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voyage de Mirabeau en Provence

par carita, le 03/12/2012 à 17:00 - 6959 visites

bonjour,

votre aide pour comprendre les "raisons" des "voyages" de Mirabeau dans le Bas-Verdon, jusqu'à Castellane... via Riez ...
Il était attendu par ses Frères Martinistes ( ? ).
Comment saisir cette expression "à l'époque" ?
Il y avait à riez une loge: "les harmoniphiles": lien avec Mirabeau ?
un officier municipal "Hilarion Bourret", secrétaire personnel de Mirabeau et député à une assemblée...
merci pour vos conseils
bien cordialement

Réponse du Guichet du savoir

par bml_civ, le 06/12/2012 à 15:45

Bonjour,

En parcourant des biographies consacrées à Mirabeau, il apparaît que l’homme était souvent par monts et par vaux, mais que diable allait-il faire à Riez ?

Un peu d’histoire sur la ville :
À la veille de la Révolution, la ville de Riez compte une loge maçonnique. En mars 1789, des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu. La branche du Maconnais de la grande Peur de l’été 1789 touche Riez le 31 juillet : des rumeurs de bande de plusieurs milliers de brigands parcourant la campagne, soldés par les aristocrates, provoquent la panique : on sonne le tocsin, on s’arme, on envoie des messages aux villages voisins pour se renseigner, ce qui propage la peur. Les solidarités se créent ainsi ; les milices formées à cette occasion constituent la base des bataillons de la Garde nationale.
La société patriotique est autorisée le 22 février 1791 : elle disparaît rapidement, avant de se reformer le 14 mai 1792, parrainée par le club de Marseille. Elle est affiliée au club des Jacobins de Paris le 23 mai 1793, à celui de Marseille dès juin 1792 et au club Saint-Jean de Toulon le 25 février 1793. Environ la moitié de la population masculine la fréquente33. En 1792-1793, la section est contrôlée par les fédéralistes. En relations avec la section de Marseille, elle diffuse les idées des Girondins, jusqu’à leur proscription le 31 mai 1793 et l’écrasement de l’insurrection fédéraliste en juillet : le tribunal révolutionnaire ordonne une exécution à Riez.
La bibliothèque Méjanes (Aix en Provence) possède ce document sur la ville de Riez qui vous éclairera sur les liens de Mirabeau avec Riez et Hilarion Bourret :
[i]Après avoir bouleversé la division ecclésiastique de la France, l’Assemblée nationale décrétait une nouvelle division administrative.la ville de riez devait naturellement se préoccuper de la situation qui lui serait faite. En conséquence elle confia à M. Hlarion Bourret, le soin de défendre ses intérêts. Celui-ci, né à Riez résidait alors à Paris, et il avait été choisi comme député extraordinaire auprès de l’assemblée nationale. Attaché au comte Riquetti de Mirabeau, en qualité de secrétaire, il pouvait, mieux que nul autre, intéresser ce fougueux tribun au sort d’une ville où ses ancêtres avaient reçu le jour, et qu’il avait souvent visitée Mirabeau adressait en effet, sous la date du 23 février 1790, la lettre suivante au maire et aux officiers municipaux de Riez : « Obéissance, obéissance absolue aux décrets de l’Assemblée nationale, car la monarchie est dissoute, s’il n’y a plus ni autorité ni obéissance provisoire ; Vous vous plaigniez de la division de la division de vos cantons : eh bien, souffrez patiemment ce que le décret peut avoir de défavorable pour vous Attendez la première assemblée de département où vous présenterez vos droits et les ferez valoir. Mais aujourd’hui le silence et le respect à nos décrets. Voilà ce qu’en bon citoyen je vous recommande, et ce qu’en bon Français vous ne manquerez pas d’observer J’ai l’honneur d’être, etc. Signé le comte de Mirabeau »…


