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La lune
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FOUZIYA [ 27/01/2006 à 13:30 ]

Chère madame, Cher Monsieur,

Je poursuis une étude et une réflexion sur la lune, notamment dans son aspect symbolique à la fois en islam et en franc-maçonnerie.
Je souhaiterai donc avoir un maximum d'informations et de pistes de lecture pour arriver à la rédaction d'un exposé
PAr ailleurs, l'origine éthymologique du mot ne n'est pas clairement apparue dans le dictionnaire pourtant éthymologique que j'ai consulté. Pourriez vous également m'éclairer sur ce point

Par avance je vous remercie du temps que vous allez consacrer à cette demande
La création de ce service est réellement formidable et je vous félicite pour votre travail

D'avance merci

Réponse attendue le 31/01/2006 - 13:01


gds_db [ 28/01/2006 à 16:36 ]

Réponse du service Guichet du Savoir

[i]Lune : nom féminin est issu (1080) du latin luna qui appartient à un important groupe de mots issus de la racine indoeuropéenne °leuk "être lumineux, éclairer". Luna provient d'un °leuk-s-na, féminin substantivé d'un ancien adjectif en -no, féminin -na, signifiant proprement "la lumineuse", épithète qui, comme le grec selênê, s'applique à une puissance active. Il a remplacé l'ancien nom masculin de la lune (auquel s'attachait un tabou, la lune ayant pour les Anciens une action dangereuse) que l'on retrouve dans mois, menstrues. La lune était divinisée chez les Romains : un temple lui était consacré sur l'Aventin (il fut brûlé par Néron) et un jour de la semaine lui était voué (lundi). Plus tard, elle a été confondue avec Diane, elle-même absorbée par l'Artémis grecque. Luna désignait donc à la fois l'astre, la divinité, le mois lunairen, et comptait quelques sens analogiques.[/i] [...]
source : Dictionnaire historique de la langue française


D'après le dictionnaire des symboles musulmans de Malek Chebel :
[i]LUNE : (Qamâr. Titre de la 54e sourate)
Surtout qamâr et badr, mais à chaque étape de la croissance et de la décroissance de la lune correspond un terme : hâla (halo), hilâl (croissant), sahoûr (pleine lune), mahw (partie sombre de la clarté), chama ("grain de beauté"), mohmiqât (lune de grande clarté), aouaïl (le croissant à sa première nuit), ghorâr (le croissant aux 3 premières nuits), chobb (grise), bouhr (brillante), toussa' (les neuvièmes), 'ouchâr (litt. "Les dixièmes" : la lune à son premier quartier), etc.
Evoquant la Lune et le Soleil, le Coran parle des "Deux Lunes" (Al-Qamaranî). On sait par ailleurs que la 54e sourate a pour nom La Lune (Al-Qamâr).
La Lune évoque le changement, la transformation, le passage d'un monde à l'autre, d'un état à l'autre, la croissance et la décroissance, « l'éternel devenir des choses » (Eliade).
La Lune est, dans le Coran, un astre important du nycthémère. Elle aide à l'établissement du comput temporel. Elle introduit une rupture dans le temps et un contraste bénéfique avec le Soleil, l'astre du jour : « Nous avons fait de la nuit et du jour deux Signes. Nous avons rendu sombre le Signe de la nuit, et clair le Signe du jour pour que vous recherchiez les bienfaits de votre Seigneur et que vous connaissiez le nombre des années et le calcul du temps.
Nous avons rendu toutes choses intelligibles. » (XVII, 12/ Mas.) Voici un autre verset très explicite : « C'est Lui qui a fait du Soleil une clarté et de la Lune, une lumière. Il en a déterminé les phases afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul du temps. Dieu n'a créé cela qu'en toute Vérité. Il expose les Signes pour les gens qui savent. » (X, 5 /Mas.) La Lune est associée aussi à l'un des miracles du Prophète que certains commentateurs auraient contesté, prétendant qu'il était posthume. Le Prophète, sur la requête expresse des Mecquois qui voulaient l'éprouver, aurait réussi à fendre la Lune afin de leur montrer la puissance divine. Le Coran évoque cet épisode : « L'Heure approche. La lune se fend. S'ils voient un signe, ils s'écartent disant : "Magie continuelle !"... » (Al-Qamâr, LIV, 2-3/B1.) Dans sa Chronique, Tabari (838-923), parlant du Créateur, dit que celui-ci avait donné ordre à Gabriel de « frotter de son aile la face de la lune afin que son éclat disparût » (I, p. 73). Graf de la Salle met l'accent sur l'importance de la lune dans le folklore et dans le vécu des Tunisiens : « Cet astre, écrit-il, joue pour eux, et surtout pour les femmes, un rôle très marqué dans la vie de tous les jours. Il a une place de choix dans le vocabulaire métaphorique, dans les chansons, énigmes, proverbes et dictons, dans les croyances et les coutumes. » II ajoute aussitôt : « La Lune est pour les Tunisiens, et pour les Orientaux en général, l'emblème par excellence de la beauté » d'où la prolifération de noms de fillettes placés sous le signe de la beauté lunaire : Kmar (pleine lune), Kamriya (petite lune), Badr/Bedra (pleine lune), Badran-nour (lune de lumière), Mounira (lumineuse), etc. La Lune est également sollicitée dans les pratiques divinatoires et magiques, de sorte que telle ou telle nuit dans le calendrier arabe prend une importance démesurée en raison de la naissance de la Lune ou de sa disparition à mi-parcours. La quatorzième nuit de chaque mois est souvent propice aux oracles : c'est, dit-on, la nuit du partage des destinées (kassâm al-arzâk). La Lune participe à un grand nombre de rites pré-islamiques. Déjà, au début du siècle, le sociologue finlandais Edvard Westermarck (1862-1939) signalait plusieurs conduites superstitieuses coïncidant avec l'apparition de la Lune (SPCM). On échange une touffe d'herbe contre la santé et le bien-être ; parfois, c'est une touffe d'herbe séchée que l'on offre en échange de quelque chose de vert (fécondité, Islam). Il faut rappeler un rite analogue concernant les dents de lait que les enfants sacrifient au soleil en échange de dents plus solides.

