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Réchauffement de la planète

par THOT, le 22/10/2017 à 17:51 - 565 visites

Bonjour,

est-il exact qu'à l'origine le Nil et d'autres grands fleuves étaient beaucoup plus larges et leur vallée plus vastes ?

Merci.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_et, le 25/10/2017 à 10:14

Bonjour,

L’action de l’homme, la construction de barrages et le développement de l’irrigation ont eu une influence certaine sur l’évolution des grands fleuves tels que le Nil :

« • L'ancienne Egypte
Depuis l'Antiquité, l'une des plus anciennes civilisation mène ici une vie étroitement liée aux eaux abondantes et limoneuses du fleuve.
Les anciens Egyptiens appellent la vallée du Nil, "les vergers d'Osiris". Ils se désignent sous le nom de Remtou Kemi , "Hommes de la terre noire", par opposition aux Khasetiou , les nomades du désert...
Les Egyptiens ont découvert l'agriculture sur les rives du Nil et des techniques ancestrales comme le chadouf ci - contre existent encore mais l'irrigation intensive s'est développée en relation avec l'augmentation de besoins de la population croissante.

Le rôle des crues
Le Nil était célèbre dans le passé pour ses inondations saisonnières dues aux pluies estivales torrentielles.
Selon Hérodote, « l'Égypte est un don du Nil ».
"Comment, en effet, aurait pu naître et s'épanouir la civilisation égyptienne sans la crue qui, chaque année, déposait au milieu des sables du désert les limons noirs arrachés aux plateaux volcaniques de l'Éthiopie et apportait l'eau nécessaire à l'irrigation des cultures ? "

D'après Aude Gros de Beler, Égyptologue à la Mission Française des Fouilles de Tanis Professeur d'égyptologie à HEC
Ces crues permettaient l'épandage naturel des limons, elles participaient aussi directement à la recharge des aquifères alluviaux sans avoir les impacts négatifs liés à la création de grands barrages nécessaires à la régulation du cours du fleuve.
L'utilisation de la ressource (urbanisation, irrigation...) a au fil du temps nécessité des installations beaucoup plus sophistiquées (canaux, stations de pompage, barrages...).
Les cycles d'inondations et de sécheresses vont conditionner les ambitieux projets d'irrigation en Egypte.
Le flux de l'eau s'est trouvé ainsi fortement modifié entre les différents réservoirs.

[…]Le premier barrage d'Assouan a été construit en 1889, quand l'Egypte était contrôlée par les Britanniques, afin d'accroître l'irrigation des cultures, essentiellement de coton.
A cause de l'augmentation de la demande d'eau et des crues irrégulières, le barrage a été relevé à deux reprises (1912 et 1933). Quand des discussions ont repris pour le relever une 3ème fois, la construction d'un super barrage plus haut a été envisagée.
La décision finale a été prise par l'ancien président égyptien Gamal Abdul Nasser. La construction du Haut Barrage d'Assouan a conduit à l'inondation du premier barrage et de la région de Nubie.
Le débit du Nil près de la ville du Caire, a chuté de manière drastique après la construction, cet énorme ouvrage contrôle les inondations et le stockage de l'eau durant les périodes de sécheresse, il produit aussi de l'électricité.
"Depuis son achèvement, le barrage d'Assouan a piègé les sédiments du Nil dans le réservoir d'eau. L'analyse de ces dépôts montre que le Nil transporte en moyenne 200 millions de tonnes de sable par an. Ces sables se composent surtout de feldspath, de matériel volcanique et de minéraux métamorphiques. Ils ne peuvent provenir que des hauts plateaux d'Éthiopie : une région fortement déboisée, soumise à l'agriculture et bien arrosée par la mousson d'été."
(Hurtley S. & Yeston J. 2006, Sediment source,. Science 314, 1355. ) »
Source : eduterre.ens-lyon.fr


D’après une étude réalisée en 2009, c’est le réchauffement climatique qui est le principal responsable de la baisse global du débit des grands fleuves dans le monde :

« Le débit des plus grands fleuves de la planète a baissé en un demi-siècle, montre une étude de 925 cours d'eau majeurs à paraître dans la revue de la Société américaine de météorologie Journal of Climate.
L'étude, qui porte sur la période 1948-2004, montre un déclin global du débit des fleuves. La baisse du volume de l'eau douce s'écoulant dans l'océan Pacifique représente par exemple l'équivalent du fleuve Mississippi.
La seule région à connaître une tendance inverse est l'Arctique, où le réchauffement climatique accroît la fonte des neiges et des glaces, explique le principal auteur de l'étude, Aiguo Dai, du Centre national américain pour la recherche atmosphérique.
«Les ressources en eau douce vont probablement décliner au cours des décennies à venir dans de nombreuses régions densément peuplées à des latitudes moyennes et basses, essentiellement à cause des changements climatiques», précise-t-il. «La disparition rapide des glaciers de montagne sur le plateau tibétain et dans d'autres régions aggravera les choses.»
«Alors que le climat va inévitablement continuer à changer dans les prochaines décennies, nous verrons probablement des impacts plus grands sur de nombreux fleuves et ressources en eau», renchérit Kevin Trenberth, co-auteur de l'étude.
M. Dai insiste sur le changement climatique comme cause majeure de ces changements, même si d'autres facteurs interviennent également, comme les barrages et le détournement de l'eau pour l'agriculture et l'industrie. «Des changements à long terme dans le débit (des fleuves) devraient être une préoccupation majeure durant la période de réchauffement de la planète», affirme-t-il. »
Source : lapresse.ca

« Les auteurs notent que parmi les fleuves dont le débit s'est réduit figurent des cours d'eau irriguant des zones densément peuplées : le Fleuve Jaune au nord de la Chine, le Gange en Inde, le Niger en Afrique de l'ouest et le Colorado, au sud-ouest des Etats-Unis. L'Amazone voit son débit diminuer mais les fluctuations sont très fortes (le phénomène El Niño diminue la quantité d'eau, faisant de même dans l'Orénoque et le Niger) et les mesures sont difficiles.

