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Education nationale

par amelielie96, le 15/02/2018 à 08:43 - 2145 visites

Bonjour,

De nombreux dispositifs d'éducation prioritaire se sont succédés en France. Je voudrais savoir pourquoi n'ont-ils pas fonctionné et qu'ont-ils apportés aux élèves?

Merci par avance,
Cordialement.

Amélie

Réponse du Guichet du savoir

par bml_soc, le 17/02/2018 à 17:32

Réponse du département société :


Si vous tapez éducation prioritaire sur un moteur de recherche vous aurez maints résultats qui pourront vous aider dans votre questionnement.

Pour rappel :

« La politique d’éducation prioritaire a pour objectif de corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire par un renforcement de l’action pédagogique et éducative dans les écoles et établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales

Les principes de l'éducation prioritaire
La politique d'éducation prioritaire repose sur des principes clairement affirmés.
Une priorité pédagogique
Les réussites observées montrent que c'est principalement dans le quotidien des pratiques pédagogiques et éducatives que se joue la réussite scolaire des élèves issus des milieux populaires. Une approche systémique inscrite dans la continuité des parcours est essentielle. C'est l'esprit du référentiel de l'éducation prioritaire qui offre aux personnels des repères solides, fiables et organisés, issus de l'expertise des personnels, de l'analyse de l'inspection générale et des travaux de recherche. Les projets des réseaux doivent se fonder sur ce référentiel qui est à la disposition de tous.
Le travail en équipe, la réflexion et la formation soutenus
Les pratiques professionnelles doivent se construire et se réfléchir collectivement pour mieux répondre aux besoins des élèves et des personnels qui seront mieux accompagnés et régulièrement formés. Dans les REP+, les obligations de service des enseignants du premier et du second degré ont été modifiées afin de tenir compte du temps à consacrer au travail en équipe, nécessaire à l'organisation de la prise en charge des besoins particuliers des élèves qui y sont scolarisés, aux actions correspondantes ainsi qu'aux relations avec les parents d'élèves.
Dans ces REP+, le temps enseignant est organisé différemment grâce à une pondération dans le second degré et à 18 demi-journées remplacées dans le premier degré. Trois décrets précisent cette évolution des obligations de service des enseignants exerçant en REP+.
Pour soutenir les enseignants, pour accompagner les temps de travail collectif et de formation, des formateurs ayant bénéficié d'une formation nationale sont aux côtés des équipes des REP+. Organisés progressivement en équipes ressources pour l'éducation prioritaire, ils participent à la reconstitution des forces de formation des académies.
Répartition académique des REP et des REP+
La carte de l'éducation prioritaire est réexaminée tous les quatre ans. (dernière mise à jour en septembre 2016)

L'éducation prioritaire pour l'année scolaire 2017-2018
Diviser par deux les classes de CP et CE1 en réseau d'éducation prioritaire
L'ESSENTIEL
• Si l'École française a d'incontestables réussites, elle doit progresser encore dans sa capacité à réduire les inégalités sociales. Cette faiblesse est l'une des causes de la perte de confiance des Français en leur École.
• Pour combattre la difficulté scolaire, il faut donc agir à la racine en portant une attention spécifique aux plus fragiles.
• Des études scientifiques démontrent que réduire la taille des classes permet aux élèves les plus fragiles de progresser.
• Conformément aux engagements du Président de la République, dès cette rentrée, environ 2 500 classes de CP situées dans les réseaux d'éducation prioritaire renforcés (Rep+) sont dédoublées.
• Aux rentrées suivantes, les CP et les CE1 en réseaux d'éducation prioritaire (REP et REP+) seront dédoublés à leur tour.
Télécharger l'intégralité de la fiche "Diviser par deux les classes de CP et CE1 en réseau d'éducation prioritaire"
Une mobilisation pour la réussite de tous les élèves dès 2018
Le budget 2018 alloué à l'éducation nationale a plusieurs objectifs concernant l'éducation prioritaire.
Pour les élèves des territoires les plus fragiles
Pour la rentrée 2018, 5 600 classes de CP seront dédoublées en REP et REP+ grâce à 3 881 postes d'enseignants supplémentaires devant élèves.

