes + 2 femmes + 1 enfant

Laisse-moi te dire une chose / Rémi DE VOS / 2003
Condamnée par une maladie incurable, une femme reçoit à l’hôpital les visites de son fils. Ils essaient de dialoguer, à leur manière : face aux griefs de la mère contre le théâtre qu’elle déteste, le fils, comédien, oppose le silence. Il supporte aussi les récits de l’ami de sa mère et les histoires graveleuses de son propre frère avec qui il ne s’entend pas. En parallèle, il imagine une pièce autour de Vidal, un jeune prisonnier fantasque qui réussira, lui, à s’échapper.
Distribution : 3 hommes + 1 femme

Eaux dormantes / Eugène DURIF / 1993
Comédie psychologique
Trois jeunes femmes se retrouvent dans une maison pendant un week-end. Le passé est là, omniprésent, même si elles tentent de le fuir. Ce qu'il a eu entre elles ne peut plus s'exprimer, sinon dans des instants, autour d'un silence, d'un mot... Et aussi dans les jeux ou les fous rires...
Distribution : 1 homme + 3 femmes

Small talk / Carole FRÉCHETTE / 2014
Justine a du mal à communiquer avec ses contemporains. Entre sa mère aphasique, son père retiré dans un silence méditatif, son frère animateur de télé et sa belle-sœur explosive, elle décide de se prendre en main, à coups de conseils glanés sur Internet et d’ateliers divers. Traversant la pièce, un jeune homme blessé dont le destin croisera le sien…
De rencontres ardues en discussions improbables, Justine observe les humains un peu comme elle se penche sur son microscope, notant, envieuse, leurs tentatives d’entrer en contact et de « parler petit ». Qu’est-ce qui émane de soi, qu’est-ce qui mène à l’autre dans une conversation ? Et qu’est-ce qui se construit ?

Enfonçures / Didier-Georges GABILY / 1991
Délire poétique, oratorio-matériau
Hölderlin, démoli par les excès de la passion, choisit un jour la retraite et le silence. Didier-Georges Gabily obsédé par ce silence essayait d'écrire sur ce personnage. Alors survint la guerre du Golfe. La guerre faisait un bruit si assourdissant qu'il devenait impossible de travailler sur un tel silence sans le confronter au vacarme ambiant, si profondément non engagé...
Distribution : 10 hommes +17 femmes + 2 chanteurs

Et pourtant ce silence ne pouvait être vide / Jean MAGNAN / 1979
En 1933, deux femmes, la mère et la fille, sont assassinées par leurs deux bonnes qui leur arrachent les yeux... Au procès, la cadette déclarera simplement : " On ne se parlait pas ". Et pourtant ce silence ne pouvait être vide… Ce fait divers monstrueux inspirera un commentaire à Lacan en 1934 et sert de trame à cette pièce
Distribution : 4 femmes


Essais dans les BM de Lyon sur le silence au théâtre

Le merveilleux et le théâtre du silence en France à partir du XVIIe siècle / Marie-Françoise Christout

L'envers du théâtre: dramaturgie du silence de l'âge classique à Maeterlinck / Arnaud Rykner


Tous les résumés sont extraits de Mascarille - avec l'aimable autorisation d'Emile Zeizig.


Nous espérons vous avoir aidé dans vos recherches et vous remercions pour votre confiance.

L’équipe Arts vivants

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