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Cholestérol

par pinous57000, le 10/01/2018 à 17:45 - 999 visites

Bonjour et bonne année chér.es et heureux bibliothécaires forçats obsessionnels de la réponse en 48 h (top chrono !) qui ont mon admiration.

Ma question:

Comment le taux minimal et maximal (c'est-à-dire la fourchette 1,40-2,00 g/l ) de cholestérol ont été (trouvés ?) calculés ?

Je n'ai rien trouvé sur le sujet, si ce n'est des techniques de dosage et des réponses hors sujet

Bien amicalement
Pinous

Réponse du Guichet du savoir

par bml_san, le 11/01/2018 à 16:47

Réponse de Cap’Culture Santé :

Bonjour et bonne année à vous aussi !

Votre question touche à une polémique récente sur l’usage des statines pour réduire ce fameux taux de cholestérol trop élevé. Ce taux a été calculé depuis les années 50 sur la base de recherches - considérées comme biaisées par le magazine books, les scientifiques interrogés dans le film Cholesterol, le grand bluf (disponible dans nos rayons), et l’auteur de Cholestérol, mensonges et propagande - . « Ainsi le physiologiste américain Ancel Keys, qui, le premier, avait attribué à la surconsommation de graisses saturées la stupéfiante épidémie d'accidents cardio-vasculaires survenue dans les années 1950 dans certains pays occidentaux, a-t-il délibérément passé sous silence les contre-exemples statistiques. Tandis que les études cliniques des statines ont été financées à 80 % par les laboratoires qui avaient le plus intérêt à ce qu'elles s'avèrent positives.»


Malgré toutes nos recherches, nous n’avons, hélas, pas trouvé pourquoi ou comment ses taux ont été définis. Il doit certainement être possible de trouver des définitions dans des études et des thèses scientifiques mais nous n’avons pas le bagage nécessaire pour les décrypter. Et il n’y a pas d’articles vulgarisant ce sujet. Dans le livre, Cholestérol, mensonges et propagande, l’auteur fait mention d’une étude d’Ancel Keys contenant des diagrammes qui expliquent la corrélation entre cholestérol et mortalité. Vous pouvez consulter cet ouvrage dans nos rayons. Vous pouvez aussi tenter de poser votre question auprès de la Cité de la santé et de la bibliothèque interuniversitaire de médecine de Paris qui disposent elles aussi d’un service de questions / réponses à distance et, peut-être, de ressources universitaires sur le sujet.

En attendant, vous pouvez consulter ci-dessous des éléments de réponses autour de votre question qui permettent de mieux comprendre le débat autour du cholestérol.

Tout d’abord, il est nécessaire de comprendre comment fonctionne le cholestérol. Caducee.net propose une explication claire et relativement concise :

Citer:
Le cholestérol est la substance lipidique la plus abondante du monde animal et la plus importante d'un point de vue métabolique, notamment en tant que précurseur des hormones stéroïdes.

C'est un stérol qui a deux origines :

- une origine exogène : alimentation

- une origine endogène : biosynthèse. Le foie est l'un des principaux sites de synthèse.

Le cholestérol est présent dans toutes les cellules. Son taux élevé peut entraîner des calculs biliaires ou constituer un facteur de risque de l'athérosclérose.

Il peut se présenter sous deux formes :

- forme libre c'est à dire non associé à une autre substance. Le cholestérol se situe à la surface de la lipoprotéine

- forme estérifiée c'est à dire lié à un acide gras pour former des stérides. Le caractère faiblement hydrophile qui pouvait exister dans l'autre forme est alors totalement supprimé.

Rôle du cholestérol

- Le cholestérol est le constituant indispensable de nos cellules. C'est le composant fondamental des membranes cellulaires : une partie importante du cholestérol est en effet utilisée pour la constitution de la couche lipidique des membranes plasmiques. Il a également un rôle dans la fluidité des membranes.

- Le cholestérol est le précurseur des hormones stéroïdes.

- Le cholestérol est entre autres utilisé par notre organisme pour la fabrication de substances comme la vitamine D.

- C'est le constituant essentiel de la bile.

La notion de "bon" et "mauvais cholestérol"

Il n'existe évidemment pas deux molécules différentes de cholestérol. Mais le cholestérol est véhiculé dans le sang par des systèmes de transport aux rôles très différents : les lipoprotéines LDL (lipoprotéines de petite densité) et HDL (lipoprotéines de haute densité). C'est pour cela qu'on distingue le cholestérol-HDL et lecholestérol-LDL, l'ensemble formant le cholestérol total.

- Les HDL récupèrent le cholestérol dans les organes qui en ont trop pour le rapporter au foie où il est éliminé. Elles ont la faculté de nettoyer nos artères de tous les dépôts lipidiques de mauvaise qualité et de réduire le risque de voir apparaître une plaque athéromateuse. On parle de "bon cholestérol".

- Les LDL déposent le cholestérol sur les parois des artères. Il se forme alors, petit à petit, de véritables plaques de graisse, appelées athéromes. On parle dans ce cas de "mauvais cholestérol".


Sur wikipédia, d'après le film documentaire "Cholestérol, le grand bluff", on trouve les origines de l’apparition du « mauvais » cholestérol :

Citer:
Dans les années 1950, les États-Unis connaissent une épidémie d'accidents cardio-vasculaires sans précédent qui touche même le président Eisenhower, qui fait une crise cardiaque en 1955.
La journaliste Nina Teicholz explique que le physiologiste américain Ancel Keys, de l'université du Minnesota, avance alors l'idée que le problème venait des « graisses saturées, qui faisaient grimper le taux de cholestérol total qui, à son tour, bouchait les artères et causait les crises cardiaques. »
Gary Taubes (journaliste scientifique américain) continue : « Keys avance cette hypothèse et les chercheurs commencent à la tester. Mais, très vite, la communauté scientifique en parle comme si c'était établi : il faut juste confirmer ».

