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Rapatriés d'Algérie accueillis au Palais de la Foire

par verokess, le 08/10/2017 à 17:32 - 807 visites

Bonjour,

Je viens d'apprendre que mes grand-parents rapatriés d'Algérie avaient été accueillis et logés pendant plusieurs jours au Palais de la Foire à Lyon.

Je ne trouve rien sur internet concernant cet accueil, comment étaient-ils dirigés à cet endroit.

Avez-vous des informations à ce sujet ?

Cordialement

Véronique Kessler

Réponse du Guichet du savoir

par bml_reg, le 10/10/2017 à 12:09

Réponse de la Documentation régionale

Le seul document un tant soit peu développé que nous ayons trouvé sur l’arrivée à Lyon des rapatriés algériens est un article de Marc André, qui aborde le sujet sous l’angle de son traitement dans la presse : Les rapatriés d'Algérie et la presse : le cas lyonnais. In: Outre-mers, tome 97, n°368-369, 2e semestre 2010.
Il n’y mentionne pas en détail les centres d’accueil mis en place dans la région lyonnaise mais cela vous permettra de vous faire une idée de l’implication de la Mairie de Lyon, de la Préfecture et des associations dans l’accueil des rapatriés d’Algérie en 1962, les services de l’Etat étant totalement débordés par le nombre d’arrivants. Il cite en outre plusieurs articles de presse qui pourront vous intéresser.

C’est justement en consultant les articles parus dans la rubrique « Pour les rapatriés » du quotidien La Dernière heure lyonnaise entre le 21 et le 31 août 1962 que nous avons trouvé un article du 21 août 1962 mentionnant des rapatriés « actuellement en transit au Palais de la Foire ». Un article du 15 août déplorait la saturation des centres d’accueil lyonnais, indiquant que « beaucoup de rapatriés sont envoyés dans les départements limitrophes. A Lyon, le problème va se trouver aggravé par le fait que les personnes actuellement logées au lycée du Parc et au Palais de la Foire devront trouver un nouveau gîte avant la fin du mois. ».
Le Palais de la foire a donc fait partie des lieux d’hébergement temporaire des rapatriés algériens jusqu’à la fin du mois d’août 1962. Parmi les autres lieux d’accueil évoqués dans les articles de la Dernière heure à cette période, citons aussi le fort de la Duchère, ouvert fin août à l’initiative de la Délégation régionale aux rapatriés ; les centres de [b]Caluire[/b] (école municipale) ; d’Oullins (Tannerie et Bois-Préau) ; de Vénissieux (centre géré par la Croix-Rousse Française dans des bâtiments de la SONACOTRAL réquisitionnés par la Préfecture) ; les centres à long terme de Brignais, Vaugneray, Saint-Germain-au-Mont-d’Or gérés par l’A.N.F.A.N.O.M.A (Association Nationale des Français d'Afrique du Nord et d'Outre-Mer et de leurs Amis). Il en existait certainement d’autres qu’une consultation de la presse locale sur une plus large période permettrait d’identifier. C’était souvent une solution transitoire avant de trouver un logement pérenne pour ceux qui arrivaient en territoire lyonnais sans y avoir d'attaches (amis, famille). Beaucoup de rapatriés ont ensuite été logés dans le nouveau quartier de la Duchère, alors en cours d’achèvement. Dans des articles parus dans la presse locale des années 80, on estime la population pieds-noirs dans le Rhône entre 60 000 et 80 000 personnes. Voir le dossier de presse Rapatriés d'Algérie et harkis dans la région Rhône-Alpes (1982-1992)

Un article de la Dernière heure lyonnaise du 22 août 1962 fait le récit de l’arrivée des rapatriés à Lyon à cette période :
« Chaque jour en gare de Perrache. Des rapatriés débarquent de 22 trains passant par Lyon.
Ils sont aussitôt dirigés vers Caluire, Vénissieux et Oullins. D’un train à un autre, les rapatriés débarquent sur les quais de Perrache venant de Marseille, Toulon, Vintimille, Nîmes, Toulouse où ils n’ont pas pu prendre racine. Leur séjour dans le Sud, saturé par l’implantation massive de leurs compatriotes, ne leur a procuré que fatigues et déceptions. (…) Ces repliés cherchent le Centre d’accueil. (…) Du matin jusqu’au soir, le centre de transit de Perrache est une ruche bourdonnante dirigée avec un dévouement inlassable par Mme Vacaney, laquelle ne dispose que de quelques minutes pour s’écarter de sa lourde mission et nous recevoir. A ses côtés, des hôtesses et des employés, tous accueillants et dynamiques, s’activent à faciliter l’arrivée et les démarches des repliés pour que ces derniers soient vite orientés vers les centres de Caluire, de Vénissieux et d’Oullins.
»
L’article indique en outre qu’ «A compter du lundi 27 août courant, la totalité des services de l’Accueil [de la Délégation régionale aux rapatriés] (rapatriés avant et après le 11 mars 1962) auront été transférés 128, rue de Créqui. Tous les rapatriés, sans distinction de date d’arrivée sont donc invités à s’y adresser, soit pour constituer leur dossier, soit dans le cas où ils auraient des renseignements à demander concernant les diverses prestations. Les services de l’Orientation continuent à fonctionner 3, place Meissonier. »

D’autres arrivaient à Lyon par avion, principalement en provenance d’Oran, et étaient orientés à partir de l’aéroport de Bron, comme en témoigne un article de la Dernière heure du 4 juillet 1962.

Pour mieux comprendre le contexte général et le rôle des différentes administrations, vous pourriez lire également cet article de Colette Zytnicki : L'administration face à l'arrivée des rapatriés d'Algérie : l'exemple de la région Midi-Pyrénées. In : Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 110, N°224, 1998. pp. 501-521
Le cas de la région Midi-Pyrénées n’est pas le même que celui de la région Rhône-Alpes et l’implication municipale diffère très certainement (le maire de Lyon Louis Pradel était décrit comme à l’initiative d’une politique d’accueil très volontariste), mais cela vous permettra de mieux cerner le fonctionnement d’une préfecture et des Délégation régionales aux rapatriés qui avaient pour mission l’accueil et l’orientation des nouveaux arrivants ainsi que l’attribution de diverses prestations. Ces dernières se sont trouvées totalement dépassées par les dizaines de milliers de personnes arrivées d’Algérie. Les préfectures et les collectivités locales s’investissent à leur tour dans l’accueil des rapatriés ainsi que le tissu associatif, fortement mobilisé pour suppléer aux manques de l’Etat.

A lire / A écouter en complément :
De l’Algérie à la France. Les conditions de départ et d’accueil des rapatriés, pieds-noirs et harkis en 1962 par Abderahmen Moumen, Materiaux pour l’histoire de notre temps, n°99, 2010/3

La guerre d’Algérie à Lyon : conférence avec Jacques Aubert, Jean-Marie Boëglin, Bruno Boëglin, Paul Bouchet, Renée Dufourt, Ugo Iannucci, Philippe Videlier, le 27/09/2008

L'amère patrie: le retour des français d'Algérie [D.V.D.] réal. de Marion Pillas et Frédéric Biamonti, éd. Montparnasse, 2013

D’autres références bibliographiques sur le rapatriement au catalogue de la bibliothèque
Pour en savoir plus sur l’organisation de l’accueil des rapatriés à Lyon et dans le Rhône, vous pourriez vous orienter vers les fonds d’archives municipales et départementales. Les archives départementales conservent notamment sous les cotes 434W287-292 des dossiers consacrés aux rapatriés d’Algérie (conditions de consultation à voir auprès des archives).
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