L’appartenance maçonnique de Mirabeau à toujours été sujette à controverse.
La franc-maçonnerie cultive le mystère autour de ses membres, entre autres au nom de la fraternité qui les unit, c’est pourquoi l’appartenance maçonnique n’est jamais facilement identifiable.
Au fil de nos pérégrinations sur le net , nous avons repéré ce site, qui fournit des pistes de recherche. Ce site mentionne ce titre de Charles Porset : Mirabeau Franc-Maçon. Rumeur des Ages. 1996
« L'abbé Barruel, qui en savait long, tenait Mirabeau pour franc-maçon, mais faute de preuve décisive, l'historiographie officielle a considéré que l'allégation était infondée. Le présent ouvrage apporte la preuve décisive qui manquait et donne, pour la première fois, le document Pastoret qui établit formellement la qualité maçonnique de Mirabeau. Du coup plusieurs textes dont on lui contestait la paternité retrouvent leur auteur. Rassemblés ici pour la première fois ils montrent comment la maçonnerie se fait politique aux approches de la Révolution et de quelle manière elle se transforme en société secrète. Le corpus ici rassemblé devrait permettre de repenser à de nouveaux frais le « complot maçonnique » en évitant les clichés simplificateurs ou les naïvetés doctrinaires,il établit également le lien, parfois contesté, existant entre le rationalisme des Lumières et la franc-maçonnerie. »…
2- Et là je m’interroge. Portalis, en 1768 -il avait 22 ans- fut le premier Vénérable Maître de la loge « L’Étroite Persévérance des Amis Réunis », issue de la fusion des deux anciennes loges d’Aix en Provence « L’Étroite Persévérance » (fille de « La Prudence », l’une des Mères Loges écossaises de Marseille) et « Les Amis Réunis » (fondée deux ans plus tôt par la GL d’Angleterre). Or l’harmonie ne régna pas longtemps au sein de la nouvelle loge, et en 1771 quelques anciens membres des « Amis réunis » fondèrent « L’Amitié » qui reçut ses constitutions de la Mère Loge « L’Amitié » de Bordeaux, celle de Marseille ayant refusé de les lui accorder.
Cette même année 1771, Mirabeau - il avait 22 ans- aurait été reçu FM dans une loge de Riez, Riez la Romaine, village proche des gorges du Verdon et donc non loin d’Aix en Provence. Il pourrait s’agir de la loge « St Jean d’Écosse des Harmoniphiles » qui détenait, elle, ses patentes de la loge mère Écossaise de Marseille, alors rivale du GODF .
En 1774, « L’Étroite Persévérance des Amis Réunis », qui avait contesté la régularité de « L’Amitié », absorba sa fille dissidente. Celle-ci se reconstitua malgré tout au Rite Français en 1781. En 1783, « L’Étroite Persévérance des Amis Réunis » rallia à son tour la Fédération du GODF. Cette même année, le 22 décembre, Mirabeau fut affilié à la loge parisienne « Les Neuf Sœurs ».Pourquoi cette digression maçonnique ? Parce que la petite histoire maçonnique aixoise nous apprend d’une part que Portalis fut Orateur de la loge « L’Amitié », d’autre part que Mirabeau aurait été le « prestigieux Orateur » de la loge « L’Étroite Persévérance des Amis Réunis » ...
En quelle année Portalis fréquentait-il « l’Amitié », fille turbulente de « l’Étroite Persévérance des Amis Réunis » ? Entre 1771 et 1774 ? (1774 : Année où « L’Étroite Persévérance des Amis réunis » récupère sa fille dissidente)
En quelle année Mirabeau fréquentait-il « l’Étroite Persévérance des Amis Réunis », mère possessive de « l’Amitié » ? Entre 1771 et 1775 ? (1775 : Année où il quitta la Provence).
A quelles rivalités étaient sujettes en ces temps troublés les loges maçonniques provençales ? Celles qui se recommandaient des loges mères écossaises, telles que « l’Étroite Persévérance des Amis réunis » accueillaient-elles plutôt favorablement le discours des Lumières ? Les loges dissidentes comme « l’Amitié » étaient-elles plutôt favorables à la Monarchie ? Était-ce l’inverse ? S’agissait-il plus prosaïquement de luttes d’influences particulières ? Ou bien de clivages sociaux ? Ou encore des effets de la rivalité endémique entre les deux cités provençales d’Aix et de Marseille, qui éclairent la concurrence « fraternelle » à laquelle se livreront par la suite les deux Orients ?