En 1958, Ancel Keys lance une étude sur le lien statistique entre l'alimentation, le taux de cholestérol et le risque cardio-vasculaire, étude qui porte sur 14 000 hommes répartis dans 14 régions de sept pays (Grèce, Yougoslavie, Italie, Pays-Bas, Finlande, États-Unis et Japon). Selon Henry Blackburn (épidémiologiste, adjoint d'Ancel Keys), des gens les ont appelés de Finlande pour inclure ce pays dans l'étude car la Finlande connaissait alors le plus haut taux de crises cardiaques du monde.

Pour le docteur Dominique Dupagne (médecin généraliste et journaliste médical), Keys fait alors « une mauvaise science qui consiste à fabriquer des faits qui vont valider son hypothèse. ». Il publie une courbe qui relie, pour six pays (Japon, Italie, Royaume-Uni, Australie, Canada et USA), la mortalité au taux de graisses dans l'alimentation mais « il sélectionne les données qui valident son point de vue » et omet sur ce graphique la France et la Finlande qui sont situés tout à fait en dehors de cette courbe : la France a un taux d'infarctus sept fois moindre que la Finlande alors que les deux pays ont la même consommation de matière grasse. Selon Dupagne, Ancel Keys « a illustré une maxime de Churchill qui disait : Je ne crois qu'aux statistiques que j'ai falsifiées moi-même ». Pour lui, « C'est de la très mauvaise science ».

Deux statisticiens contestent les travaux de Keys et lui reprochent d'avoir sélectionné les données qui collent avec son hypothèse. Ancel Keys recueille alors des fonds très importants, fait des dosages de cholestérol et publie l'étude des sept pays. Il publie un graphique qui montre cette fois-ci une corrélation entre, non plus le taux de graisses dans l'alimentation, mais le taux de cholestérol moyen des populations et leur taux d'infarctus. Mais, comme le souligne Dupagne, Keys continue de prendre une sélection de pays qui confortent son hypothèse. Et, en particulier, il ne reprend toujours pas la France dans son étude car les Français « ont un taux de cholestérol qui est plutôt supérieur à la moyenne et ils s'obstinent à être les champions du monde de non-infarctus ».

Dupagne conclut en disant que « cette manipulation va embarquer les pays occidentaux dans une guerre contre le cholestérol qui aura des implications énormes et qui n'est pas fondée sur des choses solides ».

En réalité, on sait depuis que le cholestérol-LDL (Lipoprotéine de basse densité) est à la base de la formation de l'athérome qui est le phénomène physiologique expliquant l'infarctus, même si la mesure de ce taux n'est utilisé qu'en partie dans la quantification du facteur de risque, qui est plus généralement liée à l'activité physique, l'alimentation, le stress, la génétique.


Sur Arte.tv, dans un dossier consacré au cholestérol, un médecin répond à la question suivante : Est-il judicieux de parler d'un taux de cholestérol "normal" ?

Point de vue de la position classique: Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), une personne en bonne santé devrait avoir dans le sang un taux maximal de cholestérol LDL de 160 mg/dl et au moins 40 mg de cholestérol HDL /dl de sang, étant entendu qu'un taux supérieur de HDL doit pouvoir atténuer les effets négatifs d'un excès de LDL. Lorsqu'une personne cumule plusieurs facteurs de risque comme le tabagisme, l'hypertension artérielle ou le diabète, des taux de LDL bien plus faibles sont recommandés. Chez une personne souffrant déjà de maladies cardiovasculaires dont il s'agit d'endiguer la progression dans le cadre d'une "prévention secondaire", on vise un taux maximal de cholestérol LDL de 70 mg/dl de sang.

Point de vue de la position critique: Le taux de cholestérol circulant dépend des besoins de l’organisme de chaque individu et varie donc selon qu’on est un homme ou une femme, selon l’âge – quand on prend de l’âge (par exemple au moment de la ménopause), la concentration de cholestérol augmente mais c’est physiologiquement normal car ça répond à un besoin –, selon les saisons et même au cours d’une journée.

Le site esculape.com présente 5 études faites sur le cholestérol. Ces cinq études confirment ce qui avait été pressenti dans les études antérieures, à savoir que toute baisse du cholestérol total (ou du cholestérol LDL) de 1 % permet de réduire les événements coronariens (mortels et non mortels) de 1 à 2 %.

Le docteur qui tient ce site précise toutefois, à la fin de ces études : « à noter toutefois que les 5 études précédentes n'y font pas référence et que la preuve de l'efficacité en terme de morbi-mortalite, évènements cardiovasculaires reste à apporter (07/2003) » Mais la mise à jour date de 2003.

Un article de 2017 sur la prise en charge des dyslipidémies : quelles nouvelles recommandations ? Sur le site de la Société française de cardiologie.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter ses ouvrages dans nos rayons :

La vérité sur le cholestérol / Philippe Even

DVD : Cholestérol : le grand bluff / réalisation d'Anne Georget

L'horrible vérité sur les médicaments anticholestérol : comment les statines empoisonnent en silence / Michel de Lorgeril

Cholestérol, mensonges et propagande / Michel de Lorgeril


Cordialement,

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