Pour valoriser et stabiliser les équipes en réseaux d'éducation prioritaire renforcés (REP+)
Afin d'accroître l'attractivité des postes et de stabiliser les équipes en réseaux d'éducation prioritaire renforcés (REP+), le déploiement progressif de la revalorisation de 3 000 € par an pour les personnels qui y sont affectés débutera à la rentrée scolaire 2018.

Pour soutenir les familles qui en ont le plus besoin
La volonté d'offrir à tous les élèves les mêmes chances de réussite conduit également à renforcer l'aide aux familles en situation de précarité économique.
Après une revalorisation des bourses de lycée de 10 % à la rentrée 2016, les bourses de collège sont à leur tour revalorisées de 25 % à la rentrée scolaire 2017.
Une enveloppe de 43 M€ supplémentaires sera consacrée à cette mesure au titre de son impact en 2018. »

(Source : education.gouv.fr

Pour répondre à votre question, voici, en guise de pistes, des documents à consulter :

COMMENT L’ÉCOLE AMPLIFIE LES INÉGALITÉS SOCIALES ET MIGRATOIRES ? (CNESCO)

« La politique de l’éducation prioritaire en France a aujourd’hui une histoire de plus de trente ans. Lancée en 1981, elle a été souvent contestée, et néanmoins, les gouvernements successifs l’ont toujours au moins maintenue sinon renforcée. Alors que cette politique était pensée, au départ, comme temporaire, elle a été étendue à chaque nouvelle relance. Ainsi, en 1982, ce sont 8 % des écoliers et 10 % des collégiens qui étaient scolarisés dans 363 zones d’éducation prioritaire (ZEP). La relance de 1990 a fait passer le nombre de zones à 558. Puis, après la relance de 1997-1998 et la création des REP (réseaux d’éducation prioritaire), le nombre de zones est passé à 1 189 ZEP et REP, représentant environ un élève sur cinq. Les réformes suivantes, remplacement des ZEP et REP par les RAR (réseaux ambition réussite) et RRS (réseaux de réussite scolaire) en 2006, puis dispositif ÉCLAIR (Écoles, collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite) en 2011, et enfin REP et REP+ en 2014, n’ont pas diminué le nombre d’établissements concernés. En 2014/2015, ce sont 18 % des écoliers, 20 % des collégiens et 2 % des lycéens qui font leur scolarité dans un établissement de l’éducation prioritaire (DGESCO, 2015).
L’objectif de l’éducation prioritaire est clair et stable dans le temps : il s’agit d’améliorer le niveau scolaire des élèves dans les établissements concernés. Il part du constat que les niveaux moyens de réussite scolaire sont sensiblement plus faibles dans ces établissements que dans les autres.
Deux types d’explications peuvent être avancés pour comprendre ces écarts, et de ces explications découlent alors deux types d’arguments pour justifier une telle action publique. En premier lieu, sur le plan du contexte, on peut considérer que les élèves d’éducation prioritaire, de par la localisation géographique de leur établissement, cumulent des désavantages qui ont des répercussions sur leur scolarité : manque d’infrastructures et de services publics dans le quartier, par exemple. On peut supposer également que le manque de mixité sociale, dans l’établissement et dans le quartier, a un effet négatif sur les élèves : ces établissements rassemblant davantage d’enfants de milieux moins favorisés qui, en moyenne, réussissent moins bien, la probabilité d’avoir une tête de classe qui améliore les résultats de certains autres par effet d’entraînement est donc moins forte ; de même, le risque d’avoir dans la classe des élèves qui posent des problèmes de comportement peut être plus important. Dans ces établissements, les élèves cumulent alors des désavantages scolaires que l’éducation prioritaire cherche à compenser.
En second lieu, indépendamment des effets spécifiques du contexte, on peut considérer, de façon pragmatique, qu’une telle politique permet d’atteindre les élèves les moins favorisés, en touchant les établissements qui en concentrent davantage qu’ailleurs. Si les élèves en difficulté bénéficient davantage que les autres d’une baisse de la taille de la classe, il peut être efficace de cibler les moyens supplémentaires au niveau des établissements, à l’inverse par exemple d’une mesure individuelle telle que le versement de bourses
Éducation prioritaire ou l’aide personnalisée.
Si l’objectif est relativement clair, les moyens pour l’atteindre le sont beaucoup moins. Notamment, les moyens financiers mis en oeuvre sont difficiles à estimer. Est-ce que l’éducation prioritaire conduit effectivement à attribuer davantage de ressources à certains établissements ? Pendant longtemps, cette question est restée ouverte car aucun suivi administratif de budget spécifique n’a été mis en place, il n’était donc pas possible de savoir quels moyens supplémentaires étaient alloués aux établissements de l’éducation prioritaire. En outre, pour certains acteurs, il ne s’agit pas du levier principal ; la mise en réseau et la dynamique des acteurs locaux pour susciter des projets et diffuser des idées pédagogiques constituant, pour eux, les moyens d’action fondamentaux.
La première partie reviendra sur les moyens attribués et leur évolution. La deuxième partie présentera les résultats d’évaluations d’impact portant sur l’éducation prioritaire. Ces évaluations montrent que, en moyenne, les élèves en éducation prioritaire ne réussissent pas mieux que des élèves similaires dans d’autres établissements, voire un peu moins bien. Les troisième et quatrième parties aborderont certaines pistes d’explication de ces résultats décevants, notamment en étudiant la mobilité des élèves puis celle des enseignants. »


