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langue poisson

par Filius, le 04/03/2018 à 13:58 - 1349 visites

Bonjour,
Je n'arrive pas à trouver si les poissons ont une langue. Si oui, lesquels (les poissons n'étant pas un groupe monophylétique) ? Et à quoi sert-elle ?
Je vous remercie du temps que vous consacrerez à ma demande et je vous souhaite une bonne journée.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 06/03/2018 à 12:30

Bonjour,

Comme vous le dites vous-mêmes, les poissons ne représentent pas un groupe monophylétique. Pour comprendre ce que cela signifie, il faut s’intéresser à l’évolution :

« Dans la classification évolutive, on définit des clades, ou groupes monophylétiques. Un clade réunit tous les organismes qui possèdent une même innovation évolutive et leur ancêtre commun exclusif chez qui cette innovation est apparue.

Une classification évolutive des Vertébrés peut alors être proposée.

Cette nouvelle classification remet parfois en cause la classification systématique de Linné.

Dans la classification de Linné, il existe le grade des Poissons, défini par les caractéristiques suivantes : Vertébré aquatique à branchies et à peau couverte d'écailles d'origine dermique.
Or, le groupe des Poissons ne constitue pas un clade (ce n'est pas un groupe monophylétique), car on ne trouve pas d'ancêtre commun exclusif à tous les Poissons (leur ancêtre commun est aussi celui des Grenouilles,...); il n'a donc pas de sens dans la classification évolutive. »

Pièce jointe:
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poisson.jpg [ 40.24 Kio | Consulté 1336 fois ]

Source : Ens


« L'histoire évolutive des poissons a commencé il y a environ 530 millions d'années, durant l'explosion cambrienne. Les premiers poissons sont représentés par un groupe de petits vertébrés sans mâchoire, des poissons cuirassés appelés ostracodermes. Les lignées de poissons sans mâchoires ont pour la plupart disparu. Un clade existant, formé par les lamproies, peut se rapprocher des anciens pré-poissons à mâchoire. Les premières mâchoires sont apparues chez les placodermes. La diversité des vertébrés à mâchoire peut indiquer l'avantage évolutif d'une mâchoire articulée. Les scientifiques ignorent si l'avantage d'une mâchoire est une plus grande force de morsure, l'amélioration de la respiration ou une combinaison de facteurs. L'évolution des poissons n'est pas étudiée comme un événement unique car les poissons ne représentent pas un groupe monophylétique mais un paraphylétique (par l'exclusion des tétrapodes).
L'histoire évolutive des vertébrés a commencé dans les mers du Cambrien, lorsque des créatures au corps mou, sans mâchoire et sans dent, se débattaient dans l'eau, en avalant des particules de nourriture microscopiques. Ce n'est qu'après que les os résistants ont été mis au point (initialement sous la forme d'une carapace écailleuse puis plus tard à l'intérieur du corps) que les formes fossiles purent être conservées dans les roches. Et ce n'est qu'à ce moment que les paléontologues purent commencer à appréhender l'histoire avec une certaine assurance.
Les premières traces d'écailles osseuses ont été trouvées dans des roches datant de la fin du Cambrien, et les premières formes de poissons vertébrés reconnaissables ont été découvertes dans des roches en Australie datant du début de l'Ordovicien. Ainsi, le premier chapitre de l'évolution des vertébrés a débuté avec le très ancien Arandaspis, un poisson d'environ 15 cm de long et dépourvu de mâchoire, sans dent et sans autre nageoire que la nageoire caudale. Il possédait cependant des branchies et une colonne dorsale formée de matériaux cartilagineux (la notochorde) qui lui servait d'épine dorsale. »
Source : Wikipedia


