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mu-conotoxine GIIIB

par Chloé09, le 13/02/2018 à 14:13 - 1250 visites

Bonjour,
j'aurais voulu en savoir plus sur l'utilisation de cette toxine pour la médecine neurologique. Et savoir de quel mollusque on s'interresse davantage entre le Conus géographus, le C.tulipa, le C.striatus, le C.magus, le C.catus ou encore le Conus textile...
Et si possible m'expliquer son fonctionnement
Merci

Réponse du Guichet du savoir

par bml_san, le 14/02/2018 à 15:51

Réponse de Cap’Culture Santé :

Bonjour,

Nous ne pourrons pas répondre de façon très pointue à votre demande. Nous sommes des bibliothécaires et non des biochimistes !

Tout d’abord, nous vous proposons une définition du terme conotoxine :

Toxine polypeptidique du venin des cônes (Mollusques de la famille des Conidae); constituée de 10 à 40 acides aminés.

Chaque venin de cône contient plusieurs types de toxine ; il y a une centaine de peptides par espèce. On classe schématiquement les conotoxines en six types :

- ω (oméga) – toxines, bloquant le canal calcique, d’où interruption de la transmission des messages nerveux par le glutamate notamment,

- μ (mu) – toxines bloquant les canaux sodiques post-synaptiques des muscles squelettiques, ce qui entraîne une paralysie flasque,

- α (alpha) – toxines bloquant les récepteurs nicotiniques à l’acétylcholine, aussi bien neuronaux que musculaires, ce qui produit un effet curarisant avec paralysie flasque,

- ψ (psi) - toxines bloquant aussi les récepteurs nicotiniques, ce qui produit une paralysie flasque,

- κ (kappa) – toxines bloquant les canaux potassium voltage-dépendants et / ou les canaux calcium.


Si nous n’avons pas trouvé la définition exacte, nous pouvons cependant vous dire que cette conotoxine est issue de de l’escargot de mer (autrement appelé cône ou conus) geographus (le G). Les III représente un motif cystéine qui est codé en CC-C-C-CC. Nous n’avons pas trouvé la lettre B mais le A désigne le premier peptide d’une série d’homologues. Enfin, une lettre grecque est utilisée comme préfixe pour désigner la famille et donc le mode d’action de la conotoxine, le mot mu désigne donc une conotoxine qui bloque les canaux sodium (famille µ).

Image
Conus geographus


Vous pouvez toutefois consulter vous-même la Thèse pour le diplôme d’état de docteur en pharmacie par Yves-Marie letourneux : les mollusques du genre Conus et les applications thérapeutiques de leurs venins de 2004, dont nous nous sommes servis pour répondre à votre question.

Vous pouvez consulter des extraits ci-dessous :

« Depuis une trentaine d’années, les cônes passionnent les scientifiques pour une autre raison : leur venin. Les toxines contenues dans ces venins nommées conotoxines, perturbent le fonctionnement du système nerveux ou des muscles. Les cônes utilisent une panoplie de conotoxines qui agissent en synergie afin de paralyser leurs proies. Leur spécificité d’action physiologique fait de ces toxines des agents potentiellement utilisables dans le traitement de pathologies très diverses. »

"Les conotoxines sont les composants les plus nombreux, les plus étudiés et les plus intéressants du venin des cônes. Ces petits peptides de 8 à 41 acides aminés, réticulés par deux à cinq ponts disulfure, ont une structure très compacte et sont ainsi relativement stables. Ils sont responsables de la plupart des symptômes toxiques observés lors d’une envenimation. "

"Le nom de chaque conotoxine obéit à une nomenclature basée sur son activité biologique, le nom du cône et le motif cystéine qu’elle présente :
- Une lettre grecque est utilisée comme préfixe pour désigner la famille et donc le mode d’action de la conotoxine. Ainsi la µ-GIIIA désigne une conotoxine qui bloque les canaux sodium (famille µ)
- On désigne ensuite l’espère du cône à l’aide d’une abréviation d’une ou deux lettre romaines appartenant au nom de l’espèce. Pour les cônes piscivores, on utilise seulement la première lettre du nom, pour les autres cônes, on utilise en plus une consonne. Ainsi, on désigne par un M le Conus magus (piscivore), et par Mm le Conus marmoreus (malacophage). Autres exemples : Cf pour californicus, C pour catus, G pour geographus, O pour obscurus, P pour purpurascens, S pour striatus, Tx pour textile, T pour Tulipa…
- Un chiffre romain est enfin utilisé pour désigner le type de motif cystéine. Une lettre romaine lui est ajoutée le cas échéant pour différencier les conotoxines encore identiques. Ainsi la µ-GIIIA, isolée à partir du venin de C. geographus (G), désigne une conotoxine dont le motif cystéine est CC-C-C-CC (motif III) (A désignant le premier peptide d’une série d’homologues)."


Vous pouvez aussi consulter une présentation sous forme de powerpoint du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) sur la Diversité des toxines d’origine animale et stratégies d’ingénierie de peptides et de protéines de 2014, qui peut vous donner quelques explications sur les recherches en cours.


Par ailleurs, un article du CNRS de 2015 fait le point sur les recherches en cours.


Enfin, nous vous conseillons la lecture d’un document que nous n’avons pas pu consulter car il est actuellement emprunté : Chimie et cerveau / Yves Agid, Morgane Besson, Joël Bockaert... ; coordonné par Minh-Thu Dinh-Audouin, Danièle Olivier et Paul Rigny, qui aborde peut-être le sujet.


En vous souhaitant une bonne lecture !

Cordialement,

L’équipe Cap’Culture Santé.
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