Où en est l’éducation prioritaire ? (Cahiers pédagogiques
« Le samedi 2 décembre a eu lieu à Paris le 10ème séminaire professionnel de l’OZP (Observatoire des zones prioritaires). Il y a été question des CP à douze élèves, du pilotage des réseaux, d’innovation et de formation.
L’Observatoire des zones prioritaires est une association de professionnels œuvrant dans les espaces circonscrits comme prioritaires au sein de l’Éducation nationale, dans un lien organique à la politique d’éducation prioritaire. Depuis le début, elle scrute avec vigilance les évolutions des politiques dans ce domaine, veillant à ce que les décisions prises par le ministère ne dissolvent pas la spécificité des zones prioritaires (à savoir la concentration de la difficulté dans des périmètres où l’infériorité des résultats scolaires est flagrante) dans le tout venant des politiques de gestion du système …
Où en est l’éducation prioritaire en cette rentrée ?
État des lieux
Quelques indices : il existe 364 REP+, regroupant 7 % des collégiens et écoliers, dont 293 en métropole, avec des concentrations plus fortes dans les académies de Lille, Créteil, Aix-Marseille, et Lyon. 712 REP accueillent 13% des élèves.
Concernant la scolarisation des moins de trois ans, elle concerne 22% de es enfants dans les REP (10% ailleurs), avec un objectif de 50% en 2019-20.
La concentration des élèves défavorisés en éducation prioritaire perdure.
Aujourd’hui, la question reste ouverte de la volonté du nouveau ministre de poursuivre et accentuer cette politique. Montrera-t-il pragmatisme et bienveillance, ou dogmatisme et défiance ? Pour l’OZP, la déconstruction brutale, sans évaluation, sans audit du dispositif « Plus de maîtres que de classes » est un mauvais signal. Cependant, le référentiel de l’éducation prioritaire (instauré en 2014 après un travail de réflexion auquel l’OZP a participé) est en bonne place dans le site de l’Éducation nationale.
Mais des ambiguïtés demeurent, selon l’OZP, sur l’extension du dispositif du CP à douze ; sur le versement de la prime de 3000 € aux personnels ; sur la carte de l’éducation prioritaire : le ministre a annoncé une révision en 2019, comme convenu, en partenariat avec politique de la ville, mais de façon « territoriale » (c’est-à-dire échappant à la décision interne) et particularisée.
La préparation de la rentrée prochaine sera un signe fort de l’engagement du ministère, a conclu Marc Douaire, soulignant l’importance de la pédagogie, des gestes professionnels, de la collaboration avec autres métiers et de l’appartenance des acteurs à un collectif professionnel et enfin l’importance de l’engagement de l’encadrement des établissements et des circonscriptions et de l’administration. Il s’agit de faire vivre les dispositifs. »