Interrogeons nous sur la loge des neuf sœurs précédemment citée. Voici ce qu’écrit J. Van Win :

[i]Jetons un coup d’œil investigateur sur la plus célèbre des loges parisiennes, la loge des neuf sœurs, célèbre pour avoir en 1778, reçu Voltaire en son sein . Pour le simple plaisir, imaginons une tenue de 1787 réunissant sur les colonnes des frères, tel : Franklin senior, Greuze, Houdon… belle brochette de talents exceptionnels à laquelle on ajoutera avec beaucoup de réserve que nous commenterons plus loin, le comte de Mirabeau et le marquis de Sade…
Ainsi donc « la sagesse est le but proposé par la loge et la vertu en est le fruit »…
Voici donc, semble t-il un certain nombre de qualités soulignées par nous, qui sont radicalement incompatibles avec la personnalité, les idées et les écrits du « divin marquis », sans négliger par ailleurs Honoré Gabriel Riquetti de Mirabeau, celui qu’on surnommait la torche de Provence.Mirabeau, pour sa part a suscité une controverse non encore éteinte au sujet de son appartenance maçonnique. Dans son « Mirabeau, franc-maçon », Charles Porcet, commentateur érudit de Louis Amiable, rappelé par l’ineffable abbé Barruel, tenait Mirabeau pour maçon. Mais ce n’est pas une caution valable, on s’en doute. Charles Porcet écrit aussi avoir trouvé la preuve de son appartenance dans le document Pastoret ; ce document établit en effet formellement l’appartenance de Mirabeau…
Amiable cite une présentation faite en 1790 par son président Mirabeau à l'Assemblée nationale, d'une publication de la Société nationale des Neuf Soeurs, qui fait l'éloge de la nouvelle constitution, ce qui ne prouve rien.
En revanche, Alec Mellor, qui n'eut jamais connaissance des documents manuscrits de Pastoret, distingue Honoré Gabriel, qui ne fut jamais maçon selon lui, de son frère André Boniface, membre attesté et renommé de "Saint-Jean d'Ecosse du Contrat social".
Nous avons, pour notre part, consulté très attentivement les cahiers de Pastoret conservés à Lexington, Massachusetts, afin de confirmer ou d'infirmer l'appartenance très contestée de Honoré-Gabriel de Mirabeau à la loge des Neuf Soeurs. Louis Amiable, de son côté, n'y était pas parvenu. Les tableaux de loge en notre possession, datés de 1787, soit quatre ans après son affiliation pas davantage, bien entendu, que les tableaux publiés par Amiable pour 1778, ne mentionnent Honoré-Gabriel de Riquetti (sic) de Mirabeau.
Jean-Claude Julien certifie qu'il fut affilié en décembre 1783 aux Neuf Soeurs, mais la preuve documentaire manque une fois de plus ; il ne la donne pas. On a dit aussi Mirabeau membre d'une loge de Riez-la-Romaine, et orateur de l'Etoile Persévérance des Amis Réunis à l'orient d'Aix en Provence. Comme on ne prête décidément qu'aux riches, Jean-André Faucher, dans son Dictionnaire historique des Francs-Maçons, affirme pour sa part que Mirabeau fut initié par une loge de Bastia, alors qu'il servait sous le nom de lieutenant de Pierrebuffière au régiment de Royal Italien. Quant à Alec Mellor et à Daniel Ligou, dans leurs dictionnaires respectifs, ils affirment que jamais Honoré-Gabriel de Mirabeau ne fut franc-maçon.
La question semblait donc devoir rester ouverte, comme elle l'est pour Napoléon Bonaparte, auquel on a attribué, sans preuve aucune, d'innombrables "loges mères"...
Or, il n'y a désormais plus aucun doute ; dans son ouvrage consacré entièrement à Mirabeau, Charles Porset produit un document manuscrit de la main de l'ancien Vénérable des Neuf Soeurs, qui tint le premier maillet de 1787 à 1788, et qui, durant sa charge d'orateur, soit en 1783, consigna soigneusement tous les discours, heureusement très brefs, qu'il prononça pour la réception ou l'affiliation de tout nouveau frère.
Le titre des trois pages à venir est explicite : Discours prononcé le 22 décembre 1783 pour l'affiliation des f:.comte de Mirabeau, de Lantier, et de l'abbé de Sauvigny. Suit un texte de 28 demi-lignes qui encense copieusement le nouveau membre, dont on souhaite "qu'il fasse entendre parmi ses frères la voix de l’éloquence et de la Vertu". Pour ce qui concerne l'éloquence, soyons rassurés. Pour la Vertu, envisageons l'image comme une licence poétique ou l'expression d'un très charitable fraternité.
Une série de lettre datées de 1790, signées par Mirabeau, montre ostensiblement trois points placés en triangle ce qui se faisait parfois, au XVIIIe siècle, lorsqu'un correspondant maçon écrivait à un autre maçon.
Observons cependant que Mirabeau fut "affilié" aux Neufs Soeurs. Il ne fut pas "reçu", comme Pastoret l'écrira avec précision sur toutes les pages ultérieures, qui reçoivent les textes de tous les discours prononcés pour des "réceptions" d'autres personnes. On sait que le XVIIIe siècle ignore cette habitude qui consiste, depuis l'Empire et jusqu'à nos jours, à considérer une entrée dans la société des francs-maçons comme une "initiation". Mirabeau, de même que Lantier et l'abbé de Sauvigny, sont affiliés le 22 décembre, et cela semble être la seule affiliation de l'année. Pastoret a bien soin de noter : "pour l'affiliation des comte de Mirabeau, etc.". Ceci est corroboré par la fameuse liste autographe de Pastoret qui consigne soigneusement - il faut néanmoins avoir d'excellents yeux - les mentions "aff" pour affilié à côté de certains noms, et "appr" pour apprenti, pour les frères reçus, on dirait abusivement aujourd'hui "initiés". La distinction est claire, nous le verrons à propos de Sade.
Ceci nous indique avec certitude que Mirabeau était déjà maçon avant son affiliation aux Neuf Soeurs. Vale-Roux avance pour cet événement la date de mars 1771. Ceci pourrait expliquer les contacts que Mirabeau eut en 1176 et 1777 dans divers loges hollandaises, note Charles Porset"
(Source)

