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R. P. en Dieu

par Gallicanaute, le 22/01/2018 à 13:06 - 655 visites

Bonjour,
Que signifie "R. P. en Dieu" (trouvé dans Gallica, dans le titre : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70677n) ?
Cela pourrait-il signifier "Révérend Père", et si oui, quelle est la signification exacte ?
Merci pour vos éclaircissements !

Réponse du Guichet du savoir

par gds_db, le 23/01/2018 à 11:44

Bonjour,

Il s'agit effectivement de l'abréviation de Révérend père en Dieu, un titre donné autrefois aux évêques et même aux cardinaux mais qui est aujourd'hui celui des religieux.

D'après le Dictionnaire culturel de la langue française, "révérend" est emprunté au latin reverendus "vénérable" (qui doit être révéré).
"Dans la religion chrétienne, "révérend" s'emploie comme épithète honorifique devant les mots père, mère, en parlant de religieux ou en leur parlant (abréviation R.P., R.M.)"

Octovien de Saint Gelais était effectivement évêque d'Angoulême.

D'après Voltaire ce titre était donné aux évêques avant l'arrivée Richelieu au pouvoir :

Citer:
En France le monseigneur est une terrible affaire. Un évêque n'était, avant le cardinal de Richelieu, que mon révérendissime père en Dieu 1.
Avant l'année 1635, non-seulement les évêques ne se monseigneurisaient pas, mais ils ne donnaient point du monseigneur aux cardinaux. Ces deux habitudes s'introduisirent par un évêque de Chartres, qui alla en camail et en rochet appeler monseigneur le cardinal de Richelieu sur quoi Louis XIII dit, si l'on en croit les Mémoires de l'archevêque de Toulouse, Montchal « Ce Chartrain irait baiser le derrière du cardinal, et pousserait son nez dedans jusqu'à ce que l'autre lui dit C'est assez. »
Ce n'est que depuis ce temps que les évêques se donnèrent réciproquement du monseigneur.
Cette entreprise n'essuya aucune contradiction dans le public. Mais comme c'était un titre nouveau que les rois n'avaient pas donné aux évêques, on continua dans les édits, déclarations, ordonnances, et dans tout ce qui émane de la cour, à ne les appeler que sieurs; et messieurs du conseil n'écrivent jamais à un évêque que monsieur.

1. En 1750 il y avait « Mon révérendissime père en Dieu; mais quand Richelieu fut secrétaire d'État, étant encore évêque de Luçon, ses confrères les évêques, pour ne pas lui donner ce titre exclusif de monseigneur que les secrétaires d'État commencèrent à prendre, convinrent de se le donner à eux-mêmes. Cette entreprise n'essuya, etc. »

source : Œuvres complètes de Voltaire. T. 18 / Condorcet et d'autres études biographiques (p.114)

Ce qui est confirmé par le Dictionnaire des origines, decouvertes, inventions et etablissemens :
" Anciennement, on qualifioit les Evêques, de très-saints & bienheureux ; ce n’est que depuis le Cardinal de Richelieu qu’ils ont pris le titre de Monseigneur, & qu’ils ont la Grandeur. On les appelloit auparavant Révérend Père en Dieu, ou Messire N."

Le Dictionnaire de la langue française.... Tome 4 / É. Littré - Hachette - 1873-1874, précise que ce titre fut ensuite généralisé aux religieux :
"Il n'y a guère plus de deux siècles que le titre de révérend père se donnait aux évêques ; mais, depuis qu'ils ont pris celui de Monseigneur, et que Votre Grandeur a succédé à Votre Révérence, les prêtres des ordres religieux ont pris celui de révérends pères au lieu de celui de frères."

Bonne journée.
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