L’éducation prioritaire : un problème ou une solution ? (Le café pédagogique)
« L’éducation prioritaire : un bilan mitigé, voire négatif
Plusieurs synthèses de recherches, des méta-analyses dans le jargon des spécialistes, sont disponibles sur l’éducation prioritaire. Les recherches qualitatives, fondées sur des entretiens auprès des acteurs de l’éducation prioritaire (professeurs, chefs d’établissement, autres) ne permettent pas une connaissance objective des progressions des élèves faibles scolarisés dans l’éducation prioritaire faute d’une mesure statistique rigoureuse de leurs progressions. Les études quantitatives débouchent sur des résultats convergents : les élèves scolarisés en éducation prioritaire ne progressent pas plus vite que les élèves faibles de même niveau scolarisés hors de celle-ci (Merle, 2015). Parfois même, la progression des élèves scolarisés dans l’éducation prioritaire est plus faible. Comment expliquer un résultat a priori paradoxal ?
Une des interprétations habituelles est de considérer que les moyens spécifiquement alloués aux établissements de l’éducation prioritaire ne compensent pas les difficultés propres à ces établissements d’une part parce que ces moyens supplémentaires sont limités (cf. infra), d’autre part parce que les difficultés rencontrées pas ces élèves sont importantes, notamment une forte concentration d’élèves en difficulté scolaire, source d’« effets de pairs » négatifs. Sur cette question, les recherches recoupent l’expérience subjective des professeurs. Lorsque la proportion d’élèves en difficulté scolaire augmente dans une classe, il est plus difficile de faire progresser les élèves. Il manque des « locomotives », des élèves moyens ou bons susceptibles de constituer des exemples, d’aider leurs camarades et de créer une dynamique scolaire.
Que faut-il conclure du bilan mitigé, voire négatif, de la politique d’éducation prioritaire ? Qu’il faut supprimer les aides accordées aux établissements qui scolarisent le plus les élèves en difficulté ou qu’il faut augmenter celles-ci ? Est-ce la discrimination positive qui pose problème ou la manière dont cette politique est mise en œuvre, notamment la faiblesse des moyens supplémentaires ? Le fait que la politique de l’éducation prioritaire n’ait pas atteint ses buts ne permet pas de savoir en quoi elle n’est pas performante. Une des faiblesses de celle-ci résulterait notamment de la labellisation des établissements en difficulté scolaire. »


Éducation prioritaire en France (article wikipédia)
« Les limites de la politique de l’éducation prioritaire
Les difficultés rencontrées
• En raison de leurs origines sociales, les familles ne sont pas à même de répondre convenablement aux besoins de leurs enfants en matière d'éducation.
• Les difficultés présentes dès l'élémentaire et le pré-élémentaire ne sont pas assez prises en compte alors que se creusent les inégalités dès la petite enfance.
• Les enseignants ont du mal à percevoir les capacités réelles des élèves, de plus face à la proportion d'élèves défavorisés dans les classes, les enseignants ont tendance à être moins exigeants et donc à diminuer leurs attentes.
• Il est difficile pour les nouveaux enseignants d'exercer dans les ZEP, pourtant plus d'un nouvel enseignant sur cinq commence sa carrière dans l’Académie de Créteil. Le problème de stabilité des équipes éducatives fait qu'il est aussi difficile d'assurer un suivi pédagogique des élèves (près d'un enseignant sur deux aura quitté l’Académie de Créteil dans les trois années qui suivent son affectation).
Un constat d’échec en 2006
Les objectifs de l'éducation prioritaire n'ont pas réussi à combler de façon significative les écarts entre les élèves en éducation prioritaire et hors éducation prioritaire. Ainsi, selon l’Inspection Générale3 [archive], en 2006 « les moyens supplémentaires importants - environ un milliard d’euros attribués à l’éducation prioritaire - n’ont pas réussi à augmenter sensiblement les performances des élèves.
On peut cependant voir dans le réseau "Collège Ambition réussite"7la continuité de l'éducation prioritaire. »

Enfin, vous pouvez également faire des recherches dans des revues spécialisées telles que Les cahiers pédagogiques, Diversité et la Revue d’éducation pédagogique que nous possédons à la bibliothèque.
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