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étiquette bleue

par labelile, le 19/02/2018 à 09:52 - 1167 visites

bonjour,

je souhaiterais savoir pourquoi les frères Lumière ont appelé leurs fameuses plaques photographiques ETIQUETTES BLEUES... c'est surtout l'adjectif bleu qui m'intrigue... pourquoi cette couleur ? Sert-elle de métaphore à quelque chose qui relève du monde industriel ?

Merci par avance pour votre aide !
Bien cordialement,

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 20/02/2018 à 17:19

Bonjour,

Commençons par quelques précisions sur l’invention de ces plaques :

« C'est le cadet, Louis, qui mettra au point une plaque sèche (procédé de photo instantanée) baptisée Etiquette bleue qui assurera renommée et réussite financière à l'entreprise familiale. Pour fabriquer et commercialiser les plaques, Antoine Lumière achète alors un immense terrain à Monplaisir, dans la banlieue de Lyon. Rapidement acquise, la fortune est là. »
Source : institut-lumiere.org

La plaque au gélatino-bromure « Etiquette Bleue » est mise au point en 1882. C’est l’une des plus sensible du monde. Elle sauve l’entreprise familiale de la faillite puis fait leur fortune. Louis l’invente à 17 ans en trouvant les produits nécessaires à son élaboration chez le pharmacien Larochette, voisin et ami de la famille. Aucun brevet n’est déposé, l’émulsion restera secrète. C’est essentiellement grâce aux revenus procurés par l’étiquette bleue que les deux frères vont pouvoir continuer à innover. La photogravure,inventée en 1886 permet la reproduction imprimée de photographies.
Source : Les inventions et innovations majeures des Lumière, Stéphane Autrans

« Le négatif sur plaque de verre au gélatino-bromure d’argent est un procédé inventé au début des années 1870. Il supplante la technique au collodion dans les années 1880 grâce aux perfectionnements apportés par Louis Lumière. Il s’agit d’un procédé « sec » : contrairement au collodion humide, les plaques sont préparées longtemps avant la prise de vue ce qui évite au photographe d’emporter avec lui des produits chimiques et les accessoires qui leur sont associés. Très sensible à la lumière (4 asa), sa pellicule nommée « étiquette bleue » présente d’autre part l’avantage de réaliser des prises de vue exigeant des poses relativement courtes ou de l’instantané (vitesse d’obturation de 1/60e de seconde). Fabriquée d’abord artisanalement, cette plaque commercialisée dans une boîte à étiquette bleue, connaît un vif succès d’où la décision de passer au stade industriel. Dans les années 1900 des gammes complètes de produits photographiques pour la prise de vue et le tirage sont proposées par les maisons Lumière et Jougla qui ont fusionné en 1911. »
Source : Plaques au gélatino-bromure d’argent, Crdp de l’académie d’Amiens

Pourquoi « étiquettes bleues » ? Notons que les boîtes dans lesquelles ces plaques sont commercialisée ne mentionnent pas le nom « étiquette bleue » mais bien « Plaques au gelatino-bromure d’argent » ou « Plaques sèches au gelatino-bromure d’argent ». En revanche elles sont couvertes d’un emballage de couleur bleue... qui devient le nom sous lequel se développe leur notoriété quand l'entreprise familiale passe d'une production artisanale à la production industrielle en usine.

Pièce jointe:
plaques étiquettes bleues.jpg
plaques étiquettes bleues.jpg [ 51.3 Kio | Consulté 1155 fois ]

Source de l'image : crdp.ac-amiens.fr

« La plaque « étiquette bleue »

En 1881, alors qu’il était encore élève à La Martinière, Louis Lumière entreprit ses premières recherches. Le procédé au gélatino-bromure d’argent venait d’être découvert. On commençait à trouver dans le commerce les plaques sèches d’un photographe belge nommé Monckhoven. Elles coûtaient fort cher, étaient rares et irrégulières. Louis rêvait d’éviter l’achat d’une marchandise étrangère et onéreuse à un père qui, pourtant, ne s’intéressait que de loin à la technique et l’encourageait à la parcimonie : « Utilise donc les balances de la cuisine », conseillait tranquillement l’artiste au jeune homme qui avait à effectuer des pesées très précises pour le dosage des différents produits. Louis pouvait heureusement employer le trébuchet du pharmacien voisin… Les plaques qu’il fabriqua étaient excellentes, bien meilleures que celles de Monckhoven. Antoine Lumière fut ravi, les autres photographes lyonnais l’envièrent. « Quelles plaques utilisez-vous donc, M. Lumière ? – Celles de mon fils, Messieurs, et si vous en voulez, il vous en fera ! »
De fil en aiguille, l’affaire prospéra, mais la fabrication artisanale devint vite insuffisante. Le père Antoine ayant trouvé une chapellerie désaffectée à Monplaisir décida de l’acheter. Il vendit la petite boutique de la rue de la Barre et emprunta de grosses sommes d’argent. Chacun se mit au travail pour installer une petite usine et créer tout le matériel indispensable à son fonctionnement.
En 1882, la plaque au gélatino-bromure d’argent de Louis Lumière prit le nom suggéré par la couleur de son emballage : ce fut la fameuse étiquette bleue qui devint rapidement célèbre dans le monde entier. En 1885, 50000 plaques et 4000 mètres de papier photographique étaient sensibilisés et conditionnés journellement par 300 ouvriers et ouvrières. L’usine dévorait un wagon de verre par jour. Elle devenait la plus grande firme de produits photographiques d’Europe et peut-être du monde. George Eastman, le grand concurrent américain, en prit d’ailleurs ombrage. Il vint à Lyon pour essayer de s’entendre et peut-être même de s’associer avec la Société Lumière. Cette entrevue n’eut pas de suite. »
Source : Lumière : les premières photographies en couleurs, Paul Genard


Bonne journée.
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