Appauvrissement en eau dans les régions chaudes
En revanche, plusieurs des fleuves dont le débit a augmenté se trouvent dans les régions arctiques, là où la fonte des glaciers s'est renforcée. Exception, le Mississipi a gonflé de 22%, à cause de l'augmentation des précipitations sur le Midwest (les Etats situés, en gros, entre les grands lacs et le centre des Etats-Unis).
Au total, pour l'ensemble de ces 925 fleuves, l'étude montre une réduction du débit de 6%, soit 526 kilomètres cubes d'eau en moins, l'équivalent de ce que le Mississipi relâche annuellement dans la mer. A l'échelle des bassins océaniques, la situation est variable. L'apport d'eau douce dans l'océan Indien s'est réduit de 3% sur la période 1948-2004 tandis que l'océan Arctique en a reçu 10% de plus.
Les auteurs ont avant tout constaté ces variations mais n'en ont pas analysé les causes. Les raisons pour lesquelles un cours d'eau change de débit sont très nombreuses. Cependant, les auteurs estiment que le réchauffement climatique est la cause première « dans de nombreux cas ».
Cet effet n'est pas une surprise. Les modèles climatiques le prédisaient. Mais cette observation sur près de 60 ans montre que le phénomène est bien réel. Comme le soulignent les auteurs, cette baisse de ressources en eau douce dans des régions très peuplées posera nécessairement des problèmes aux populations et doit être prise en compte. »
Source : futura-sciences.com


En France c’est notamment le cas du Rhône :

« Un consensus scientifique existe quant à la réalité du réchauffement climatique. Le débit du fleuve va-t-il en souffrir ? Pourrait-on un jour manquer d’eau au robinet ?
« Nous entrons dans une période chaude, avec une hausse moyenne prévue des températures de un à deux degrés celsius d’ici à la fin du siècle. Dans cinquante ans, il ne restera rien du glacier du Rhône. Après avril, on n’aura plus de neige en montagne, sauf peut-être à haute altitude. Le Rhône ne sera alimenté que par la pluie. L’été, le fleuve qui arrive à Lyon pourrait voir ses plus bas débits tomber à 150 mètres cubes par seconde, contre plus de 500 aujourd’hui, pour un débit moyen de 1 700 mètres cubes à la seconde à Arles. »

C’est énorme !
« Oui. Mais il ne faut pas pour autant s’inquiéter d’une baisse de l’approvisionnement en eau. Actuellement, l’usine de Crépieux pompe 7 mètres cubes par seconde dans la nappe du Rhône. Il y a de la marge : cela ne représente “que” 5 % d’un débit du fleuve qui tomberait à 150 mètres cubes à la seconde. La question posée est moins de savoir quelle sera la quantité de l’eau disponible, que de connaître sa qualité. Un débit plus faible, c’est une ressource qui se renouvelle moins, et qui dilue moins les éventuels rejets de l’amont. Et il y aura bien sûr d’autres défis immenses, sur lesquels planchent, entre autres, l’Agence de l’Eau et EDF. Comment refroidir les centrales nucléaires ? Comment produire autant d’électricité aux barrages ? C’est un vrai enjeu politique. La Suisse, dont une partie importante de l’économie repose sur le tourisme, a pris une longueur d’avance sur nous dans les réponses à apporter. Il y a longtemps que ce pays a tiré la sonnette d’alarme ! » »
Source : leprogres.fr

« Lyon, future ville méridionale ? Le lac du Bourget, bientôt à sec ? Aussi étonnantes qu’elles puissent paraître, ces prédictions pourraient devenir réalité. Et pour cause : le quart sud-est de la France est la région la plus sensible au changement climatique. Des pénuries d’eau sont déjà observées sur 40% de son territoire et le Rhône se réchauffe rapidement. Pour Martin Guespéreau, directeur de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse (25% du territoire français et 14 millions d’habitants), deux priorités s’imposent : les économies d’eau et la protection des captages.

Observe-t-on déjà des changements dûs au réchauffement ?
Aujourd’hui, on a à Lyon le climat d’Avignon d’il y a trente ans. En trois décennies, les eaux du Rhône se sont réchauffées de 2 °C à son embouchure en été, et le fleuve devrait perdre 30% de son débit d’ici à 2050. Le réchauffement du Rhône, corrélé à l’acidification croissante de la Méditerranée, menace la survie des mollusques et des poissons d’eau douce et d’eau de mer. Dans les scénarios d’anticipation de l’évolution climatique, la zone méditerranéenne est un point rouge : ce sera la plus affectée par la baisse de la pluviométrie, la température va augmenter et les débits des rivières diminuer. Des sécheresses plus intenses et plus fréquentes sont attendues. Du côté des Alpes, on prévoit dès 2030 une baisse de moitié de la durée d’enneigement au sud. La moyenne montagne sera la plus affectée, avec, à plus long terme (2080), une quasi-disparition de la neige au printemps. 2030, c’est demain, et cela signifie que les investissements qui sont actuellement faits pour le ski dans les stations de moyenne altitude ne seront pas amortis. »
Source : liberation.fr


Bonne journée.
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