« Les téléostéens constituent 96 pour cent des espèces de « poissons ». Vous les avez tous rencontrés chez le poissonnier, dans un aquarium ou si vous êtes adepte de la pêche : hareng, gardon, carpe, brochet, truite, morue, guppy, baudroie, hippocampe, perche, maquereau, sole... Ils sont si nombreux et variés qu’il vaut mieux se demander quels poissons ne sont pas des téléostéens. Les lamproies, myxines, requins, raies, chimères, polyptères, esturgeons, lépisostées, cœlacanthes et dipneustes sont de ceux-ci.
Tous ces groupes de « poissons » non téléostéens apparaissent aujourd’hui comme des reliques : leur prospérité était jadis bien supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui et remonte à des temps reculés. Nous verrons d’ailleurs que depuis les années 1960, les zoologistes ne les appellent plus poissons, tant leurs liens de parenté avec les téléostéens sont éloignés. L’époque actuelle est bien celle des téléostéens, qui représentent 47 pour cent des espèces de vertébrés actuels connus. Ce sont les poissons modernes, en ce sens que leur origine évolutive ne remonte qu’à 200 millions d’années, alors que l’origine des « poissons » se confond avec celle des vertébrés, il y a 500 millions d’années. […]


Les ostéoglossomorphes

Ils constituent l’un des groupes les plus anciens des téléostéens. Ce groupe rassemble environ 225 espèces de téléostéens des eaux douces tropicales que nous croisons dans les aquariums, tels les poissons-papillons et les mormyriformes, dont le poisson-éléphant. Tous les ostéoglossomorphes ont des dents sur la langue et sur la poutrelle osseuse formant la base du crâne.
Les mormyriformes produisent des courants électriques.
Evolution : du rififi chez les poissons, Guillaume Lecointre, Cyril Gallut, Bruno Chanet et Agnès Dettaï


On peut conclure de ces éléments que les téléostéens, qui constituent la grande majorité des espèces de poissons actuels, possèdent probablement tous une langue, comme tendent à le confirmer les ressources suivantes : Anatomie des poissons : squelette, peau et muscles, La dissection du poisson : étude de l’appareil digestif.


C’est d’ailleurs parce qu’ils possèdent une langue que certains poissons sont parasités par Cymothoa Exigua, aussi connu sous le surnom évocateur « pou mangeur de langue » :

« L'étonnant organisme parasitaire Cymothoa Exigua, un crustacé, s'infiltre sur la langue de poisson via les branchies pour la parasiter jusqu'à la remplacer!

La taille ordinaire du parasite dans sa forme adulte est de l'ordre de 3 à 4 centimètres. Dans sa forme larvaire, il se fixe à la base de la langue du Vivaneau Rose (Lutjanus Guttatus) après avoir atteint sa bouche via les branchies du poisson. Il extrait alors du sang de la langue avec ses griffes de devant, de telle sorte que par manque de sang, cette langue s'atrophie. Néanmoins, Cymothoa fixe son propre corps sur la base de la langue atrophiée. Le poisson peut ainsi se servir du parasite comme une langue de remplacement. Dès lors, si le parasite peut encore ponctionner le sang de son hôte, ses apports principaux en nourriture proviennent du mucus produit par le poisson. Les aliments ingérés par le Vivaneau semblent ne pas intéresser davantage le parasite. Cymothoa remplace alors fonctionnellement l'organe qu'il a détruit, et le poisson autant que son hôte peuvent alors vivre en symbiose.

Ce cas de parasitage jusqu'au remplacement, complet et fonctionnellement similaire, d'un organe constitue un cas unique. Cymothea n'est pas dangereuse pour l'homme et ne peut le parasiter (mais elle peut éventuellement le mordre!). Familière des eaux côtières de la Californie, elle pourrait s'être étendue dans d'autres régions : un cas, peut être accidentel, est répertorié en Grande Bretagne en 2005, dans un poisson promis au supermarché jusqu'à la découverte de son étrange appendice buccal.

D'autres espèces de Cymothoa parasitent la cavité buccale de poisson : c'est par exemple le cas de Cymothoa Spinipalpa que l'on retrouve dans des Atlantic bumper, Chloroscombrus chrysurus (comme le Vivaneau, un poisson perciforme) et le LeatherJacket Fish (Oligoplites Saurus). »
Source : Cymothoa Exigua, langue de poisson

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Source de l'image : Wikimedia commons

Bonne journée.
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