Proverbes et expressions proverbiales : Al-gamra fiha loula (Même la lune a une tache) (Tunisie).
« Si tu as la lune pour toi, ne fais pas attention aux étoiles » (Liban).

Bibliographie : El-Bokhari, Eliade, Grafde la Salle, Matton, Pellat, Renaud, Rodinson, Sakisian, Schoy, Tabari, Westermarck.
CORAN : II, 185, 189; VI, 96; X, 5; XIV, 33 ; XVII, 12 ; XXXI, 29 ; XXXV, 13 ; XXXVI, 39-40; XXXIX, 5 ; LV, 5.[/i]

Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons de consulter les ouvrages à cote 297 DIC, ainsi que leur bibliographie.

D'après le Dictionnaire de la franc-maçonnerie de Daniel Ligou :
[i]LUNE :
La Lune est le « second Luminaire » en haut et à gauche du tableau d'Apprenti. C'est la 2e des 3 Lumières au Rite Français et des 3 Petites Lumières aux Rites écossais.
Symb. Le symbolisme lunaire est relativement important, mais presque toujours en liaison avec le symbolisme solaire dont il constitue souvent le pôle répulsif, ce qui est en accord avec le symbolisme général. C'est ainsi que la Lune n'intervient pas dans le rituel, ni dans la circumambulation ; Boucher prétend cependant que minuit symbolise le moment où la Lune est censée donner tout son éclat. Cf. Luminaires.
La Lune symbolise la passivité, par conséquent la colonne B, la « gauche », côté passif et maléfique, par conséquent « sinistre » dans le sens étymologique du terme. La symbolique traditionnelle ne cesse d'affirmer la supériorité du Soleil sur la Lune, la seconde n'étant qu'un reflet du premier. Sur le plan ésotérique, la Lune se rapporte à l'argent, au mercure, à l'élément « eau ». Wirth y voit le second terme du ternaire « passif», « nacré », « imagination », « compression », lettre B, perpendiculaire, etc. Il affirme également que la Lune « figure l'imagination qui revêt les idées d'une forme appropriée ».
Les phases de la Lune peuvent faire l'objet de recherches ésotériques. Boucher note que « la Lune est dite bénéfique dans ses phases ascendantes et maléfique dans ses phases descendantes. La magie observe cette règle dans ses opérations : la Lune est figurée croissante dans le tableau d'Apprenti et également dans le tableau de Compagnon». Le même Boucher trouve un symbolisme lunaire dans les « larmes d'argent » du tableau de Maître.
La Lune, nécessairement la « pleine Lune », joue un rôle capital au 21e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté, Noachite ou Chevalier prussien (cf. ce mot), parce que ce fut la nuit de la pleine Lune de mars que Nemrod construisit Babylone. «C'est en mémoire de cela que les Chevaliers Noachites font leur grande assemblée tous les ans dans la pleine Lune de mars et leurs assemblées d'instruction tous les mois le jour du plein et au clair de Lune. »
Chevalière de la Lune, grade d'adoption détaché d'après Ragon. Lune d'argent, cf. Noachite. [/i]

Pour approfondir le sujet, vous pouvez également consulter les dictionnaires de franc-maçonnerie à la cote 135 FRA.

Réponse attendue le 01/02/2006 - 16:02