Un autre son de cloche : Jean André Faucher dans le Dictionnaire historique des francs -maçons affirme :
Mirabeau Honoré Gabriel Riquetti, comte de : homme politique, né en 1749 au Bignon, Gâtinais, mort en 1791 à Paris Après une jeunesse très agitée et plusieurs séjours dans les prisons, il fut élu en 1789 député du tiers état d’Aix aux états généraux. Lié secrètement à la faction du duc D’Orléans, il se mit en 1790 au service de la Cour. Il venait d’être nommé membre du directoire du département de paris et élu président de l’Assemblée lorsqu’il fut terrassé par la maladie. De nombreux historiens ont affirmé – et certains l’affirment encore- que Mirabeau ne fut jamais franc-maçon. En réalité, il avait été initié par une loge de Bastia alors qu’il servait sous le nom de lieutenant de Pierrebuffière au régiment de Royal-italien et il était devenu en 1789 orateur de la loge d’Aix, « l’Etroite Persévérance des Amis Réunis .
Les ouvrages que nous avons consultés, Mirabeau l'excès et le retrait par Jean-Paul Desprat, Vie de Mirabeau par Alfred Mézieres, entre autres, n’apportent aucun éclairage sur les questions qui vous préoccupent.

Bonnes lectures

Réponse de carita

par carita, le 06/12/2012 à 16:33

bonjour, très touché par votre travail,
je vous remercie pour votre aide.
bian cordialement à vous
  • 2 votes

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