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Chapeau bas !

par BARBU DES BOIS, le 22/10/2017 à 20:51 - 324 visites

Bonsoir.

Je fais appel encore une fois à votre grand savoir !

Dans une église, il est communément admis que les hommes doivent ôter leur coiffure, alors que les femmes peuvent la conserver.

Je me suis toujours demandé pourquoi.

Je vous remercie par avance si vous pouvez me donner quelques indications, ce dont je ne doute pas.

Bien cordialement.
Barbu des bois

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 25/10/2017 à 10:05

Bonjour,

L’article publié sur wikipedia note que la mantille est « le couvre-chef usuel des femmes catholiques à la messe, couvre-chef justifié par la lecture du chapitre 11 de la première épître aux Corinthiens » et précise que « Le code de droit canonique de 1917 rend obligatoire le couvre-chef pour les femmes dans une église.
En France, le port de la mantille, comme de tout couvre-chef par les femmes à la messe, est tombé en désuétude à partir des années 1960, et le code de droit canonique de 1983 ne fait plus référence à une obligation pour les femmes de se couvrir à l'Église.
Toutefois, l'usage s'est maintenu dans d'autres pays que la France (par exemple en Espagne où l'usage est de porter pour son charme une mantille légère2, dans certaines régions, ou en certaines occasions.
Enfin, la mantille est toujours portée par les femmes ayant une audience avec le Pape, bien que l'usage ne soit plus soutenu avec la même exactitude qu'auparavant ».

Rosine Lambin étudie, ce sujet, à savoir « Paul et le voile des femmes » publié dans Clio. Histoire‚ femmes et sociétés dans lequel elle rapporte que la « première lettre de Paul aux Corinthiens (11/2-16) est le premier écrit issu des religions monothéistes à avoir lié le voile des femmes à leur relation à Dieu :

Je vous félicite de vous souvenir de moi en toute occasion, et de conserver les traditions telles que je vous les ai transmises. 3 Je veux pourtant que vous sachiez ceci : le chef de tout homme, c'est le Christ ; le chef de la femme, c'est l'homme ; le chef du Christ, c'est Dieu. 4 Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait affront à son chef. 5 Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef ; car c'est exactement comme si elle était rasée. 6 Si la femme ne porte pas de voile, qu'elle se fasse tondre! Mais si c'est une honte pour une femme d'être tondue ou rasée, qu'elle porte un voile ! 7 L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est l'image et la gloire de Dieu ; mais la femme est la gloire de l'homme. 8 Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, 9 Et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. 10 Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance, à cause des anges. 11 Pourtant, la femme est inséparable de l'homme et l'homme de la femme, devant le Seigneur. 12 Car si la femme a été tirée de l'homme, l'homme naît de la femme et tout vient de Dieu. 13 Jugez par vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ? 14 La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas qu'il est déshonorant pour l'homme de porter les cheveux longs ? 15 Tandis que c'est une gloire pour la femme, car la chevelure lui a été donnée en guise de voile. 16 Et si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude et les églises de Dieu non plus.1

Des trois grandes religions monothéistes, le christianisme a été la première à imposer le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux, c'est-à-dire en incluant le voile dans une démonstration théologique. Dans les écritures monothéistes - la Bible hébraïque, le Nouveau Testament et le Coran - seule la première lettre de Paul aux Corinthiens (11/2-16) justifie le port du voile par les femmes en l'appliquant aux rapports qu'ont les hommes et les femmes à Dieu. L'intérêt particulier de ce texte est d'avoir généré tout un discours sur la tenue des femmes et de leur avoir durablement imposé de se couvrir la tête dans tout le monde chrétien alors que le voile des femmes n'était auparavant qu'une pièce de vêtement d'origine païenne localisée dans les villes des pourtours de la Méditerranée aussi bien en Occident qu'en Orient. À la fin du XXe siècle, dans les pays méditerranéens, en Europe du Sud et en Orient chrétien, ainsi que chez les religieuses des trois grandes confessions chrétiennes, les femmes portent encore souvent un voile ou un foulard. De nombreux Pères de l'Église5, aussi bien en Orient qu'en Occident, ont repris et commenté le texte de Paul pour en garantir la portée législative universelle6. Dans le Coran, Dieu dit à Mohammed d'ordonner aux femmes de se couvrir et de rabattre leur vêtement sur leur poitrine pour que les hommes les respectent, mais le texte n'inscrit pas cette démarche dans le rapport que doivent avoir les femmes à la divinité : le voile n'est que social. La coutume, citadine et païenne, du voile des femmes acquiert avec Paul (v. 5-15/v. 62-64) un statut religieux et cultuel, ce que le judaïsme a évité et ce que le Coran n'a pas repris ».

Pour approfondir le sujet, nous vous laissons parcourir les ouvrages suivants :

Pudeurs féminines: voilées, dévoilées, révélées / Jean-Claude Bologne, 2010 : La pudeur, n'est-elle pas toute la femme ?", demandait Balzac. Même dévêtue, celle-ci conserve ce voile de pudeur invisible qui distingue, pour les moralistes, la femme honnête de la dévoyée. Bel éloge de la féminité, mais lourde responsabilité qui a souvent contribué à l'effacement de la parole et du corps féminins. La pudeur féminine a en Occident une histoire spécifique, retracée ici depuis l'Antiquité grecque. Aujourd'hui, pourtant, on la résume souvent dans une opposition binaire entre impudeur et pudeur : d'un côté, la femme-objet, dont la chair exposée est réduite à un pur objet de désir ; de l'autre, la femme cachée, vêtue jusqu'au bout des ongles. Dévoilée ou voilée, la nudité féminine est érotisée, suscitant la honte ou le désir. L'exacerbation des positions est la conséquence naturelle de cette réduction abusive. Chacun se bat au nom de la "liberté" de la femme, les uns estimant que le voile l'emprisonne ; les autres, que le dévoilement l'asservit au désir masculin. Je rappellerai donc cette troisième dimension, celle du voile naturel et invisible qui révèle la femme, afin de retrouver et de réhabiliter, loin des débats biaisés, une chair déculpabilisée et une pudeur faite de respetc.

Pratiques de l'eucharistie dans les églises d'Orient et d'Occident (Antiquité et Moyen Âge): L'institution / Nicole Bériou, Béatrice Caseau, Dominique Rigaux, 2009
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