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MONTRE LIP.

par LUDOVICUS, le 10/04/2017 à 19:19 - 2125 visites

S.V.P.
Je suis surpris, de revoir depuis quelques années, des montres de cette célèbre marque " LIP " !
S'agit t il de la même marque que les montres que l'on voyait dans les années 60, jusqu'au sinistre "Lip, c'est fini", dit par P Messmer , en 73 ,si je me souviens ? merci.

Réponse du Guichet du savoir

par gds_alc, le 12/04/2017 à 17:00

Bonjour

La phrase prononcée par Pierre Messmer « Pour moi, Lip, c'est fini ! » marque effectivement une période difficile pour cette entreprise : licenciements, restructuration et ce jusqu’à son rachat en 1990. Les extraits des articles présentés ci-dessous en rappellent les grandes phases et montrent qu'il s'agit bien de la même marque.

L’article « Il y a vingt ans Lip : les marches de l'utopie » par Camus Lazaro dans Le Monde, 14 juin 1993 indique :

" 480, à dégager ", " larguer les secteurs annexes " ... " larguer armement industrie mécanique ". Les chiffres dansent devant les yeux de l'ouvrier qui ouvre ce 12 juin 1973, la serviette de l'un des administrateurs, imprudemment laissée à l'abandon près de la salle où se déroule un comité d'entreprise extraordinaire. Il découvre le plan de restructuration élaboré par le groupe suisse Ebauches SA, actionnaire (officiellement) à 42 % de Lip depuis 1967. En deux pages gribouillées, le sort de Lip SA, installée à Besançon dans le quartier nord de Palente depuis 1960, fleuron de l'horlogerie française et pionnier de la montre à quartz française, est réglé. Une simple soustraction en bas d'une feuille ampute de plus d'un tiers les effectifs (1 300 personnes).
La crise couve depuis plusieurs mois; le déficit de Lip atteint 11 millions de francs à la fin de 1972, et les syndicats ont alerté les pouvoirs publics à Besançon et à Paris sur les carences de gestion.
(...)
L'objectif du groupe suisse est de se placer sur le marché européen en utilisant la renommée de la marque Lip pour contrer l'offensive des Etats-Unis et du Japon en Europe (déjà...). La résistance syndicale est prévue par la direction qui n'ignore pas que le taux de syndiqués chez Lip est élevé, - 50 % de l'ensemble des salariés, se partageant à égalité entre la CFDT et la CGT, - mais la direction prévoit que tout sera réglé avant l'été.
(…)
La France va vivre pendant quatre ans à l'heure de " l'affaire Lip " : une saga ponctuée de marches et d'occupations; l'utopie d'une autre entreprise avec Claude Neuschwander de 1974 à 1976, puis la survie de " l'après-Lip " à partir de 1977.
(…)
Lip ç'est fini ", proclame le 12 octobre Pierre Messmer, ouvrant la voie à la deuxième phase : la période Neuschwander (1974-1976).
A situation atypique, patron atypique : Claude Neuschwander, cadre chez Publicis, est un ancien du PSU, fondateur du conseil des résidents de Sarcelles. Le 29 janvier, les " accords de Dole ", négociés par José Bidegain et les syndicats, permettent le redémarrage de Lip sous forme d'une holding, la Société européenne d'horlogerie et d'équipements mécaniques (SEHEM) avec 66 % de capitaux français (Paribas, BSN, Gervais-Danone, Rhône-Poulenc, Sommer-Allibert, Schlumberger : 50 %, et 16 % pour les banques) et 34 % de capitaux suisses via Ebauches SA. Le démantèlement est évité et le secteur armement maintenu.
(...)
L'Etat français apporte au départ une subvention de 15 millions de francs sur les 57 millions que reçoit le nouveau groupe Lip. Au " Lip, ç'est fini " de Pierre Messmer, Claude Neuschwander peut répondre " Lip, ça recommence ". L'usine rouvre le 11 mars et conformément aux accords de Dole tous les ouvriers seront progressivement réembauchés après une formation professionnelle unique en son genre.
La lune de miel entre Claude Neuschwander et les actionnaires, qui l'ont choisi, durera jusqu'en octobre 1975.
(…)
Avec l'accord de Fred Lip, la marque Lip a été rachetée en 1990 par Jean-Claude Sensemat, PDG du groupe Sensemat, spécialisé dans l'outillage (le chiffre d'affaires de Lip France a atteint 18 millions de francs en 1992). Les boîtiers des montres sont fabriqués en sous-traitance et le reste de la gamme, stylos, réveils, pendules, est importé et commercialisé sous la marque Lip. L'utopie en sous-traitance.. "

En 2001, Jean-Pierre Vacher dans Le Figaro consacre un article à « Lip, retour vers le futur » :

« Pour moi, Lip, c'est fini ! » Cette phrase définitive prononcée en 1973 par Pierre Messmer, alors Premier ministre, raisonne encore dans beaucoup de têtes. L'agonie dans les années 1 973/1974 de la célèbre marque de montres et la sourde bataille sociale qui l'accompagne avec ses multiples rebondissements, n'auront finalement pas eu raison de Lip.
Après dix-sept ans de soubresauts et, au total, trois dépôts de bilan, la reprise en 1990 de la marque Lip par Jean-Claude Sensemat, qui dirige alors un groupe d'import export, va lui permettre de retrouver un nouveau souffle et de renouer, petit à petit, avec son lustre d'antan. L'entreprise fondée au XIXe siècle repart à zéro mais avec la force d'un patrimoine incomparable dans l'univers de la montre. « De 1869 à aujourd'hui, nous avons toujours été précurseur en matière d'innovation technologique et de forme, explique Jean-Luc Bernerd, directeur de Lip France. Nous jouons la continuité de la marque avec de nouveaux produits et des produits réédités ».
C'est ainsi que la gamme Mach 2000, sortie en 1974 avec le designer Roger Tallon a été rééditée. Lip France propose des « nouvelles couleurs tendances, des bracelets en silicones, des demi-lunes avec bouton poussoir » et n'hésite pas à reprendre des modèles qui ont fait sa gloire. Avec l'arrivée du nouveau millénaire, le fabricant de montres décide de proposer en 2001 une nouvelle ligne, la collection Fred Lip (du nom de l'héritier Lip qui reprit les rênes à la Libération, reconstruisit l'usine détruite pendant la guerre et engagea le virage vers l'électronique).
(…)
Les quarante salariés de Lip France réalisent aujourd'hui 30 millions de francs de chiffre d'affaires et la société dégage des bénéfices depuis trois ans maintenant. Elle vend à travers deux réseaux. Les ventes en direct représentent autour de 500 000 montres vendues en 2000 ».

Pour lire l’intégralité de ces articles et en consulter d’autres (dont « Lip toujours vivante » dans Le Sud Ouest 2007, « Lip ou le rêve d’un monde sans patrons », L’Histoire, 2014, « Les montres Lip de retour à Besançon après 25 ans d’absence » dans La république des Pyrénées, 2015), nous vous invitons à consulter la base de données Europresse disponible dans les bibliothèques du réseau BML.
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